• Pas de politique aujourd’hui dans mon Grain2Poivre, mais comme la dernière fois où je parlais du slogan des JO, ce sera du sport. Avec une info qui prévoit qu’aujourd’hui devrait avoir lieu une réunion d’urgence proposée par La Ligue nationale de rugby suite au projet de fusion entre les entités professionnelles du Stade français et du Racing 92, annoncée lundi, et surtout à cause du vote par les joueurs du Stade français d'une grève illimitée pour protester contre ce projet… grève annoncée dès demain, prochaine journée de Top 14.

    racing stade français

    Alors pour faire simple, on a appris que les deux derniers champions de France de rugby, le Stade français (sacré en 2015) et le Racing Métro (2016) vont donc « fusionner », pour reprendre la terminologie officielle des deux clubs. Ce sont donc les deux clubs franciliens qui sont en jeu. Et c’est une vraie bombe qui est tombée là sur le rugby français.

    Beaucoup de problèmes dans cette décision. Le plus gros, sans doute, c’est qu’encore une fois, derrière tout ça, et avec beaucoup de faux-semblants et de « on vous prend pour des zozos »… se cache SURTOUT une sale histoire de gros sous. Et derrière les pépettes, quelques riches individus malintentionnés, je parle là en particuliers de Jacky Lorenzetti et Thomas Savare, respectivement présidents du Racing et du Stade Français. L’un qui veut développer son club à tout prix, l’autre qui veut s’en débarrasser. L’un qui veut pouvoir assumer son ambitieux projet de l’Arena 92 (nom de leur futur nouveau stade), l’autre qui sous la pression familiale souhaite se désengager financièrement. Et je fais simple sans rentrer dans les détails qui risqueraient de nous donner la nausée. 

    les deux présidents

    Il faut aussi dire que c’est un peu du n’importe quoi quand on connaît les deux clubs. C’est un peu comme vouloir fusionner en football l’Olympique Lyonnais et St Etienne. On est pas loin d’avoir d’ailleurs à peu près la même distance ou du moins le même temps pour aller d’un stade à un autre aux heures de pointe. Ou encore L’OM et l’OGCNice… Facile et logique autrement dit ! n’est ce pas ?

    Fusion donc entre deux clubs que tout oppose si ce n’est une longue et belle histoire qui les lie tous les deux au rugby français dans tout ce qui fait sa richesse : son identité, le socle sur lequel il s’est bâti depuis la fin du 19ème siècle, sa diversité, ses hommes, ses aventures, ses valeurs qui se transmettent de génération en génération… Comme si Paris n’était donc plus capable d’assumer deux structures de haut niveau dans le Top 14 quand Londres, par exemple, en possède quatre qui vivent très bien. Bon même si la culture rugby à Londres est plus développée qu’à Paris, il y a de quoi faire sincèrement, surtout si, encore une fois, tout ne tourne pas seulement autour du fric et des enjeux personnels. Je notais l’amusante réaction d’un supporter du Stade Français qui disait : « Le rugby est un patrimoine national, comme les phares en mer, le camembert où la tourtière landaise; c’est à ce titre que ses structures les plus emblématiques devraient être protégées. »

    Hélas oui, avec une contamination qui fait que plus beaucoup de sport n’y échappent. Alors soyons réaliste… Sa présence est inévitable aujourd’hui. Et elle permet à certains clubs de pouvoir avoir une présence internationale. Mais en même temps on ne peut pas, on ne doit pas mettre de côté quelques fondamentaux qui tiennent à l’histoire, qui tiennent au jeu en particulier, qui tiennent aux supporters.

    mariage

    Et puis vouloir fusionner… c’est un mot que je n’aime pas. Une expression qui sent la mort et non la vie. Si l’unité est une valeur honorable et souhaitable, la fusion fait disparaître l’identité de l’un et parfois de l’autre… enfin pas toujours car la fusion est aussi souvent une absorption, voir une exécution en costume de soirée.cQuand il y a mariage, pour le meilleur… et pour le meilleur (soyons positif J)… C’est dans l’unité que le couple doit se construire. Jamais sur la fusion ! Car chacun a sa place et son rôle et la nouvelle entité naissante du mariage est pleine des deux qui viennent la construire, sans disparaître… mais pour mieux renaitre ensemble.

