• Avec Jacques Higelin, c’est l’un de nos plus grands artistes qui vient de partir, ce vendredi 7 avril. Un poète, un chanteur, un artiste de la plume et du verbe… un influenceur discret mais engagé.

    Jacques Higelin 

    Je me souviens des jours heureux et je pleure disait Verlaine… Personnellement je préfère me souvenir en cultivant une forme de joie et garder la mémoire comme un moyen d’avancer toujours et encore. C’est donc ainsi que je garderai l’image du grand Jacques, car oui ce prénom peut être grand pour plusieurs et se partager ainsi avec bonheur. 

     

    Je me souviens donc… et là très précisément même, d'une émission radio le soir que j'écoutais sur ma chaine hifi que j'avais installé dans ma chambre d'ado juste à côté de mon lit (et là écoutant au casque car il était tard et les parents dormaient dans la chambre à côté !)... Émission où Jean-Louis Foulquier recevait Higelin et Deraime (je ne sais plus par contre si c'était la même ou 2 émissions différentes). Mais en tout cas, ces 2 artistes au micro de Foulquier m'ont donné une envie folle de ne pas faire de la musique juste comme ça... mais de la faire vivre avec d'autres musiciens et de la partager avec du public. Ce type de réflexion est revenu souvent sur les réseaux sociaux de la part d’amis artistes célèbres ou non, démontrant par là cette puissante influence qui se dégageait de sa personne et de son travail.

    Jean-Louis a pris de l'avance... Bill est toujours là et continue de me faire kiffer... mais Jacques est maintenant lui aussi parti, décédé ce vendredi matin à Paris, a annoncé sa famille, âgé de 77 ans. Le musicien, l'un des pionniers du rock français, avait depuis quelques temps semble-t-il une santé fragile et ainsi dû, cet été 2017, annuler des concerts. 

     

    Si l’artiste et son œuvre sont là dans nos cœurs, dans nos tripes, il ne faudra pas non plus oublier que ses mots prenaient aussi forme dans ses actes. Car si Higelin évoque dans beaucoup de ses chansons la société, les sans-papiers ou les difficultés économiques, il n’hésitait pas non plus à pousser de coups de gueule quand il le fallait et surtout aussi à s’impliquer par coups de cœur. Soutien inconditionnel des défavorisés et plus précisément des mal-logés, Higelin a ainsi régulièrement donné de son temps en s’engageant pour des associations soutenant des causes humanitaires.

     

    Un grain de poussière chantait-il, tombé du ciel, et qui maintenant s’est envolé et à la tête en l’air. Alors... champagne malgré tout, c’est ce qu’il aurait sans doute aimé !

     


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  • Martin Luther King, pasteur baptiste afro-américain né à Atlanta en 1929, a dédié sa vie à la lutte contre le racisme, la ségrégation, la pauvreté. Grâce à son combat non-violent contre toute forme d’injustice, les consciences ont commencé à s’éveiller et des lois essentielles pour les droits civiques des Noirs aux États-Unis ont été votées. Prix Nobel de la Paix en 1964, il a été assassiné quatre ans plus tard, le 4 avril 1968, il y a cinquante ans aujourd’hui. Il avait trente-neuf ans. 

     

    CHANSONS POUR LE KING

    À cette occasion, je vous propose de jeter un rapide regard (non exhaustif) sur quelques chansons qui ont abordé la question en lien, soit directement avec l’homme et son parcours, soit avec les principales thématiques portées par cet apôtre de la non-violence mais néanmoins militant et acteur d’un changement profond de société mais hélas toujours encore en devenir.

