• Cet été me permet de faire un rattrapage sur certaines séries ou films que j’avais mis de côté… pour plus tard. « This is us », sortie en septembre 2016 sur NBC puis en France en début d’année sur Canal+, en faisait partie. On en avait beaucoup parlé, présentée comme l’une des grosses séries de l’année, et donc mon attente était légitimement forte mais aussi curieuse. Verdict : Magistral ! On touche à la perfection et le bonheur est immense à déguster cette fresque familiale atypique, drôle, touchante et réalisée et montée comme une pièce d’orfèvrerie.

    THIS IS US 

    Quatre personnages principaux nés le même jour deviennent l’argument pour nous raconter la vie, les joies et les malheurs d'Américains moyens : Un couple qui s'apprête à avoir des triplés, un acteur de sitcom frustré, une obèse qui peine à perdre du poids et un homme d'affaires noir adopté par des blancs à la recherche de son père biologique. Oui, clairement au départ on flirte avec la caricature qui peut nous faire craindre le pire… mais c’est bien le meilleur qui surgit et dès le premier épisode pilote qui est une pure merveille.

    Cette fresque se joue en fait sur trois générations en forme d'album de famille, celui des Pearson et de tous ceux qu'ils ont croisé entre les années 1980 et aujourd'hui. Un mélodrame d’une immense délicatesse, capable de titiller nos glandes lacrymales avec mesure, de mêler une géniale bande originale et une prose subtile, des retournements de situation et beaucoup de cohérence émotionnelle et narrative. Le créateur de This is us, Dan Fogelman, parvient à connecter toutes ses intrigues, à imaginer des personnages entiers, tous attachants. Et pour se faire, il use d’une méthode peu conventionnelle mais qui fonctionne parfaitement : refuser la linéarité temporelle en jonglant constamment dans l’espace temps de cette famille, du passé au présent… hier, aujourd’hui, retour avant-hier… La narration ambitieuse entrecroise ainsi les destinées liées de ces quadras, et change de temporalité avec fluidité.

    THIS IS US FAMILLE 

    Cet apparent périlleux choix permet pourtant de nous livrer l’histoire comme on se confie progressivement à un ami. On apprend, on comprend les choses petit à petit. Rien ne nous est jeté à la figure violemment mais plutôt proposé avec tact et douceur. Il y a ainsi une forme d’art de la subtilité dans This is us porté par une mise en scène sobre mais classieuse, un montage au scalpel qui donne une efficacité redoutable, les apports régulier d’une musique et de chansons qui tombent toujours à pic, un jeu d’acteurs quasi parfait et d’égal niveaux pour tout le casting (même les enfants sont remarquables), et un script de haut vol avec des répliques vertigineuses. 

    THIS IS US CASTING

    Enfin il faut évoquer les thématiques nombreuses et empreintes de simplicité à la fois. Des sujets universels, proches de nous, proches de chacun en fait qui peut ainsi s’y retrouver même si la culture américaine est bien présente mais non éloignante de nos réalités propres. On y parle bien sûr de famille, d’amitié, d’identité, d’addictions, d’intégration, de frustrations, de souffrance, de maladie, de mort, de rédemption, de pardon, de secrets… mais on y parle surtout d’amour ! Et justement, « Il est temps de rappeler que, dans la vie, la clé est l’amour, et non la haine ou la peur » souligne le comédien Ron Cephas Jones, interprète du père qui a abandonné son enfant.

    Mais au delà de ces thèmes évoqués, This is us est une histoire de transmission. Transmission de valeurs, d’une Histoire faite d’habitudes, de traditions, de culture, de souffrances, de névroses aussi. Cette série travaille sur la substantielle pâte de l'humain dans ce qu'il a de plus beau mais aussi de plus complexe à la fois. Elle défend ainsi l’idée d’une thérapie systémique cherchant à aborder les gens non seulement au niveau individuel, mais dans une compréhension globale portant sur les interactions de groupes et les caractéristiques du système dans lequel ils vivent.