    Et nos 2 affreux jojos de l’ovalie parisien n’ont rien compris à ça… et c’est bien dommage !

     

    Retrouvez la version light et audio de ce Grain de Poivre, diffusé dans la matinale de Phare FM le 17/03/17 

    Grain de poivre

     


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  • Depuis le 22 février et jusqu’au 22 mai 2017, Le Louvre rassemble douze toiles de Vermeer – soit le tiers de son œuvre connu – les mettant aux côtés d’une soixantaine de scènes de genre de ses contemporains hollandais, toutes peintes entre 1650 et 1675

    VERMEER, DIVINEMENT LUMINEUX !

    Une exposition exceptionnelle qui d’ailleurs enregistre une affluence record depuis son ouverture et oblige le Musée à revoir ses méthodes de réservation. Exceptionnelle car jamais depuis cinquante ans autant de toiles du maître n'avaient été réunies à Paris. Des œuvres fondamentales du peintre hollandais avec, notamment, quelques unes de plus célèbres comme « La dentellière », « La Lettre », « Le Géographe », « L'Astronome », « La joueuse de Luth » ou encore « La Laitière ». Intéressante également par le fait de ne pas les présenter seules mais intégrées avec de nombreuses autres de ses pairs, de ses rivaux, de ses collègues ou autres suiveurs.

    Mais intéressons-nous à Vermeer plus particulièrement. Qu’il est frappant dans cette exposition d’observer cette puissance lumineuse que le peintre manifeste, utilise, comme « jouant avec » pour donner à son travail une dimension à la fois humaine et quasi-spirituelle touchant au génie. Bien avant que la photographie ne soit inventée, le maître de Delft développe une « esthétique photographique » et s’inscrit dans une culture du portrait. Pour lui, c’est la réalité illuminée qui l’intéresse. Et pour obtenir cette apparence de vérité, ce peintre a choisi d’effacer sa touche et ainsi d’apporter une netteté, une méticulosité, à l’inverse, par exemple, d’un Rembrandt qui cherche lui à rendre visible le tracé de son pinceau et à créer des effets d'empâtements que l’on ne peut d’ailleurs évidemment pas reproduire dans une photographie.

    VERMEER LOUVRE

    Une réalité, dans laquelle Vermeer travaille avec intelligence à diriger notre regard. « Tout est construit, pensé, composé », constatait Jan Blanc, professeur et spécialiste de l’art flamand et hollandais du XVIIe siècle. Généralement, choisissant des décors minimalistes, chaque objet dispose alors d’une place particulière. Vermeer fait poser ses modèles en fonction d’une construction bien pensée, à la manière d’un photographe.

    Faire un parallèle avec la photographie dans l’œuvre de Vermeer tient évidemment aussi à cette puissance lumineuse que j’évoquais précédemment. Surnommé à juste titre le « maître de la lumière hollandaise », il est un artiste qui peint « avec » la lumière. Et la encore, cette utilisation lui permet de conduire notre façon de regarder ses toiles. L’angle de vue choisi, en quelque sorte, est induit par l’artiste lui-même. Un célèbre photographe observait à ce propos que « Vermeer applique des points lumineux qui lui permettent de focaliser l’attention du spectateur sur un endroit précis du tableau. La fenêtre (source de lumière qui provient toujours de la gauche) par exemple lui permet de rythmer l’espace et d’unifier la composition de son œuvre. »

    VERMEER LE GÉOGRAPHE

    Dans cette maîtrise absolue de la lumière se révèlent non seulement le visible mais surtout également l’invisible. L’essentiel n’est-il pas précisément invisible à nos yeux. Et bien avant St Exupéry, Vermeer le manifeste au lieu de l’écrire. Cet art de révéler la vie secrète, cachée dans les petites choses, et que sa lumière vient révéler à ceux qui ont des yeux, mais aussi du cœur et de la patience pour y parvenir. Car ses œuvres nous invitent au recueillement, à arrêter le temps pour admirer et se laisser toucher.