     

    Au-delà du drame humain que représente la traite négrière, la rencontre de deux cultures, africaine et européenne, sur le continent américain, va provoquer la naissance d’une forme d’expression qui va façonner « l’Épopée des musiques noires ». Si les Negro-Spirituals et le Gospel ont accompagné la cruelle destinée des Noirs aux États-Unis, une autre émanation de cette tragédie quotidienne a vu le jour à la fin du XIXème siècle, c’est le Blues. Il n’était pas rare que les ouailles des Églises baptistes viennent s’encanailler dans les « Juke Joints », ces bicoques délabrées où des musiciens amateurs déversaient leur frustration et leur colère dans des ritournelles sombres et désabusées. Le Blues fut et reste la bande son du désespoir, la matrice de toutes les musiques afro-américaines. L’esclavage, tragédie humaine effroyable, a finalement provoqué la naissance d’une multitude d’engagements artistiques qui ont porté le discours de Martin Luther King jusqu’à Washington.

     

    Les chants propulsent alors dans l’espace public, comme au plus profond des individus, des paroles propageant la non-violence prêchée auparavant. We Shall Overcome, l’hymne principal du Mouvement pour les droits civiques combine un vieil hymne baptiste, I’ll be allright, au texte d'un vieux gospel de Charles Albert Tindley, I'll Overcome Someday. Popularisé durant les années 40 dans les syndicats mêlant ouvriers noirs et blancs, il se retrouve durant le Mouvement au cœur des manifestations proclamant, envers et contre tout, à temps et contretemps, l’espérance des manifestants. We Shall Overcomea été enregistré entre autre par Mahalia JacksonPete Seeger, Joan Baez, Frank Hamilton, Joe Glazer, Bruce Springsteen, Peter, Paul and Mary, les Mountain Men, Bob Dylan, Roger Watersdes Pink Floyd... Régulièrement encore, des adaptations sortent, souvent en lien avec des combats politiques ou sociaux.

     

     

    En 1964, on croit en l’évolution de la société américaine vers une véritable égalité raciale. L’un des chanteurs afro-américains les plus populaires de sa génération, Sam Cooke, chante alors A change is gonna come (ces choses qui vont changer) avec un véritable enthousiasme. Le morceau devient emblématique de la lutte pour les droits civiques, mais Cooke n’aura pas le temps de profiter pleinement de son succès puisqu’il est assassiné dans des circonstances encore très floues le 11 décembre 1964.

     

     

    Les textes reprennent souvent les grandes lignes du discours politique afin d’inciter les membres de la communauté noire à entrer en résistance. Par certaines caractéristiques linguistiques comme par leur mode de transmission, ils contribuent à diffuser le message du discours militant auprès des masses. Au nombre des artefacts utilisés, il est des images relativement explicites comme celle de l’oiseau en cage chantée par Nina Simone dans I Wish I Knew How It Would Feel To Be Free (J’aimerais savoir quelle impression cela fait d’être libre) en 1967.

     

     

    L’artiste ne se contente pas d’interpeller son public par des propos introducteurs, ses paroles n’ont pas seulement valeur d’exemple, elles sont également des messages directs d’un noir à un autre noir :

    Prenons l’exemple de Is It Because I’m Blackde Syl Johnson en 1968 : Y’see if you have white light brown skin and high yellow, you’re still black, so we got to stick together now (Que tu aies une peau marron clair et des cheveux décolorés, tu es toujours un noir, c’est pourquoi nous devons nous serrer les coudes) 

     

     

    Avec James Brown, en premier lieu, cette apostrophe, qui utilise, bien entendu le you – fort pratique en anglais en raison de l’ambigüité entre le singulier et le pluriel – est renforcée par l’utilisation progressive de l’impératif, appel direct à une implication dans l’action de la communauté : Get Up, Get Involved, Get Into It (Lève-toi, implique-toi, entre dans (le mouvement), James Brown, 1968), Say It Loud, I’m Black And I’m Proud (J. Brown, 1968). De même, l’ambigüité quant à la personne – singulier ou pluriel – dans l’utilisation de l’impératif contribue à la création d’un esprit communautaire. Mais surtout, la soul utilise la première personne du pluriel, mettant ainsi en avant l’idée de communauté :

    We Are Rolling On(1968), 

    We’re A Winner(1967), 

    We got talent we can use (Nous avons des talents que nous pouvons utiliser, I Don’t Want Nobody To Give Me Nothing) J. Brown. (1969).

