• La fin d’année est propice aux rétrospectives ou classements de tous ordres. Je vous propose ici simplement de revenir sur quelques films qui auront marqués mon année cinématographique. Un choix tout à fait subjectif et partial n’ayant évidemment pas vu la totalité de la cuvée 2017 et ayant même raté quelques films majeurs que je ne manquerai pas de rattraper dès que possible…

     

    2017

    Tout d’abord retour sur dix films qui, s’ils ne font pas parti de mon podium, m’ont laissé d’excellents souvenirs et ont été véritablement de très bons moments de cinéma. Je vous les présente par ordre chronologique de sortie.

     

    11/01 – THE BIRTH OF A NATION

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/the-birth-of-a-nation-a127988478

    Le grand prix du Jury et prix du public du Festival de Sundance 2016 a lancé magnifiquement l’année. Ce biopic racontant la courte vie de Nat Turner, trente ans avant la guerre de Sécession, nous plonge avec intensité et spiritualité au cœur de l’horreur de l’esclavage. Les questions raciales ont d’ailleurs été une thématique forte abordée dans de nombreuses productions.

     

    15/02 – LOVING

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/in-love-with-loving-a125920726

    Film présenté lors du Festival de Cannes 2016 mais sorti ensuite tardivement. Jeff Nichols à la réalisation pour raconter, à l’instar de « The birth of a nation », un récit de vie de l’histoire américaine autour de la question des droits civiques. Une grande et belle histoire d’amour !

     

    22/02 – FENCES

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/le-lion-et-la-barriere-a128534288

    Denzel Washington face à Viola Davis. Peut-être que tout est dit là dans ce qui est à la fois un duo magique mais aussi une confrontation de caractères exceptionnels. Un hymne aux dialogues… car si pour certains le côté bavard a pu déranger il restera pour moi un exemple du genre associé à une vraie performance d’acteurs.

     

    01/03 – T2 TRAINSPOTTING

    Ma critique : https://www.evangile-et-liberte.net/2017/03/de-profundis-jaillira-la-lumiere/

    Avec T2 Trainspotting, la mélancolie inonde nos chers « ex-plusoumoins-junkies » désormais quadragénaires. Et le coup de génie de Danny Boyle est sans doute d’en faire la principale dynamique émotionnelle du film mais avec beaucoup d’humour. Cet ensemble donne un sentiment de décalage pour le moins ambivalent à l’énergie et au discours transgressif comme on n’en voit rarement de nos jours.  Et au cœur de cette mise en scène, de cette histoire glauque… jaillit constamment des lueurs éclairantes et inspirantes.

     

    08/03 – LES FIGURES DE L’OMBRE

    Un film qui raconte le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Les ingrédients sont là… une magnifique histoire, un casting de rêve, une réalisation soignée.

     

    Permettez-moi ici une toute petite aparté pour évoquer le prix décerné par le Jury œcuménique lors du 70ème Festival de Cannes. « Vers la lumière » de l’excellente Naomi Kawase,  qui ne peut figurer dans mon classement car il ne sortira sur les écrans que dans quelques jours (le 10 janvier), mais qui aura été pour moi l’un de mes grands plaisirs de l’année.

     

    07/06 – WONDER WOMAN

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/wonder-ful-woman-tonight-a130437354

    Et oui, un blockbuster dans mon classement ! Wonder Woman ne s’enfonce pas dans les clichés. Il mêle au contraire habilement au genre fantastique des aspects mythologiques, de superbes scènes de batailles épiques génialement orchestrées, beaucoup d’humour bien placé et une certaine gravité qui conduit même à une éloge de l’amour et du sacrifice.

     

    19/07 – BABY DRIVER

    Vitesse, rythme, musique, humour… Edgar Wright fait mouche avec ce film à la Tarantino. Et moi j’aime !