    Oui, je le crois… tant métaphoriquement que bien concrètement : Il y a du divin chez Vermeer !

     


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  • Petite référence à une certaine actualité, nous parlerons là de PARIS 2024, c’est à dire de la candidature de PARIS aux Jeux Olympiques et du petit scandale en cours autour du slogan... in english please !


    Comment rater cette info déterminante pour les années qui viennent et qui va tenir en haleine tant de monde ?... Je rigole bien sûr... Alors ce slogan, qui a dû nécessiter des centaines d’heures de travail, réflexion, brainstorming faut-il dire... et pas mal d’euros j’imagine aussi... c’est « Made for sharing » avec une version française alternative prévue aussi, il faut le préciser, qui devient « V enez partager ». Mais alors cette annonce, qui date déjà de début février et qui peut sembler banale, est en train de réactiver tous les vieux débats, qui ressemblent à de vrais combats parfois, entre défenseurs inconditionnels de la langue de Molière face à ceux qui pense que celle de Shakespeare ouvre bien plus de portes et de possibilités internationales. C’est d’ailleurs en l’occurrence l’avis de bons nombres de sportifs impliqués dans la candidature de la city of light... heu pardon je m’égare... of the ville lumière. ☺

    made for sharing

    Parlons des réactions. Alors tout d’abord, à l’annonce, surtout des agacements classiques... pas mal de gens qui ont tendance à sniffer un peu trop de grains de poivre je pense et qui éternuent au moindre anglicisme, comme on dit. Et puis ça s’est un peu corsé... façon piment rouge cette fois ci... Tiens je lisais, par exemple, dans un article qu’une certaine candidate à la présidentielle avait qualifié ce choix de « trahison linguistique », rien de moins... sans doute punissable d’un bannissement du royaume de France pour l’éternité. De façon plus mesurée, l’Académie Française a exprimé aussi sa réprobation... Mais alors le plus drôle... enfin selon moi bien sûr... c’est ce collectif d'associations de défense de la langue française qui a décidé de déposer une assignation devant le tribunal administratif pour le retrait du slogan considérant là une "insulte grave à la langue française" et "une violation de la constitution". Whoua... ça mérite bien une révolution... française bien évidemment.

    Alors, je peux comprendre certains arguments. J’ai personnellement le sentiment que les deux se défendent. D’un côté la volonté de s’ouvrir d’avantage au monde et de tenter de séduire aussi plus facilement les personnes clés de cette décision en mettant tous les atouts de notre côté face à Los Angeles plus particulièrement et face à certains lobbys très agressifs dans leurs actions. On peut se souvenir d’ailleurs de la déconvenue face à Londres il y a quelques années. Et puis dans le camps en face, deux populations qui se retrouvent dans la lutte, si l’on peut dire... des amoureux et défenseurs de la langue française, et leur action est sans aucun doute noble sur bien des points, mais aussi toute une frange un peu moins classe à mon avis, hyper nationaliste, et ça, perso, j’aime moins.

    Il ne faudrait peut-être donc pas en faire tout un fromage, même si ça aussi c’est bien français. Franchement, je pense qu’une immense majorité de gens s’en fichent royalement et que nos préoccupations globales sont bien ailleurs. Il y a certes des enjeux économiques derrière, avec là encore des avis divergents naturellement... mais bon !