    Pour info, This Is Us, dont la première saison s’est achevée, outre-Atlantique, sur une audience record de 13 millions de téléspectateurs en deuxième partie de soirée, a déjà été reconduite pour les saisons 2 et 3. Et je n’attendrai pas l’été prochain pour la regarder la saison 2…


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  • Bonne nouvelle : La plus importante compagnie de danse contemporaine américaine est de nouveau à Paris avec un répertoire qui s’enrichit. L’Alvin Ailey American Dance Theater est en effet l'invité de l'édition 2017 du festival les Étés de la Danse, du 4 au 22 juillet à la nouvelle Seine Musicale.

     

    ALVIN AILEY PARIS 2017

    Cette compagnie, fondée en mars 1958 à New-York par l’emblématique Alvin Ailey, danseur et chorégraphe afro-américain est la référence absolue en matière de contemporain et modern-jazz. Avant de mourir en 1989, Alvin Ailey désigne sa sublime danseuse Judith Jamison pour lui succéder qui, à son tour, en juillet 2011, passe le flambeau à Robert Battle comme directeur artistique de la compagnie. Il continue aujourd'hui la mission de faire perdurer le répertoire d'Alvin Ailey et de faire tourner la compagnie partout dans le monde. Fondée sur la culture afro-américaine dont sont originaires la majorité de sa trentaine d'artistes et puisant son inspiration dans le blues, les "spirituals", le gospel, mais aussi dans la danse moderne de Martha Graham, la troupe présentera cette année à Paris 15 ballets, dont cinq encore jamais présentés en France, et articulés autour de cinq programmes différents (appelés A, I, L, E et Y).

    AILEY... COMME DES ANGES !

    Voir l'Alvin Ailey American Dance Theater est ainsi toujours une expérience particulière, tant cette troupe est unique en son genre. Pour moi qui ne suis pas particulièrement un expert de la discipline (et c’est un euphémisme), chaque occasion de les voir est un vrai plaisir, une sorte d’émerveillement pour mes yeux et mes oreilles. Car, s’il s’agit avant tout de danse (je trouve malgré tout le terme réducteur tant la grâce abonde dans la gestuelle, les envolées et autres mouvements de groupe), la bande son qui accompagne chaque ballet est aussi une pure merveille : Rien de moins par exemple pour cette tournée parisienne que des traditionnels spirituals, Dizzy Gillespie, Astor Piazzolla, Les Tambours du Bronx, Nina Simone, Ella Fitzgerald, Tito Puente, John Coltrane, Duke Ellington, la poésie de Carl Hancock Rux, la voix de Martin Luther King ou encore les notes d’Arvo Pärt. Excusez du peu… et la liste est loin d’être exhaustive !

    AILEY... COMME DES ANGES !

    Enfin dernière raison pour vous convaincre de réserver votre place (mais dépêchez-vous, il n’y en aura pas pour tout le monde !), l’occasion rêvée de découvrir un nouveau haut lieu du spectacle parisien avec la grande Seine Musicale et ses somptueuses 4.000 places qui devrait offrir le plus beau des écrins à ce bijou unique qu’est l'Alvin Ailey American Dance Theater.

     

    Infos et réservation : billetterie.laseinemusicale.com
     

     

     

    Programme du Gala - Mardi 4 juillet

    Blues Suite (extrait - Alvin Ailey / Chants traditionnels)

    Ella (Robert Battle / Ella Fitzgerald)

    r-Evolution, Dream (extrait - Hope Boykin / Ali Jackson))

    Untitled America (extrait - Kyle Abraham / Laura Mvula, Raime, Carsten Nicolai, Kris Bowers et chants traditionnels)

    After the Rain Pas de Deux (Chrisopher Wheeldon / Arvo Pärt)

    The Winter in Lisbon (extrait - Billy Wilson / Dizzy Gillespie, Charles Fishman)