     

    13/09 – MOTHER

    Ah un peu de controverse… Mother or not mother… et bien ce sera avec de mon point de vue (même si j’ai tardé à le voir pour, finalement, ne pas le regretter du tout). Darren Aronofsky nous livre là une œuvre qui, si elle n’est pas à mettre devant tous les regards, est en tout cas un petit chef d’œuvre quand à l’utilisation de l’analogie au cinéma.

     

    11/10 – DETROIT

    Autre sortie de cette année à abordée les questions de ségrégation raciale. Un film coup de poing qui ne laisse pas indifférent et qui prend vraiment aux trippes !

     

    15/11 – LE MUSEE DES MERVEILLES

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/wonderstruck-emerveillement-sur-grand-ecran-a132637810

    Ce film marquait le retour de Todd Haynes sur la Croisette. Ce « Musée de merveilles » est un vrai bonheur, d’une grande beauté, délicieusement artistique, touchant et imprégné d’un sens profond, ce qui ne peut évidemment me déplaire.

     

    Avant de vous dévoiler mon TOP 5, quelques mots sur un film que j’ai mis « hors concours »… un film à part comme une bouffée d’oxygène qui arrive au bon moment.

     

    25/01 : LA LA LAND

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/et-tout-le-monde-fait-la-la-a128133516

    la la land

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    8 nominations et 6 oscars ! Ça le fait… mais il y a de quoi. Quatre saisons pour raconter une histoire d’amour entre deux artistes. Voilà le prétexte à une magnifique histoire mise en image, en mouvement et en musique par Damien Chazelle. Je suis tombé sous le charme conquis par la grâce de ce feel-good movie d’une fraîcheur et d’une beauté immense. 

     

    Et voici donc mon TOP 5 des films (que j’ai vus) sortis en 2017 :

    TOP 5

     

     

     

     

     

     

     

    N°5 – 19/07 – DUNKERQUE

    MON ANNÉE 2017 AU CINÉMAMa critique : http://artspiin.eklablog.com/dunkerque-i-will-survive-a130802118

     

    Un immense Christopher Nolan pour une méga-production construite avec génie. Trois positionnements géographiques et temporels et à l’intérieur de ces trois décors de multiples histoires qui se font écho, qui se croisent, qui s’entremêlent tout en ne se déroulant pas dans la même échelle de temps… Une petite merveille !

     

    N°4 – 20/09 - FAUTE D’AMOUR

    faute d'amourMa critique : http://artspiin.eklablog.com/une-faute-d-amour-pourtant-magistrale-a131715438

    Bouleversant drame social ayant reçu le prix du Jury lors du dernier Festival de Cannes. Avec une acuité flagrante, le cinéaste russe Andrey Zvyagintsev dresse un portrait âpre d'une société russe brutale et déshumanisée. Un film intense qui nous plonge au cœur de l’histoire d’un couple qui se déchire et qui « perd » le fruit passé de leur amour.

     

    N°3 – 03/05 - GET OUT

    get outMa critique : http://artspiin.eklablog.com/non-je-ne-serai-pas-votre-negre-a130412950

    Premier film du comique américain Jordan Peele, « Get out » marquera l’année par son audace, en s’attaquant à cette thématique du racisme sous une forme grinçante et peu conventionnelle tout en étant porteur de beaucoup d’interprétations profondes des aspects horrifiques de ce sujet qui nous hante tous.

     

     

    N°2 – 18/10 – THE SQUARE

    the quareMa critique : http://artspiin.eklablog.com/carrement-moderne-a132265728

    La palme d’or de Cannes 2017 du réalisateur suédois Ruben Östlund, qui s’était fait connaître précédemment avec Snow Therapy. Il pose ici un regard caustique sur nos lâchetés et interroge le "vivre ensemble" de nos sociétés. The Square est un film où l’ascenseur émotionnel fonctionne à merveille. Une critique acerbe et drôle d’une société lissée et bien-pensante mais pourtant fragile et prête à exploser comme une enfant mendiante dans un carré.