     

    Plus globalement, à travers les années, la sphère musicale a été nourrie avec des chansons inspirées par Martin Luther King ou lui rendant hommage. En voici encore quelques une en ce jour symbolique.

     

    Le 28 août 1963, le pasteur noir a réussi à réunir plus de 250.000 personnes devant le Lincoln Memorial, à Washington D.C., durant la Marche sur Washington pour l'emploi et la liberté. C’est là qu’il prononce le fameux discours I have a dreamBob Dylan, le chanteur folk américain interprète ce jour-là son titre Blowin' in the wind avant que le pasteur prenne place. Un hymne qui prend tout son sens à cet instant précis : "How many roads must a man walk down / Before you call him a man ?" (Combien de routes un homme doit-il parcourir avant d'être appelé un homme ?)

     

     

    Stevie Wonder a composé en 1981 le titre Happy Birthday dans le cadre d'une campagne qui avait pour but de rendre hommage a Luther King en faisant de son jour d'anniversaire un jour férié national.

     

    U2 et son célèbre leader Bono ont également rendu hommage au pasteur. Avec leur titre Pride (In The Name Of Love) issu de leur album The Unforgettable Fire, paru en 1984,  le groupe de rock irlandais entonne "Early morning, April 4/Shot rings out in the Memphis sky/Free at last, they took your life/They could not take your pride", des paroles qui ne laissent aucun doute sur la personne visée. En effet, Martin Luther King a été assassiné le 4 avril 1968 à Memphis.

     

    La jeune génération n'oublie pas non plus… Le talentueux Will.I.Am s'est associé au rappeur  Common sur le titre I Have A Dream qui sample le fameux discours. Ce titre apparait sur la bande originale du film Freedom writers.

    De nombreux autres artistes ont rendu hommage à ce personnage historique. Ben Harper a composé le titre Like A King qui fait un parallèle entre Luther King et Rodney King. Enfin, Queen, le groupe de glam rock britannique a signé son titre One Vision où Freddie Mercury chante "Look what they've done to my dream" (Regarde ce qu'ils ont fait à mon rêve) à travers un solo de guitare endiablé.

     

     

    Cette intérêt pour Martin Luther King et tout ce qui accompagne l'homme a touché des groupes et des univers musicaux très divers. Prenons l'exemple ici du groupe de rap métal californien Rage against the Machine. Groupe connu pour ses nombreuses revendications et son appui à différents mouvements de revendication sociaux et musicaux, il signe en 1992 le titre Wake up, sur son premier album. Cette chanson est une ode à Martin Luther King, Cassius Clay et Malcolm X. Certaines paroles font clairement référence à l'assassinat de Luther King (I think I heard a shot) ainsi qu'à un discours qu'il avait prononcé (how long, not long cause what you reap is what you sow cité à la fin de la chanson), selon lequel il donnerait le pouvoir à ceux qui ne l'ont pas (he turned the power to the have nots). 

     

     

     

     

     

    La chanson française a aussi apporté sa pierre à l’édifice. Quelques évocations de MLK et de son message sont ainsi clairement interprétées par plusieurs artistes. 

    Le 29 mars, invité spécial d’Harry Belafonte, Hugues Aufray chante en présence de Martin Luther King, Les crayons de couleurs au cours d’un gala donné au Palais des Sports, au profit de la lutte contre le racisme. Pour la première fois la chanson se met au service d’une cause humanitaire.

     

     

    Peu de temps après son assassinat, Jacqueline Dulac lui rend hommage en 1970

     

     

    En 1998, un collectif de rappeurs français sort 30 ans après Martin Luther King, une chanson extraite de la compilation "Generation Exile ", lancée par une association protégeant les droits de l’homme et regroupant des artistes de styles et d’horizons très divers. Cette chanson intitulée est un superbe hommage de 14’54’’

     

     

    Sur son album Frontières, en 2010, la chanson Angela de Yannick Noah rend hommage à Angela Davis. Il fait référence à de nombreux faits de 1968 et de 2008. Dans le clip de ce morceau, on voit notamment des extraits de Martin Luther King ou encore des extraits des discours de Angela Davis.