    Piazzolla Caldera (extrait - Paul Taylor / Astor Piazzolla, Jerzy Peterburshsky)

    The Hunt (extrait - Robert Battle / Les Tambours du Bronx)

    Four Corners (extrait - Ronald K. Brown / Carl Hancock Rux, Rahsaan Roland Kirk, Yacoub)

    In/Side (Robert Battle / Nina Simone)

    Revelations (Alvin Ailey / Chants traditionnels)

     

    Programme A - Mercredi 5 juillet, jeudi 13 juillet, mardi 18 juillet et samedi 22 juillet

    The Winter in Lisbon (Billy Wilson / Dizzy Gillespie, Charles Fishman)

    Piazzolla Caldera (Paul Taylor / Astor Piazzolla, Jerzy Peterburshsky)

    Ella (Robert Battle / Ella Fitzgerald)

    Revelations (Alvin Ailey / Chants traditionnels)

     

    Programme I - Jeudi 6 juillet, samedi 8 juillet en matinée, mercredi 12 juillet et vendredi 14 juillet

    r-Evolution, Dream (Hope Boykin / Ali Jackson)

    Open Door (Ronald K. Brown / Luis Demetrio, Andy Gonzalez, Tito Puente)

    In/Side (Robert Battle / Nina Simone)

    The Winter in Lisbon (Billy Wilson / Dizzy Gillespie, Charles Fishman)

     

    Programme L - Vendredi 7 juillet, mardi 11 juillet, samedi 15 juillet et jeudi 20 juillet

    Exodus (Rennie Harris / Raphael Xavier, Ost & Kjex)

    No Longer Silent (Robert Battle / Erwin Schulhoff)

    Revelations (Alvin Ailey / Chants traditionnels)

     

    Programme E - Lundi 10 juillet, mercredi 19 juillet et samedi 22 juillet en matinée

    Night Creature (Alvin Ailey / Duke Ellington)

    Cry (Alvin Ailey / John Coltrane, Laura Nyro, The voices of East Harlem)

    Blues Suite (Alvin Ailey / Musique traditionnelle)

    Revelations (Alvin Ailey / Chants traditionnels)

     

    Programme Y - Samedi 8 juillet, samedi 15 juillet en matinée, lundi 17 juillet, vendredi 21 juillet

    Four Corners (RonaldK. Brown / Carl Hancock Rux, Rahsaan Roland Kirk, Yacoub)

    After the Rain Pas de Deux (Christopher Wheeldon / Arvo Pärt)

    In/Side (Robert Battle / Dimitri Tiomkin)

    Ella (Robert Battle / Ella Fitzgerald)

    The Hunt (Robert Battle / Les Tambours du Bronx)

    Exodus (Rennie Harris / Raphael Xavier, Ost & Kjex)


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  • Rencontre avec David Reinhardt, guitariste de jazz et petit-fils de Django Reinhardt, le vendredi 21 avril 2017, à quelques jours de la sortie du film Django, réalisé par Etienne Comar. 

    Jean-Luc Gadreau et David Reinhardt 

    Jean-Luc Gadreau et David Reinhardt

    Une présentation rapide David

    Je suis donc David Reinhardt. Mon père s’appelait Jean-Jacques Reinhardt ou Babik. Il était guitariste, compositeur. C’était l’un des fils de Django.

    Comment avez-vous été en lien avec la production de Django ?

    Etienne Comar, le réalisateur du film m’a contacté pour m’expliquer la vision de son film. L’idée étant de se consacrer uniquement à deux années de son histoire. Ce fut d’abord une vraie surprise pour moi. J’avais toujours imaginé un biopic sur l’ensemble de sa vie, sans besoin de romancer tellement son histoire et son destin ont été incroyables, hors du commun. Etienne Commar souhaitait d’ailleurs s’inspirer d’un roman Folles de Django. Nous en avons parlé avec mes frères et sœurs en réalisant qu’il n’y avait jamais rien eu au cinéma sur mon grand père. Il y avait eu certes de beaux documentaires, également des projets de long métrage, dont un avec Andy Garcia pour jouer le rôle de Django, mais ils avaient tous avortés. Donc là, on s’est dit que ça valait la peine, ce qui n’empêche d’ailleurs pas qu’un jour un vrai biopic puisse être réalisé.