     

    And the winner is…

    N°1 – 08/02 – SILENCE

    silenceMa critique : http://artspiin.eklablog.com/silence-derangeant-mais-bienfaisant-a128286144

    L’immense Martin Scorcese nous a livré ici le film qui restera, peut-être, comme le principal de sa carrière cinématographique, plus simplement l’œuvre de sa vie, mijotée depuis près de trente ans. Respect et coup de chapeau pour un œuvre belle, riche, tortueuse et profondément inspirante. « Silence » reste sans doute quelque peu difficile d’accès tant par sa forme que par ses thématiques. Ce film demande donc au spectateur de se concentrer et de plonger sans à priori mais confiant qu’une opportunité de réflexion intime s’offre à lui. Accepter que le Silence commence peut-être là en soi comme une nécessité bienfaisante dans un monde si bruyant et dans un intérieur qui l’est tout autant si souvent…

     


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  • Après le huitième épisode de Star Wars la semaine passée, la grosse sortie de cette semaine nous conduit encore dans le sillage d’un autre film culte, mais plus de vingt ans après cette fois-ci… JUMANJI : BIENVENUE DANS LA JUNGLE est une sorte de suite du JUMANJI originel avec Robin Williams. Un film à voir surtout comme un méga divertissement drolatique fort bien réussi, qui ne se prend pas au sérieux mais qui, si on le veut bien, peut aussi faire un tantinet réfléchir.                                                   

    jumanji bienvenue dans la jungle

    Le destin de quatre lycéens en retenue bascule lorsqu’ils sont aspirés dans le monde de Jumanji. Après avoir découvert une vieille console contenant un jeu vidéo dont ils n’avaient jamais entendu parler, les quatre jeunes se retrouvent mystérieusement propulsés au cœur de la jungle de Jumanji, dans le corps de leurs avatars. Ils vont rapidement découvrir que l’on ne joue pas à Jumanji, c’est le jeu qui joue avec vous… Pour revenir dans le monde réel, il va leur falloir affronter les pires dangers et triompher de l’ultime aventure. Sinon, ils resteront à jamais prisonniers de Jumanji.

    jumanji bienvenue dans la jungle avant première Grand Rex

    C’était l’effervescence devant et à l’intérieur du Grand Rex le mardi 5 décembre à l’occasion de l’avant première mondiale de JUMANJI : BIENVENUE DANS LA JUNGLE. Transformation de la salle mythique parisienne et de ses 3000 places en une sorte de temple au cœur d’une forêt équatoriale, show de tambours puis des trois stars américaines présentes, Dwayne « The Rock » Johnson, Kevin Hart et Nick Jonas. Tout était fait pour répondre à l’attente et à la frénésie d’une foule foncièrement heureuse de participer à l’événement. Puis près de deux heures pour découvrir dans des conditions optimums le nouveau bébé de Jake Kasdan, réalisateur américain grand spécialiste ès comédie 100% décomplexée et, pour la petite histoire de calendrier des sorties ciné, fils de Lawrence Kasdan – notamment scénariste de Star Wars : épisode V et VI. Deux heures où je retiens en priorité une somme d’éclats de rire du public assez magistrale et rare… il y a là, je crois, un indice de réussite incontestable, puisque ce film est avant tout une vraie comédie d’aventure familiale.