     

     

    J’évoquerai aussi le rappeur chrétien Lyonnais Lorenzo MPC qui, à sa façon, dans son titre Une seule race, une seule couleur s’appuie sur le discours I have a dream de Martin Luther King pour porter des valeurs chrétiennes de fraternité.

     

     

    Pour finir sur l’aspect musical, comment ne pas évoquer Glory, le titre de John Legend avec la participation (à nouveau) du rappeur Common, chanson phare de la Bande Originale du film SELMA, qui lui valut de recevoir 8 récompenses dont le must… l'Oscar de la meilleure chanson originale en 2015.

     

     


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  • Bill Deraime, l’un des vieux briscards du blues français, qui en est devenu un symbole, célèbre ses cinquante ans de carrière avec un exceptionnel vingtième album studio mêlant passé et avenir. 

    NOUVEL HORIZON

    Nouvel Horizon est un disque choral qui reprend en duo plusieurs de ses titres mythiques (Babylone, Le bord de la route, Un dernier blues, plus la peine de frimer...) avec sa bande d'amis dans laquelle on retrouve Kad Merad, Florent Pagny, Bernard Lavilliers, Jean Jacques Milteau, TRYO, Sanseverino, Fratoun (chanteur des Guetteurs), Yves Jamait, Joniece Jamison. Mais Bill ne regarde pas uniquement dans le rétroviseur. Il sait encore se projeter en avant en donnant de nouvelles et très jolies couleurs à ces anciens titres, en en proposant de nouveaux inédits démontrant que l’inspiration est toujours parfaitement au rendez-vous… mais aussi en indiquant une dimension spirituelle encore plus vaste et fondamentale.

    Car oui, Bill Deraime n’est pas un artiste comme tous les autres. Peut-on d’ailleurs être un vrai bluesman et ressembler aux autres ? Bill ne sépare pas en tout cas toute cette dimension spirituelle et humaine de ses mots et de sa musique.  J’ajouterai même de sa vie tout simplement. Pas de faux semblants ou de discours fabriqués mais de l’authentique avec des fêlures, de la joie, de l’humour, des doutes, des interrogations et de la foi et de l’espérance. 

    Nouvel Horizon, le titre de l’album, l’indique d’ailleurs parfaitement en reprenant les mots de la première chanson, tout simplement admirable tant dans ses qualités artistiques propres que dans le message dévoilé qui résume l’esprit Deraime et celui de cet album : 

    « Allez-vous m’aider à chanter ma chanson / Jusqu’à la fin chanter un chant d’libération / Pour imaginer un nouvel horizon »

     Ou encore dans son dernier couplet :

    « Assez parlé, divisé, dominé, / C’est l’esprit seul qui nous rassemble / Assez jugé, classé, assassiné, / Pensons plutôt l’avenir meilleur pour vivre ensemble. / N’ayons plus peur à chaque matin sa peine / Demain déjà luit dans la nuit d’aujourd’hui / Qui sème le vent de la tendresse humaine / Moissonne les champs dorés de l’infini. »

    BILL DERAIME

    Pour revenir sur l’aspect artistique, Nouvel Horizon nous ballade dans les rythmique et l’univers de l’artiste : Blues évidemment, mais reggae, ballades, boogie, et ambiance Nouvelle-Orléans (avec même une pointe de culture amérindienne). Comme toujours, car c’est une constante chez Bill, on retrouve autour de lui une équipe musicale remarquable. Alors ça tourne, ça groove et ça offre une toile quasi parfaite pour que la voix grailleuse du barbu blanchâtre aux 70 balais vienne se poser pour distiller ses textes qui font tellement sens aujourd’hui encore. Et puis il y a tous ces duos plutôt vraiment sympas et bien vus comme celui avec Kad Mérad sur la reprise d’Otis Redding. Vrais coups de cœurs perso aussi pour L’enfer avec Lavilliers (titre qui lui colle avec une justesse étonnante) ou pour la revisite de Babylone avec Tryo. Concernant L’enfer, Bill Deraime explique que cette chanson est dédiée au collectif Les Morts de la Rue. Florentine, son épouse, et lui appartiennent à ce collectif qui se charge des enterrements des gens qui meurent dans la rue, pour leur éviter la fosse commune. Pour qu’ils soient enterrés dignement, avec une petite cérémonie. La phrase clé du titre, c’est « Et l’homme créa l’enfer » précise-t-il. C’est une chanson reptilienne, qui convie à un voyage intérieur. 