    Ah si, peut être encore ajouter le truc qui m’a donné le smile ! C’est apprendre que ce slogan n’était pas nouveau et qu’il avait déjà notamment était utilisé dans la pub... mais pour vendre des PIZZAS !... Grazie mille ! Mais enfin, ce que je garderais personnellement, et ce sera mon dernier mot, c’est que le positif dans tout ça, c’est de ne jamais oublier que PARTAGER c’est important, c’est même vital... what else ?!

    Et pour le plaisir ce lien vidéo en harmonie avec ce billet... but alors you are french !


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  • Si ce titre d’article sonne comme une fable, ce n’est surtout pas une affaire de morale qui lie ses deux sorties cinéma ce 22 février. FENCES et LION ont en commun l’émotion et la vie. Des histoires d’existences et de famille nous sont là racontées avec maestria. Ce qui, par contre, les différencie fondamentalement se situent dans le décor et les mouvements de caméra. D’un côté un quasi huit-clos, marqué par le théâtre, où la caméra est plantée pour l’essentiel dans la cour d’une maison des quartiers ouvriers de Pittsburgh dans les années 50 et de l’autre une sorte de road-trip dans les vastes étendues de l’Inde et de l’Australie avec des travellings plongeants et une histoire faite de voyage et de mouvements. 

    FENCES   LION

    FENCES, film réalisé et interprété par Denzel Washington avec à ses côté l’extraordinaire Viola Davis, est adapté de la pièce de théâtre éponyme d’August Wilson. Aucune pièce n’a eu autant de retentissement et de succès que FENCES, qui a été montée pour la première fois en 1985. Ce drame familial a été joué 525 fois à Broadway, plus que toute autre œuvre de son auteur, et a remporté les trois récompenses les plus prestigieuses : le Pulitzer, le Tony Award et le New York Drama Critics’ Circle Award.

    C’est l’histoire bouleversante d’une famille où chacun lutte pour exister et être fidèle à ses rêves, dans une Amérique en pleine évolution. Troy Maxson aspirait à devenir sportif professionnel mais il a dû renoncer et se résigner à devenir employé municipal pour faire vivre sa femme et son fils. Son rêve déchu continue à le ronger de l’intérieur et l’équilibre fragile de sa famille va être mis en péril par un choix lourd de conséquences...

    Pour évoquer ce film, ce qui me vient en premier lieu, c’est la puissance des mots. Rarement on aura vu un film aussi bavard mais surtout sans jamais être le moins du monde ennuyant. Une force des dialogues étonnante, évidemment liée à l’origine théâtrale, mais qui est là exceptionnellement frappante. Denzel Washington est phénoménal dans la restitution proposée, digne des plus grands tchatcheur, rappeurs ou autres maîtres du verbe. Face à lui, Viola Davis, une fois de plus, confirme une dimension artistique tout aussi exceptionnelle. Une capacité à incarner un personnage en lui apportant profondeur et authenticité qui scotchent le spectateur dans son fauteuil. Et autour de ce duo, dans un environnement réduit et où une barrière se construit lentement mais surement, conférant évidemment une métaphore de poids à l’histoire, quelques acteurs tous juste parfaits dans le jeu, la présence et la restitution d’une histoire pleine d’émotions et de sentiments. 

    DENZEL ET VIOLA    PÈRE ET FILS

    Une histoire qui nous parlent surtout de rêves d’un homme qui restent enfermés par cette fameuse barrière (Fences, en anglais) de la propriété, évoquant surtout une certaine figure patriarcale nourrie à la frustration, fragilisée par l’amertume de sa vie conjugale et verticalement raide dans un rapport à ses fils fait d’arrogance et d’harcèlement psychologique pour se protéger lui-même.

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    Si le père est le point initial de FENCES, une autre histoire familiale se raconte dans LION, mais cette fois-ci en partant du fils et dans l'absence de père. Et puis là, c’est la réalité qui conduit au scénario puisqu’il s’agit d’un biopic totalement incroyable placé sous le signe de l’émotion.

