• Hasard du calendrier… alors que sort ce mercredi la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, The square, où l’art contemporain est au cœur de l’histoire, la Fondation Louis Vuitton, de son côté, accueille plus de 200 œuvres issues des collections du MoMA (Musée d’Art Moderne de New York). Occasion de vous parler de ces 2 événements qui se font écho en un seul et même article.

    the square

    Alors, penchons-nous d’abord sur The Square, film du réalisateur suédois Ruben Östlund, qui s’était fait connaître précédemment avec Snow Therapy, qui pose ici un regard caustique sur nos lâchetés et interroge le "vivre ensemble" de nos sociétés en partant de l’histoire de Christian, un père divorcé qui aime consacrer du temps à ses deux enfants. Christian est conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain. Il fait aussi partie de ces gens qui roulent en voiture électrique et soutiennent les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition, intitulée « The Square », autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs : quand Christian se fait voler son téléphone portable, sa réaction ne l’honore guère… Au même moment, l’agence de communication du musée lance une campagne surprenante pour The Square : l’accueil est totalement inattendu et plonge Christian dans une crise existentielle.

    The Square est un film où l’ascenseur émotionnel fonctionne à merveille. On rit beaucoup, surtout dans toute la première moitié de l’histoire. Du rire généralement de situations, souvent grotesques, faites aussi de non dits qui parlent vrai, qui nous laissent comprendre des choses sans forcément avoir besoin de les prononcer. Et puis c’est le silence qui s’installe dans la salle obscure… silence profond face à un homme qui sombre dans une forme de chaos symbolisé admirablement dans cette scène où il se retrouve sous une pluie battante sur des poubelles qu’il éventre laissant les déchets et autres détritus se rependre autour de lui, dans l’espoir de retrouver quelques mots sur une feuille de papier. Et les sourires reviennent… mais la tension monte encore d’un cran avec cette scène ubuesque de dîner de gala, où un artiste entre, dans la peau d’un homme singe. Il s'en prend aux convives, d'abord amusés puis tétanisés, quand la créature tente de violer une femme. Le malaise se répand provoquant colère et violence. Des sentiments qui s’extériorisent quitte à en perdre même ses valeurs premières, son intégrité. C’est finalement l’un des enjeux intenses que révèle le scénario. Comment ce qui semble construire l’humain et une société sereine et bienveillante peut exploser facilement provoquant toutes sortes de réactions en chaîne ? Une critique finalement assez acerbe d’une société lissée et bien-pensante mais pourtant fragile et prête à exploser comme une enfant mendiante dans un carré. (je n’en dirai pas plus pour éviter le spoiler)

    the square 

    Et puis il y a l’art au cœur de l’histoire. Contemporain qui plus est, avec tout ce qui peut sembler de non sens ou d’arnaque… Ce « grand n’importe quoi » qui peut malgré tout émouvoir, surprendre, interpeller. Que l’on cherche à tout prix à expliquer alors que justement il n’y a pas forcément à comprendre mais juste se laisser toucher. Et la magnifique exposition « Être moderne : le MoMA à Paris » nous le rappelle aussi d’une autre façon. Depuis le 11 octobre s’est ouvert à la fondation Vuitton une exposition qui raconte l’esprit du MoMA depuis son ouverture en 1929 jusqu’à son agrandissement prévu en 2019. L’ensemble des œuvres est présenté à la fois de manière thématique et chronologique. C’est bien une magistrale leçon d’histoire muséologique suivant une chronologie de l’art bien balisée. Celle du fameux « canon » moderniste que le musée a contribué à bâtir, partant de Cézanne pour s’ouvrir ensuite aux artistes américains et enfin à une vision globale de l’art. 

    être moderne : le MoMA à Paris

    On commence donc avec les grands classiques du début de la modernité comme Cézanne, Matisse puis Picasso en passant par Hopper. Et bien sûr, on retrouve également les œuvres de l'abstraction américaine : les couleurs qui flottent de Mark Rothko ou encore les grands jets de peinture de Jackson Pollock. Les émotions sont variables, et les formes présentées le sont tout autant, car cette exposition nous présente une vision pluridisciplinaire : du roulement à billes aux dessins animés de Walt Disney, des archives de la danse au cinéma, de la photo au design, tout fait œuvre. Affiches, photos, objets, films… On se pose pour regarde le premier film Mickey en noir et blanc. On s’arrête devant la Roue de bicyclette de Marcel Duchamp. On sourit devant certaines œuvres moins évidentes comme ce « square » qui rappelle étrangement celui de Östlund. On entre dans la magnifique salle consacrée au Pop Art, spectaculaire elle aussi, et on s’arrête nécessairement devant la série des soupes Campbell d'Andy Warhol, peintes à la main, mais aussi devant une superbe Fender Stratoscaster. On réfléchit devant des œuvres qui choisissent le détournement pour devenir militante. Puis on redevient adolescent en entrant dans une guerre intergalactique, prenant les manettes du classique « Space Invaders » tout en ayant un œil sur les emojis du japonais Shigetaka Kurita, créateur original de ces amusants pictogrammes dont on ne peut plus se passer. Et enfin, cerise sur le gâteau, on ferme les yeux pour écouter le Motet à 40 voix, dans une interprétation spacialisée de « Spem in Alium Nunquam Habui », où chaque haut parleur, disposés en cercle, diffuse l’une des 40 voix pour lesquelles la partition fut écrite.