    Les inédits sont aussi bienvenus et par exemple ce Raymond. Bien différent de celui de Carla, ce Raymond là, c’est Ray Charles, bien sûr, mais c’est aussi l’histoire d’un mec qui part sur les routes du blues, là-bas, de l’autre côté de l’Atlantique. C’est une chanson blues funky, au sourire en coin, dédiée à son ami Chris Lancry.

    Et pour finir, je reprendrai simplement les propos élogieux du magazine RollingStone d’une grande justesse : Cet opus nous fait passer du rire aux larmes, de l’espoir à la fin éternelle, de la grandeur de l’homme à sa fragile humanité. Bill Deraime donne une grande leçon de blues, et vise juste.

    Enfin, sachez que Bill débutera ensuite une tournée anniversaire… et même si l’album est un vrai régal… Bill sur scène c’est tout simplement vrai et merveilleux !

     

     

     


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    Steven Soderbergh et Scott Frank se retrouvent 20 ans après leur film « Hors d’atteinte » afin de créer le premier western original de la plateforme américaine Netflix sous la forme d’une mini-série flamboyante de sept épisodes mêlant habilement l’ADN du genre à des thématiques contemporaines. 

    GODLESS

    Godless, c'est l'histoire d'une petite bourgade du Nouveau-Mexique, appelée LaBelle, fondée par des pionniers, où l'on ne trouve... que des femmes ! Les hommes sont morts à la mine, quelques mois plus tôt. Tous les hommes, ou presque. Ne restent plus en ville que le Shérif et son très jeune adjoint. Alors en cette fin de XIXe siècle, dans cette région encore indomptée de l'Amérique, les filles de LaBelle se retrouvent livrées à elles-mêmes, obligées de prendre leur indépendance et de s'émanciper. Ce que certaines acceptent naturellement, et d'autres moins. Mais tout va être remis en question par l'arrivée impromptue d'un cavalier grièvement blessé, en pleine nuit, aux abords du ranch d'Alice Fletcher. Roy Goode est un hors-la-loi. L'un des hommes de main du terrible Frank Griffin et de sa bande. C'est même le chouchou, le petit protégé du boss. Or, Roy a décidé d'arrêter la vie de Desperado. Il s'est fait la malle, avec le butin du dernier braquage. Fou de rage, Griffin met alors l'Ouest à feu et à sang pour le retrouver. Une traque impitoyable, qui va inexorablement le mener à LaBelle...

    Comme je l’évoquais en introduction, la grande force de cette série est de nous proposer là d’abord un vrai western épique avec tous les éléments incontournables (Chevauchées, paysages façonnés dans une immensité sauvage, musique country, fusillades, bagarres, rodéo, saloon, prostituées… oui il y en a souvent aussi dans les westerns, et puis des personnages typiques et divers – un hors la loi au grand cœur, une jolie fermière brut de décoffrage mais surtout aussi très fine gâchette, quelques indiens indispensables mais parfois drôles également, un chef de bande totalement psychopathe, un shérif amoureux à la psychologie un peu compliquée… et j’en passe !)…