    « Dans la jungle tu attendras, un cinq ou un huit te délivrera… ». Derrière cette énigme se cache l’un des jeux mais aussi l’un des films les plus cultes du cinéma : Jumanji. Plus de 20 ans après donc, il est de retour sur grand écran afin de nous replonger dans son univers magique tout en se refaisant une sacrée beauté. Car, si JUMANJI : BIENVENUE DANS LA JUNGLE est bien présenté avec insistance par l’animateur de la soirée comme la suite de JUMANJI, le jeu de table a été transformé cette fois-ci en un vieux jeu vidéo. Cette mutation du jeu de dés en cartouche électronique dans les premières minutes du film vient du fait que l’argument fantastique n’est plus l’immersion des éléments du jeu dans la réalité mais, à l’inverse, celle de joueurs dans un univers virtuel. Le quatuor formé au départ par Alex Wolff, Madison Iseman, Ser’Darius Blain et Morgan Turner (peinture soit dit en passant assez caricaturale mais tout à fait significative de la génération à laquelle s’adresse en tout premier lieu le long métrage) disparaît très vite pour s’incarner dans un quatuor fort différent et décapant. Celui de leurs avatars virtuels, qui représentent d’ailleurs eux aussi de pures caricatures propres au cinéma d’aventure et à ses déclinaisons vidéo-ludiques et élargissant par là-même très clairement le public visé. Dwayne Johnson, Jack Black, Kevin Hart et Karen Gillan entrent alors en scène et dans le jeu (c’est le cas de le dire) et vont, sans discontinuer, tenir le spectateur en haleine, lui donnant de s’attacher à leurs personnages face aux enjeux du scénario très classique mais néanmoins idéalement construit dans ce contexte particulier du jeu d’aventure. 

    jumanji bienvenue dans la jungle

    Je l’ai déjà dit et je le répète… JUMANJI : BIENVENUE DANS LA JUNGLE a été fait pour nous faire rire et ça fonctionne ! Mais l’aventure est aussi le credo de Jumanji… Alors le film nous transporte dans un univers où l’on n’a pas le temps de souffler. Il comporte d’ailleurs beaucoup de clichés de films d’actions comme une course-poursuite avec des explosions, de la bagarre, une fuite en hélicoptère et même une ruée de rhinocéros, clin d’œil au premier opus. Mais encore, derrière ces pitreries, rocambolesques aventures et effets spéciaux éclatants apparaissent des thématiques bien plus profondes et humaines, si on veut y prêter attention, conduisant ainsi le célèbre Wall Street Journal à dire : « Cette suite s’avère être une comédie de mœurs, entre autres choses, et c’est agréable en plus; un film qui vous fera rire et vous captivera. » En particulier toute une réflexion fort intéressante sur la prise de confiance en soi par les actions collectives et réciproques auxquelles viennent s’ajouter le sens du sacrifice. Comme pour nos quatre héros, cette aventure dans la jungle a de quoi en marquer plus d’un ! 

    jumanji bienvenue dans la jungle

    Alors, osez tenter l’expérience Jumanji, en partant du principe qu’il ne faut pas y aller en cherchant à retrouver l’original mais en acceptant surtout de se laisser prendre et surprendre…

    Et je terminerai avec la reprise de ces lignes de The Wrap, site d'information sur les divertissements et les médias : « La tâche était de faire un film d’aventures familial qui pourrait servir de véhicule à d’importantes vedettes du grand écran, un projet qui devrait faire du bruit et nous tenir joyeusement en haleine jusqu’à la fin. Le fait que celui-ci se tienne avec autant de charme est ce qu’on pourrait appeler un miracle du cinéma populaire. »


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  • Après Carol en 2015 (qui avait d’ailleurs permis à Rooney Mara de recevoir à Cannes le prix de la meilleure interprète féminine), le réalisateur Todd Haynes revient avec un magnifique conte original et métaphorique, Wonderstuck (émerveillement) ou dans sa version française « le musée des merveilles ».

    le musée des merveilles

    Sur deux époques distinctes et deux quartiers différents -  le Manhattan des années 30 pour la partie consacrée à la fillette, le quartier du Queen's bariolé et funk des années 70 pour celle consacrée au garçonnet, les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu'il n'a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d'une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