    Que pensez-vous alors du film Django ?

    Je l’aime beaucoup globalement. Au départ, j’ai été étonné par l’idée d’Etienne Comar de vouloir travailler avec de vrais Manouches. Pour moi, être acteur c’est un métier et je ne voyais pas comment cela pouvait fonctionner. Mais il était sûr de lui. Et finalement, en regardant le film, je trouve qu’ils sont aussi bons que les acteurs professionnels. Ils sont naturel et physiquement ils ont évidemment la gueule de Manouches, les attitudes, le parlé, l’accent et ça fait obligatoirement vrai ! Je pense que c’est l’un des seuls films où l’on voit des gitans qui ne sont pas des caricatures façon les démons de Jésus. Donc, je suis très content à ce niveau là.

    les manouches dans Django

    Extrait scène Django dans le camp Manouche

    Vous êtes intervenu sur le film ?

    Je les ai conseillé sur des aspects culturels. J’ai participé au scénario et je les ai mis en contact avec Alain Antonietto qui est un passionné de la musique de mon grand-père, du peuple Tzigane et du jazz en général, et qui connaît ma famille depuis cinquante ans. À nous deux, on a essayé de gérer cet aspect conseil. J’aime beaucoup plein de choses dans le film. Il y a de belles images et puis mon arrière grand mère, Negros, qui est magnifique. Ce qui me plait aussi énormément, c’est ce choix de mettre en toile de fond la Seconde guerre mondiale et les persécutions des nomades en France. Il y avait eu Liberté de Tony Gatlif mais là on va encore un peu plus loin et je suis content de ça. 

    Qu’avez-vous pensé de la musique dans le film, étant vous-même guitariste ?

    On avait abordé cette question avec Etienne Comar et il m’a expliqué la nécessité de réenregistrer la musique pour des questions techniques et de rendu sonore. Mais il fallait retrouver le même jeu et les mêmes solos que Django. Alors je lui ai présenté les trois meilleurs, qui se rapprochent le plus de la technique de mon grand père, et finalement on a délibéré sur le hollandais Stochelo Rosenberg. J’étais content que ce soit lui car je l’apprécie énormément tant musicalement qu’humainement. Il a du apprendre précisément les solos de Django et a donc réenregistré la musique. Et c’est vraiment pas mal du tout. Et puis il y a le final avec la direction de cette Messe. Je trouve que cette scène de fin est magnifique. Il faut savoir que Django a véritablement dirigé ce requiem dans cette salle là, l’institut des jeunes aveugles, en 1945, et avec le même costume que porte Reda Kateb. Sauf que l’on a juste retrouvé un fragment de la partition qui a été égarée. Donc le compositeur Warren Ellis a du s’inspirer de ce fragment et développer une œuvre très belle, très forte. Cette scène de fin m’a bouleversé avec en plus ces images des internés dans les camps. C’est vraiment très fort ! Il faut savoir aussi que Django était passionné par le classique, le baroque de Bach. Il a eu contact et travaillé avec des guitaristes classiques comme Ségovia, Lagoya ou Ida Presti. Il a plus tard beaucoup écouté Ravel, Debussy, Gabriel Fauré et même après, vers la fin, a découvert Bartok. Il était très attiré par tout ça.

    Django Reinhardt

    Django Reinhardt

    Vous avez peut-être aussi quelques distances sur certaines choses dans le film ?