    GODLESS

    Tout ça donc, très classique finalement, mais avec beaucoup plus encore. Je m’explique… Steven Soderbergh et Scott Frank nous livre une série extrêmement moderne et soigné avec un dimension esthétique remarquable. Le scénario tout d’abord permet à Godless de s’attaquer à un problème contemporain avec la place des femmes dans la société. Se pose la question de la nécessité de s’adapter, plus ou moins facilement, et surtout de gagner leur indépendance contre les « règles » établies. Se développe aussi tranquillement tout au long des épisodes de nombreuses thématiques comme évidemment la vengeance, les jugements à l’emporte-pièce qui enferment et détruisent, le racisme. On y parle de souffrances psychologiques mais aussi d’art, d’amour, de bienveillance. On y trouve en somme une vraie analyse sociologique de l’Amérique sauvage. Et puis on peut se poser aussi pour entrer dans une forme de contemplation grâce à une photo vraiment remarquable, avec des prises de vues léchées et du temps donné juste pour ça, amplifié par la somptueuse musique de Carlos Rafael Rivera. Et encore une fois tout ça avec un western âpre, brutal et sans concession au genre.

    GODLESS 

    Coup de chapeau bien sûr à la réalisation hors-pair de Soderbergh et Franck qui balancent avec virtuosité dans leur approche filmique entre Sam Peckinpah, Terrence Mallick, jusqu’à rejoindre dans un final explosif, infernal et en même temps éblouissant, l’immense Tarantino. Un vrai régal qui n’aurait malgré tout pas la même saveur sans ce casting prestigieux offrant dans la même série Jack O'connell, l’exceptionnel Jeff Daniels, les magnifiques Michelle Dockery et Christiane Seidel, mais aussi Scott McNairy, Thomas Brodie Sangster et l’excellente Merritt Wever.

    Bon et puis pour finir, même si cette mini-série est construite comme une saison unique, on peut imaginer, rêver que le succès rencontré pourrait finalement malgré tout donner des envies de reviens-y qui ne me déplairait aucunement… Mais cela, c’est une autre histoire !


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    En ce début d’année, l’occasion m’est donnée de vous parler d’un calendrier pas tout à fait comme les autres. Mon calendrier protestant, publié par les éditions Olivetan à l’occasion des 500 ans de la Réforme, est un ouvrage original et extrêmement pratique.

    Mon calendrier protestant est une sorte d’almanach, un calendrier perpétuel qui vous permettra chaque jour de l’année de zoomer sur un événement ou une personne en lien avec le protestantisme. Pour se faire un titre résume la chose et s’accompagne d’un court texte de qualité, pédagogique et concis. Il est écrit de telle manière qu’on ne se lassera pas de jeter un coup d’œil, soit de façon organisée jour après jour, soit au hasard des pages ouvertes comme on lit une anecdote dans un recueil ou un magazine.

    Mon calendrier protestant

    Avec Mon calendrier protestant c’est aussi l’occasion de développer sa culture protestante, de développer quelques racines supplémentaires, de s’inscrire dans une histoire parfois lointaine mais aussi souvent contemporaine. On apprendra ainsi, par exemple, que le 14 avril 1570 était signé le consensus de Sandormierz unissant trois courants du protestantisme en Pologne mais aussi, plus près de nous, que le 16 juin 1974 était fondé l’ACAT par deux protestantes interpellées par la question de la torture pratiquée au Vietnam.

    Le 28 juillet sera l’occasion, en se rappelant que ce jour-là, en 1685, décédait le compositeur Jean-Sébastien Bach, d’évoquer quelques œuvres de l’artiste qui les signait en donnant Gloire à Dieu. Mais aussi que le 5 septembre 1677 naissait Abraham Mazel, prophète et combattant, connu comme ayant été le premier et le dernier des camisards.

    Mon calendrier protestant

    À noter également l’idée ingénieuse de faire de Mon calendrier protestant non pas seulement un sympathique bouquin qui vulgarise l’histoire protestante (ce qui en soit n’est déjà pas une mauvaise chose !), mais de le proposer comme un calendrier perpétuel dans lequel personnellement je peux ajouter chaque jour des commentaires ou y greffer un peu de mon histoire. Des lignes sont en effet là offertes à mon écriture en bas de pages…

    Et puis enfin de façon pragmatique, sachez qu’un index des noms et des événements permet de retrouver plus rapidement un texte en particulier dans ce joli livre de 392 pages vendu au prix de 19 €.

     

    Disponible chez votre libraire ou directement en cliquant ici 


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