    À 5 ans, Saroo se retrouve seul dans un train traversant l’Inde qui l’emmène malgré lui à des milliers de kilomètres de sa famille. Perdu, le petit garçon doit apprendre à survivre seul dans l’immense ville de Calcutta. Après des mois d’errance, il est recueilli dans un orphelinat et adopté par un couple d’Australiens. 25 ans plus tard, Saroo est devenu un véritable Australien, mais il pense toujours à sa famille en Inde. Mais peut-on imaginer retrouver une simple famille dans un pays d’un milliard d’habitants ?

    Road-movie ou odyssée… LION nous invite à la fois à la beauté et l’émerveillement du voyage mais aussi à une déterritorialisation non voulue, non choisie et brutale. Cette perte et recherche de repères nous est racontée précisément en deux temps : un premier qui se joue dans les décors de l’Inde et notamment d’une Calcutta effrayante pour un gamin innocent et fragile de 5 ans, et le second dans les majestueux paysages australiens. Afin de donner d’avantage d’authenticité à ce long-métrage, la décision a été prise de tourner sur les lieux précis de l’histoire et on s’en réjouit car le voyage auquel nous invite le réalisateur Garth Davis se trouve autant dans le décor que dans les sens. 

    LION LES DEUX FRÈRES  LION NICOLE KIDMAN

    Sans révéler le contenu du film, on pourra dire que LION vient toucher l’âme du spectateur avec larmes et bonheur, mais sans tomber dans le piège du pathos ou de la mièvrerie mais plutôt comme une ode à la vie et paradoxalement autant aussi à la résilience qu’au souvenir comme si, là, les deux éléments étaient les deux faces d’une même pièce. Une sorte de parabole du fils prodigue destructurée qui serait parti non par décision personnelle mais par la force des choses... et qui ne revient pas parce qu'il a tout perdu mais au contraire riche d'une nouvelle vie mais pauvre d'une identité semblant perdue.

     LION DEV ET ROONEY

    Comme dans FENCES, LION est servi par un casting classieux et terriblement efficace. Alors il y a bien sûr le trio de la seconde partie composé de Dev Patel (le Jamal de Slumdog Millionnaire) dans la peau d’un Saroo adulte étonnant d’expressivité et de force de persuasion dans le regard et l’attitude, d’une Nicole Kidman dépouillée de strass et de paillettes mais tellement bouleversante dans ce rôle de mère adoptive tourmentée et enfin la très belle Rooney Mara qui apporte une certaine légèreté bienfaisante tant aux personnages qu’à l’histoire elle-même. Mais il ne faudrait pas oublier cette tendre bouille qui est d’une redoutable efficacité tout au long de la première partie. Je parle là de Sunny Pawar, ce jeune indien au prénom ensolleillé comme son sourire mais aussi déchirant quand il lance son regard hagard ou se met à hurler le nom de son grand frère, hélas héro malgré lui de ce drame qui se joue devant nos yeux.

     

    Alors cette semaine ou les suivantes, s’il vous plait… ne manquez pas ces deux grands et magnifiques films dont on ne ressort forcément pas indemne que ce soient dans nos émotions comme dans notre réflexion. Et souhaitons leur le meilleur aux Oscars 2017 dans quelques jours (dans la nuit de dimanche à lundi plus précisément), même si, cette année, les trophées seront chers face à LA LA LAND, ARRIVAL, MANCHESTER BY THE SEA ou HACKSAW RIDGE et SILENCE.

     

     


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  • Rendez-vous à l'Atelier Grognard de Rueil-Malmaison, qui vous accueille pour une exposition consacrée à un siècle de peinture, de 1850 à 1950, autour du thème de la banlieue parisienne. Si la banlieue fait l’actualité, souvent sous un angle difficile, il ne faudrait pas oublier que c’est un haut-lieu de l'impressionnisme avec ses villages paysans et ses guinguettes joyeuses où l'on venait s'amuser le dimanche.