    L’expo est présentée jusqu’au 05 mars 2018, et vous laisse donc le temps de trouver un créneau pour y aller… ce serait dommage de la manquer ! Occasion, qui plus est, de découvrir cet écran sublime qu’est le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton, vous offrant notamment un panorama magnifique sur Paris et ses alentours.

     

     

    Quelques photos que j'ai prises de l'expo MoMA : 

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    MoMA

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    MoMA

    MoMA

     


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  • Un mook, contraction de « magazine » et de « book », est une sorte d’hybride entre le livre et le magazine. C’est généralement une revue privilégiant les grands reportages et les enquêtes approfondies, avec textes, dessins, photos, etc. Jésus aura prochainement son mook tiré à 100.000 exemplaires et faisant écho à la Comédie Musicale éponyme. À cette occasion, j’ai pu rencontrer Pierre Chausse, directeur de la société Première Partie qui l’éditera.

     

    PIERRE CHAUSSEPierre Chausse, racontez-nous la genèse du projet ?

    Il a été développé il y a maintenant 4 ans au Pays Bas avec la volonté de sortir un magazine à destination du grand public qui parle de Jésus avec un angle séculier. L’objectif, du point de vu chrétien, est rappeler d’abord que Jésus existe. Oui, il y a encore des gens qui croient en lui dans notre société contemporaine et ce Jésus a eu un impact très important dans notre culture, dans nos valeurs. Aux Pays-Bas, ils ont choisi comme rédacteur en chef un homme qui est un auteur de romans à succès, Arthur Japin, qui est connu pour être particulièrement anticlérical et avoir un mode de vie très peu chrétien. Ils lui ont lancé un défi : on te paie un aller retour pendant 40 heures dans le désert du Néguev en Israël. Tu seras tout seul dans le désert avec les évangiles. Tu les liras et ensuite tu dirigeras un magazine sur Jésus en tant que rédacteur en chef et tu nous expliqueras quel est ton rapport à Jésus après cette expérience. Et voilà, comment « Jezus » a été lancé. 

    Alors présentez-nous le davantage…

    Cela se présente comme un magazine d’art de vivre avec plusieurs chroniques autour de Jésus (ex : chronique Mode, chronique un peu sociale sur l’impact de Jésus dans la société Néerlandaise, d’autres choses complètement décalées qui peuvent être jugées blasphématoires par certains chrétiens sur la figure du Christ). De la réalité augmenté… On est un peu à la pointe de la technique et avec un ton qui se veut volontairement populaire, qui brasse et englobe très largement la société aujourd’hui et ses codes culturels pour présenter Jésus. En gros, mettre Jésus dans les kiosques, dans les maisons… et ensuite on laisse l’Esprit Saint agir. L’objectif n’est pas d’avoir un discours religieux mais un discourt apologétique. Parler de culturel, sans chercher à présenter des vérités de foi mais plutôt un message, une personne. Et ensuite on laisse la graine germer.

    JEZUS MAG

    Et donc pour la France ?

    Nous avons donc décidé d’adapter le magazine il y a un an maintenant et de le coupler avec la Comédie Musicale de Pascal Obispo.

    Est-ce le même texte pour la version française ?

    En partie, le texte ne sera pas le même intégralement. On reprend à peu près 40% du contenu original que l’on traduit. Il y a des rubriques par contre où l’on reprend le concept mais on va prendre un intervenant plus connu dans la société française. Typiquement il y a une chronique gastronomique, et comme nous sommes en France il était difficile de garder un chef Néerlandais, avec nos chefs français !

    (rires) Un blasphème ?

    Oui en quelque sorte (rires)… Il y a aussi des positionnement qui n’étaient pas tout à fait adaptés à la société française, globalement postchrétienne mais quand même plus latine et catholique que la société Néerlandaise, qui elle a un coté beaucoup plus libéral et hipster.