    Oui, quelques retenues en fait, surtout sur les parties romancées. Django, c’est mon grand père et je connais bien son histoire. Je sais qu’elle était tellement remplie que l’on n’avait pas forcément besoin d’en ajouter, mais après c’est la vision du réalisateur et je la respecte. Il fallait une petite histoire romantique… Sinon aussi, Reda Kateb, même si sa performance d’acteur est très bonne, physiquement il ne ressemble pas du tout à mon grand père. Pour le grand public qui ne le connait pas trop c’est pas vraiment gênant mais pour moi, c’est pas pareil. Et puis dans la façon de parler, il a un langage d’aujourd’hui et je trouve que ça décale un peu. On est dans les années 40 et ça fait bizarre. Mais sinon, pour moi, ça va.

    Et alors pour vous, comment cet héritage musical a été vécu ?

    Mon grand père a eu plusieurs périodes dans sa vie. Il a évolué et a toujours cherché à être à la pointe, à l’affut de ce qui se passait artistiquement. Donc après sa tournée avec Duke Ellington aux Etats-Unis, où il a écouté Dizzy Gillespie, Charly Parker, la naissance du Be-bop, il s’est mis un peu en retrait à Samois-sur-Seine. Il s’est mis à la peinture, il pêchait, il jouait au billard, le temps en fait que ce qu’il avait entendu fasse son chemin en lui. Quand il revient en 1947-48-49, on voit l’évolution jusqu’en 1953, où là il joue vraiment du Be-bop et ça flirte avec le Jazz cool et même aux portes du Hard-bop. Mais cette année-là il meurt hélas précipitamment à quarante deux ans d’une congestion cérébrale.

    Django et Babik   Django et Babik

    Django et Babik

    Mon père a neuf ans à l’époque et il reprendra la guitare à quinze ans. On est fin des années 50 et le swing est devenu ringard et c’était le Be-bop qui était dans le coup, ce que les jeunes voulaient jouer. C’était le jazz américain… à la guitare, Wes Montgomery, Joe Pass, Tal Farlow, Jimmy Raney. En fait, c’était la continuité de Django 53, et toute la génération de mon père avait logiquement suivi… des guitaristes comme Christian Escoudé, René Mailhes et d’ailleurs aussi Joseph Reinhardt, Nin-nin, le frère de Django, mais aussi Lousson le demi-frère de mon père. Ils avaient tous le regard porté vers les Etats-Unis et ce qui se passait musicalement. On ne jouait plus non plus sur des guitares acoustiques mais ce qui était dans le coup c’était des Harchtop, des électro-acoustiques jazz Gibson. Et mon père s’est lancé là-dedans, avec ses influences Reinhardt.

    Babik Reinhardt

    Babik Reinhardt

    Moi, j’ai grandi avec tout ça, avec des tas de musiciens chez nous. Nous vivions en maison et partions sur les routes en caravane juste les mois d’été. J’ai grandi en écoutant à la fois la musique de Django mais aussi tous ces nouveaux styles. Au plus loin que je me souvienne, deux ans, deux ans et demi j’ai toujours eu une guitare dans les mains et je voulais imiter mon père. J’étais attiré par la musique alors que mes frères et sœurs ne l’étaient pas. Et vers l’âge de 12 ans j’ai compris que c’était mon rêve mais qu’il fallait travailler et alors je m’y suis mis. J’ai pris des cours avec le guitariste Frédéric Sylvestre, un très bon musicien et pédagogue qui avait entre autre joué avec Eddy Louiss. Et puis j’ai fait quelques mois de cours à l’école de jazz le CIM, à Paris. J’ai aussi appris avec mon père mais il n’était pas très pédagogue mais il m’a par contre fait écouté beaucoup de musique. Il m’a expliqué la musique en fait. Il est mort un mois avant mes quinze ans. J’étais encore débutant mais on m’a demandé de rendre hommage à mon père et grand-père et je me suis retrouvé très vite sur les plus grandes scènes de jazz dans le monde entier avec des fabuleux musiciens.

    David Reinhardt jeune  David Reinhardt

    David Reinhardt jeune

    Ca a été une formation atypique, difficile mais très bonne aussi. J’avais mon trio et on a enregistré plusieurs CD et j’ai fait aussi un DVD pédagogique de guitare manouche.