    WONDERSTRUCK n&b et couleur

    Il faut le dire tout de suite, Todd Haynes ne nous propose pas un film académique tant dans sa construction et dans sa forme que dans l’histoire et ce que l’on peut en faire. La narration nous entraine très vite dans deux récits à la fois loin l’un de l’autre, notamment par l’époque et par le choix stratégique de les présenter en noir et blanc pour le premier et en couleur pour le second, et en même temps suffisament proches grâce à de nombreuse similitudes ou parallèles. Et puis, Wonderstruck est tout sauf bavard. Peut-être un peu long parfois, mais surtout fonctionnant à l’économie de dialogues pour privilégier une musique remarquable et parfois funky aux paroles excessives et pesantes. Une volonté du réalisateur qui colle avec l’une des thématiques de son histoire, la surdité, et au travers d’elle le défi d’arriver à nous donner à voir le silence.

    Conte métaphorique, ce Wonderstruck, adapté d’un roman de Brian Selznick (qui signe d’ailleurs le scénario du film), se complait dans ce temps de l’enfance, avec son côté frais et magique où le merveilleux est toujours possible et à portée de main, mais où aussi les blessures peuvent s’inscrire en profondeur. Haynes parle de descendance, de cauchemars, de secrets, du manque d’un parent absent, mais aussi de destin et d’amitié. Tout ça avec beaucoup beaucoup d’amour et le talent immense de se réalisateur qui me régale une fois de plus.

    Ce Musée de merveilles est un vrai bonheur dont il ne faut surtout pas se priver. Beau, délicieusement artistique, touchant et imprégné d’un sens profond, ce qui ne peut évidemment pas me déplaire, bien au contraire... et je l’espère vous aussi.


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  • The Meyerowitz Stories, films du réalisateur américain Noah Baumbach. est disponible depuis ce vendredi sur la plateforme Netflix. Casting impressionnant avec Ben Stiller, Adam Sandler, Elizabeth Marvel, Emma Thompson, et un Dustin Hoffman remarquable.

    The Meyerowitz Stories , une affaire de famille

    Fraîchement séparé, Danny Meyerowitz (Adam Sandler) vient s’installer à Brooklyn chez son père Harold (Dustin Hoffman), un sculpteur raté qui a refait sa vie avec l’excentrique Maureen (Emma Thompson). Un événement inattendu va l’obliger à aplanir ses différends avec Matthew (Ben Stiller), son demi-frère businessman, et Jean (Elizabeth Marvel), sa demi-sœur dépressive…

    THE MEYEROWITZ STORIES

    Chronique familiale new-yorkaise à la Woody Allen (le papa spirituel de Noah Baumbach), The Meyerowitz Stories nous plonge dans le récit intergénérationnel d’une fratrie en conflit rassemblée autour de leur père vieillissant, joué avec son talent habituel par le classieux Dustin Hoffman. Il faut le dire... le cinéma, c’est aussi parfois, juste prendre un bon moment, sourire, se détendre et se laisser prendre par une belle histoire, bien jouée, bien ficelée. Et c’est vraiment le cas ici et même le point fort de Noah Baumbach dans cette dernière œuvre.

    Et puis justement, Dustin Hoffman... 80 ans, et une pêche incroyable lui donnant de nous proposer un véritable one man show. Dans le rôle de ce sculpteur intello extrêmement désagréable, surtout préoccupé par la postérité de son œuvre, bien plus que par les tourments intimes de ses enfants, il arrive néanmoins à développer un mélange de tendresse et de folie douce. Ainsi, c'est l'ensemble du film qui se voit touché de cette grâce et l'histoire parvient à procurer de l’émotion dans les dialogues pleins d’humour, mais aussi de la légèreté dans les scènes plus dures.