    PEINDRE LA BANLIEUE

    La banlieue est donc, au travers de cette exposition, réévaluée à travers le prisme de l'art. On connaît l'importance des motifs de la banlieue parisienne dans l'histoire de la peinture moderne. Ce terme de banlieue a aujourd'hui pris d’autres couleurs beaucoup plus sombres, terni par une médiatisation hélas assez désastreuse. Derrière ce mot pourtant une réalité qui peut se voir autrement, avec beaucoup de charme. Des jolies villes et villages des bords de Marne ou de l’Oise à l'industrialisation des quais de Seine, la banlieue a su séduire les Parisiens en mal de calme et les entrepreneurs du monde post-révolution industrielle. 

    Un panorama de la peinture de la banlieue parisienne "aussi vaste", avec sa "partie gaie" et son côté "noir, beaucoup moins agréable, est inédit", souligne Véronique Alemany, l'une des commissaires de l'exposition.

    L'Atelier Grognard a en effet réuni près de 150 œuvres d'artistes célèbres, parmi lesquels on retrouve Caillebotte, Cézanne, Corot, Daubigny, Lhote, Gromaire, Dufy, Picabia, Vlaminck...

    Dans une incarnation d'une certaine vivacité et d'une vraie liberté des artistes à partir du XIXème siècle, certains de ses peintres choisissent de transporter leur chevalet, pinceaux et tubes dans leur panier à pique-nique pour peindre avec bonheur et délicatesse les joies des jours fériés et des premiers congés payés. Ceux-là préfèrent souligner l'avènement des loisirs, thème léger et coloré : les canotiers des bords de Marne inspirent Marcel  Gromaire et Raoul Dufy tandis que Maurice Utrillo s'intéresse aux "Guinguettes à Robinson". 

    Mais la représentation de la banlieue peut aussi, pour d'autres, s’inscrire dans une démarche de dénonciation du « progrès », alors la palette s’assombrit et l’oeuvre se charge d’une connotation politico-sociale dès les années 1880 (Paul Signac, Armand Guillaumin et Maximilien Luce), pour s’affirmer dans la première moitié du XXe siècle (Albert Gleizes, Maurice de Vlaminck, Jean Lugnier, Jean Delpech, Jean Fautrier dans sa période figurative, Michel de Gallard, membre du mouvement qualifié de « misérabiliste »). Le regard se focalise par exemple sur les carrières de Gentilly, le transport fluvial dans "Les Péniches" de Vlaminck (1910) ou encore les fumées industrielles qui commencent à obscurcir le ciel dans "Jours de marché à Courbevoie" (1905) d'Albert Gleizes.

    jour de marché à courbevoie

    Ce sont tous ces motifs et ces approches picturales que l’exposition Peindre la banlieue s’attache à valoriser, mettant ainsi à l’honneur la place de la banlieue dans l’histoire de l’Art. Cette exposition a pu voir le jour grâce aux prêts, entre autres, du musée d’Orsay, du musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, du musée de l’Orangerie et des musées des Beaux-Arts de Reims, Orléans, Lyon et Lille, de la Fondation Gleizes et de collectionneurs privés.

    Une très belle exposition à visiter encore jusqu’au 10 avril

     

    INFOS PRATIQUES :

    Du 6 décembre 2016 au 10 avril 2017

    Plein tarif : 6 €
    Tarif réduit : 4 € (pour les groupes à partir de 11 personnes, les Amis du Louvre, les Amis d’Orsay et de l’Orangerie, demandeurs d’emploi)
    Gratuité pour les moins de 18 ans et les étudiants
    01 47 14 11 63
    Sur réservation impérativement :
    Visites guidées chaque samedi à 15h
    - Matinées familiales les dimanches matins à 10h30 : les 29 janvier,
    26 février, 19 mars 2017 (13 € par adulte comprenant une visite guidée et 10 € par enfant pour un atelier découverte)

    site web : ATELIER GROGNARD


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