     

    Et puis un jour vous allez vivre une expérience qui va changer pas mal de chose ?

    Fin 2009, je me suis marié avec Lady. Et début 2010, c’était le 100ème anniversaire de la naissance de mon grand père et donc j’ai énormément joué. Je n’étais jamais chez moi, toujours sur la route et en plus j’étais très égoïste avec une vie de musicien et tout ce qui va avec… Ma femme le vivait très mal. Ça a duré deux ans comme ça. Lady avait grandi dans un foyer chrétien. Son père était prédicateur. Elle s’était faite baptisée à l’âge de quinze ans puis s’était éloignée de Dieu. Et c’est là que nous nous étions rencontrés. Mais sa foi était toujours là, en elle.

    Lady et David Reinhardt

    Lady et David

    Et du côté Reinhardt, la foi a-t-elle eu une place auparavant dans la famille ?

    En fait ma grand-mère, que je n’ai pas connue non plus, après la mort de Django, a rencontré le Seigneur et s’est faite baptiser. De son côté Django avait la foi mais c’était plus un simple héritage catholique. Par contre, il avait du respect pour ces choses-là. 

    Et donc c’est compliqué dans votre couple ?

    Oui. Lady le vit très mal. Elle frôle la dépression, anorexie, boulimie… elle pleure beaucoup. Et un jour elle se souvient de ce verset de la Bible qui dit que « quand un malheureux crie, l’Éternel le délivre de toutes ses détresses ». Alors, c’est ce qu’elle a fait. Elle est retournée ainsi à l’Église et moi, en un rien de temps, j’ai découvert une autre personne. Elle me parlait beaucoup de tout ça. Moi je vivais à deux cent à l’heure et je ne m’étais jamais préoccupé de Dieu véritablement, de l’éternité. J’y croyais plus ou moins, à ma façon. Il y eu alors curieusement une période où j’ai eu moins de concerts, plus de temps à moi. Je voulais voir où elle allait quand même. Et donc je suis allé à l’Église et j’ai commencé à m’interroger. Et je me suis rendu compte que je n’avais jamais lu la Bible. Je ne pouvais, selon moi, la critiquer que si je la connaissais, et donc j’ai commencé à la lire. Et en la lisant, tout simplement la foi a germé dans mon cœur et j’ai vraiment accepté Dieu. C’était le jour de Noël et comme d’habitude j’avais fait la fête, beaucoup bu et en rentrant chez moi je me suis mis à prier en disant « Seigneur, je ne veux plus de cette vie là ! ». Je lui ai demandé pardon… Je n’ai rien vu, rien ressenti de particulier. J’étais dans ma caravane. Je me suis couché. Et puis j’ai persévéré, fait quelques expériences… ça a duré quelques jours. Je ne comprenais pas trop que rien ne se passe. Et un dimanche je suis allé au culte et j’ai vraiment fait là une expérience formidable. J’ai ressenti que Dieu me parlait et ça a été pour moi ce que Jésus appelle la « Nouvelle naissance ».

    Musicalement, ça a eu des conséquences ?

    Non au départ pas vraiment. C’était mon boulot. Alors oui, j’ai changé de comportement mais je continuais tranquillement les concerts. Jusqu’au jour où j’ai senti le besoin de me rapprocher d’autres chrétiens. Je ne voulais pas obéir à un mouvement quelconque et avoir de la pression, mais naturellement Dieu, là encore, a dirigé les choses, nous a donné de vivre diverses expériences dont la joie de la naissance de nos jumeaux alors que nous n’arrivions pas à avoir d’enfants depuis cinq ans, et aujourd’hui ma musique s’accompagne de mon témoignage, du partage de ce que je crois. Je peux jouer partout mais ma façon de fonctionner est claire et donc je travaille surtout avec des communautés chrétiennes tout en continuant d’enseigner et de faire des master-class.