    UNE FRATERNITÉ MALMENÉE  THE MEYEROWITZ STORIES  THE MEYEROWITZ STORIES

    On pourra toujours y voir aussi un peu plus en s’attachant aux ressorts du scénario. Et puisque 2017 est marquée par la thématique de la fraternité et de la réconciliation pour le protestantisme français dans cette année de commémoration des 500 ans de la Réforme, alors c’est un film qui peut faire sens et servir pour discuter et réfléchir ensemble. Car dans l’histoire, rien ne va plus vraiment dans cette famille recomposée où non dits, blessures du passé, frustrations, et plein d’autres choses encore ont laissé des cicatrices toujours ouvertes. Et pourtant… la réconciliation ou restauration est peut-être encore possible, le pardon offert… et tout ça dans une certaine bonne humeur et fraicheur new-yorkaise d’un milieu bourgeois-culturel assez « folklorique ». 

    The Meyerowitz Stories... un excellent divertissement, de qualité, et ouvrant à plus si on le veut.


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  • Fabrice Éboué, avec sa nouvelle comédie CoeXister, continue lui aussi dans la lancée du succès de « Qu’est ce qu’on fait au bon Dieu ? » à vouloir divertir autour des questions de « Vivre ensemble » et du fait religieux dans la société française. Il y parvient clairement puisque le rire est au rendez-vous même si l’on peut regretter que le fond soit très caricatural sur de nombreux aspects… mais la caricature amuse toujours ceux qui en acceptent le jeu !

    COEXISTER LE FILM

    Sous la pression de sa nouvelle patronne aux méthodes radicales, un producteur de musique à la dérive décide de monter un groupe constitué d’un rabbin, un curé et un faux imam afin de leur faire chanter le vivre-ensemble. Mais les religieux qu’il recrute sont loin d’être des saints…

    C’est au rythme d’un trio musical atypique et décapant, composé de Guillaume De Tonquédec, Jonathan Cohen et Ramzy, que Fabrice Eboué laisse ses talents s’exprimer dans son nouveau film, s’amusant clairement des oppositions entre les trois grandes religions monothéistes pour produire du rire à une cadence infernale. Chacun en prend naturellement pour son grade en choisissant la « gentille » caricature comme outil de base de son scénario. Tous les clichés les plus classiques passent dans les mains d’Éboué pour façonner ses personnages : Chrétiens, juifs et musulmans mais aussi, et il ne faut pas les oublier, athés (au travers du producteur incarné par Fabrice Éboué) et encore nymphomane ou patronat aux dents acérées (peut on voir là d’autres formes de spiritualités ?!). De l’énergie à la pelle et une vraie explosivité sont les maîtres-mots de CoeXister, que l’on pourrait qualifier (au bon sens du terme) de farce cinématographique réussie et extrêmement généreuse en fous rires. Ça fait toujours du bien au milieu d’une actualité plutôt globalement empreinte de sinistrose ambiante, et le mot est faible.

    COEXISTER... POUR RIRE ENSEMBLE !

    Car justement, et il faut le souligner, ce « Vivre ensemble » avec la religion notamment en toile de fond n’est pas généralement ce qui amuse aujourd’hui. On pourrait même aller jusqu’à dire que le sujet semble particulièrement casse-geule dans le contexte actuel. Et pourtant CoeXister réussit à égratigner sans vraiment fâcher, dénonce sans s'appesantir trop lourdement, et surtout une fois de plus fait rire beaucoup. L’important d’ailleurs est sans doute de ne pas chercher grand chose d’autre, de ne pas commencer à épiloguer sur tels ou tels aspects du scénario qui auraient pu dire d’autres choses ou regretter que tels choix furent fait par le réalisateur. Qu’importe… c’est une comédie et grand bien nous fasse qu’elle soit efficace dans son seul véritable objectif : Nous faire marrer !

    Ah si… quand même !!! Pas de protestant au casting même si la chanson contemporaine est quand même un truc un peu plus de chez nous… c’est le catho qui remporte le jackpot pour les chrétiens ! Heu… finalement, en fait, pas si mal… c’est peut-être là qu’est la vraie victoire.


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