    David Reinhardt

    David Reinhardt Spiritual Project


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  • Si le suicide des adolescents est une véritable tragédie dont hélas on ne se préoccupe sans doute pas suffisamment, cette question revient pourtant actuellement sur le devant de la scène "internet", étonnamment au travers d'une série TV, "13 reasons why" diffusée par Netflix. 

    13 reasons why

    Il faut savoir que le suicide est la première cause de mortalité chez les adolescents. Mais en plus le nombre de suicides dits "réussis" est sans commune mesure avec le nombre de passages à l’acte suicidaire dont la fréquence est au moins trente fois supérieure. Cependant, toute tentative de suicide révèle toujours une souffrance psychique. Chez un adolescent ce n’est jamais une conduite anodine à mettre sur le compte d’une « crise d’adolescence ». Elle ne doit jamais être banalisée, si minime soit-elle dans sa dangerosité.

    Depuis le début du mois d’avril, Netflix diffuse une série intitulée 13 reasons why, une adaptation du roman 13 raisons de Jay Asher. Et cette série est en train de faire le buzz, de devenir le phénomène du moment. Son succès a été si fulgurant qu’elle figure parmi les sujets les plus repris sur les réseaux sociaux aux Etats unis et commence à faire beaucoup parler en France aussi… Des micros blogs se créent et les forums abondent autour de la série mais plus largement autour de la question du suicide des ados. 

    L’histoire commence juste après le suicide d’Hannah Baker, une élève de première dans un lycée américain ordinaire. Mais on découvre que la jeune femme, avant sa mort, a enregistrée 7 cassettes audio, et chaque face raconte l’une des raisons de son acte… pointant du doigt ainsi les personnes qu’elle considère responsables de son mal-être… et de sa mort.

    13 reasons why cassettes

    La première chose à relever est sans doute que la série est excellente. Originale par la forme, très bien produite, réalisée et jouée, elle réussit à captiver le spectateur très vite pour ne plus le lâcher jusqu'à la fin de la saison. Mais le sujet qui nous intéresse là va au-delà de ces simples critères. Cette série traite de sujets lourds, difficiles et prégnants dans notre monde contemporain. Et l'on peut dire que le point extrêmement positif est que la série a touché le public par la façon intelligente et sensible dont elle traite la période transitoire de l’adolescence. Elle met en avant différentes problématiques sociales qui ne sont pas souvent abordées, telles que le suicide donc, mais aussi le voyeurisme, les attouchements, les rumeurs, le viol ou le harcèlement scolaire. Elle a également séduit par sa volonté de représenter différents milieux sociaux en mettant notamment en avant des personnages plus profonds qu’ils n’y paraissent. Au-delà du mal-être d’Hannah, la série nous immisce dans l’intimité de ses camarades, de sa famille, qui, malgré leurs erreurs qui ont contribué à la tragédie, ne sont pas diabolisés. Le sentiment de solitude et d’isolement d’Hannah crève évidemment l’écran. Et cette série devient donc une aide à la parole, elle délie les bouches sur des sujets souvent tabous. Il y a alors un côté éducatif qui apparaît, une sorte d’aide à la prévention sans doute dans tout ça.

    Mais d’un autre côté, 13 reasons why peut sans doute aussi mettre parfois mal à l’aise. El les avis de spécialistes divergent sur le bien-fondé ou non de la série. Certaines associations impliquées dans ces questions ont quelques inquiétudes. Le risque d’identification notamment, avec entre autre la scène du suicide… l’effet culpabilisant derrière ces fameuses cassettes et ce qu’elles révèlent et une certaine approche fataliste de la situation.

    Pour conclure, comme tout ce qui touche à des sujets aussi difficiles, il y a besoin sans doute d’une certaine vigilance dans la façon d'aborder 13 reasons why MAIS… surtout, besoin de réentendre là l'importance de ne pas faire de ces sujets des tabous que seul des spécialistes peuvent traiter. Il faut en parler ! C’est vital… et c’est le cas de le dire là, en l’occurrence. Et puis, tout cela révèle encore un peu plus une vraie désespérance profonde qui hélas est beaucoup trop présente et qui fait des ravages dans nos sociétés contemporaines, en particulier chez les jeunes. Alors, tout ce qui peut aider à la combattre est bon, il me semble. Et nous pouvons tous devenir aussi acteur de ce combat, en particulier si la foi en nous façonne une espérance solide et sûre.


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  • Du 14 au 17 juin 2017, Paris accueillera le 19ème Festival de télévision européen de programmes religieux. Un événement qui se déroule tous les trois ans dans une grande ville européenne. La semaine passée, le jury de pré-sélection s’est réuni pour visionner l’ensemble des films inscrits et établir ainsi la sélection officielle de l’édition 2017.

    WACC SIGNIS TVFEST logo

    Créé en 1969, le Festival de télévision européen de programmes religieux est une occasion unique de présenter et de récompenser les meilleurs programmes de télévision européens qui traduisent et explorent les valeurs en lien avec la religion, la foi et l’éthique, dans la société d’aujourd’hui. Si les deux structures internationales, SIGNIS du côté catholique et la WACC pour les protestants sont les porteurs de l’événement, la Fédération Protestante de France au travers notamment de son service télévision et le Comité Français de Radio Télévision (producteur notamment de l’émission dominicale Le jour du Seigneur), ont été missionnés pour organiser localement les choses.

    Du 3 au 7 avril, un premier jury s’est réuni dans les locaux du CFRT pour visionner 70 productions provenant de toute l’Europe et inscrites pour le festival. Charge, ô combien importante, pour ses membres de sélectionner celles qui leurs semblent les plus pertinentes pour être présentées au mois de juin aux festivaliers et postuler pour recevoir les prix décernés par un autre jury composé de personnes venant de différentes régions et cultures linguistiques. Ses membres sont des professionnels des médias.

    Finalement 30 films ont été retenus représentants 10 pays européens :

    9 productions françaises

    7 productions néerlandaises

    3 allemandes et 3 suisses

    2 irlandaises et 2 norvégiennes

    et 1 venant de Finlande, Italie, Portugal et Tchécoslovaquie

    De très belles choses qui annoncent un magnifique festival ! On remarquera un certains nombre de thématiques communes, faisant écho souvent à l’actualité : Migrants, Islam, Guerres… mais aussi de jolies approches originales sur des questions éthiques et sociétales. 

    l'entrepôt Paris

    Le Jury du Festival de télévision européen de programmes religieux remettra deux prix et éventuellement des mentions. Le premier récompensera le film qui aura été le plus apprécié dans sa globalité. Et le second reflètera des choix innovants dans le traitement du sujet choisi. Mais les festivaliers pourront aussi participer afin de donner, à l’issu de l’ensemble des projections et par un vote à bulletin secret, le prix du public.

    Ce Festival de télévision offre une fenêtre unique sur le monde des programmes de télévision religieux. Vous êtes très chaleureusement invité à y participer : une occasion pour prendre des contacts et voir certains des meilleurs programmes religieux et européens de télévision ! À noter également que la soirée d'ouverture le 14 juin se déroulera dans les locaux de France Télévision avec la présence de la présidente Delphine Ernotte.

     

    Informations pratiques :

    Du mercredi 14 au samedi 17 juin 2017.

    Les projections se dérouleront à l’Entrepôt, un espace culturel dans le 14e arrondissement.

    7 Rue Francis de Pressensé – 75014 PARIS

    Métro : ligne 13, Pernety Bus : ligne 62, Plaisance – Hôpital Saint-Joseph / Ligne 91, Place de Catalogne

     

    Frais de participation (festival)

    Jusqu'au 23 avril 2017 : 250 €

    Après le 24 avril 2017 : 300 €

    Ce prix comprend les repas, réceptions, événements sociaux, programmes…, pour la période complète du festival.

     

    POUR PLUS D'INFOS : www.tvfest.eu

     


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