    Pascal ObispoTu parlais d’un rédacteur en chef connu pour la version néerlandaise… et en France ?

    Oui c’est Pascal Obispo qui a jouera ce rôle. Il va signer plusieurs documents. Il y aura notamment un grand entretien dans lequel il expliquera sa démarche en tant que créateur du spectacle Jésus. Il parlera également dans un autre article de l’influence de Jésus dans la musique et il signera un édito. À savoir aussi que le magazine sera vendu comme produit dérivé du spectacle à la sortie, dès qu’il sera imprimé. C’est un projet assumé en partenariat avec la comédie musicale. Nous ne reprenons pas leur image en disant « on va surfer sur l’événement… ». C’est vraiment en lien direct avec eux. 

    Graphiquement vous gardez le même design, même couverture que la version néerlandaise ?

    Globalement dans l’esprit oui, mais on change la couv. On prend Mike Massy, l’acteur qui joue le rôle de Jésus. Nous avons fait une séance photo spéciale pour le magazine.

    Donc Obispo, Mike Massy… qui d’autres comme personnalités ?

    Notre partenariat avec Sony nous a conduit à chercher des figures qui peuvent parler à tout le monde. Frédéric Lenoir, par exemple, qui sur les deux dernières années est l’auteur qui a vendu le plus de livre. Il a un discours que l’on pourrait qualifier d’humaniste sur la personne du Christ. C’est quelqu’un qui a été un chrétien mais qui maintenant à un discours intéressant sur l’angle que l’on aborde c’est à dire cet impact spirituel de Jésus sur l’imaginaire collectif.

    Nous avons également Mary Pierce dans la chronique sport. On a Jacques Le Divellec, chef renommé, trois étoiles au Michelin, qui va, dans une chronique intéressante qui s’intitule « qui avait-il dans l’assiette de Jésus ? », recréer un repas que Jésus aurait pu déguster. Le père Alain De La Morandais testera ce repas. On a des personnalités de la télévision comme Nans Thomassey de l’émission « Nus et culottés » qui fait un très beau témoignage sur ce que la figure de Jésus lui apporte. Teddy Riner également, une ancienne présentatrice de télé Frédérique Bedos qui aujourd’hui est sur un projet caritatif audiovisuel « projet Imagine ». Donc voilà des personnes intéressantes, chrétiens ou non, qui ont chacun une histoire avec Jésus.

    Avec ce mook, peut-on parler de magazine haut de gamme ?

    Oui c’est bien cela et qui sera vendu 10 € dans tous les points de vente possibles. Kiosques, librairies, grandes surfaces…

    Diffusé aussi dans les réseaux chrétiens ?

    Oui, les librairies comme la CLC, Certitude, Maison de la Bible, 7ICI, Procure, Siloé…

    Aux chrétiens, on veut expliquer que c’est un bel outil d’évangélisation. Nous allons beaucoup parler de Jésus durant les mois d’octobre et de novembre de ce spectacle donc c’est l’occasion si jamais vous avez des collègues de bureau qui disent « tiens, c’est marrant il y a un spectacle sur Jésus », de leur apporter ce mook qui présentera le message de Jésus mais qui ne sera pas en patois de Canaan. Avec, en plus, un certain nombre de « ctions » grand public qui permettent de l’offrir sans trop de prise de risques.

    Un autre atout du magazine et un élément intéressant à noter, c’est qu’il fait appel à une application Smartphone qui utilise la réalité augmentée. Il suit le cheminement de Jésus de Nazareth à Jérusalem. On a comme ça des doubles pages qui peuvent être scannées par Smartphone et qui, grâce à une vision à 360° par la réalité augmenté nous amène sur les lieux tels qu’ils sont aujourd’hui.

    Il y a, je crois, une chronique Mode ?

    C’est un travail de grande qualité qui a été fait pour la version originale et que l’on va adapter un tout petit peu. Il a été demandé à une styliste d’imaginer comment seraient habillés les personnages de l’Évangile aujourd’hui. Par la suite ces habits ont été donnés à l’Armée du Salut pour être offert à des sdf. C’est important que le message de l’Évangile se vive là… donner ses biens aux pauvres et partager.

    En fait si on feuillette rapidement ce magazine, cela peut paraître quelque chose d’un peu superficiel : mode, cuisine, sport, etc. mais l’objectif c’est d’aller au fond des choses et de montrer comment Jésus a bouleversé la vie de beaucoup de gens qui sont considérés comme des modèles, des personnalités, dans la société d’aujourd’hui que ce soient des sportifs, des animateurs télé, etc.

    Jesus magazine mode

    On aura droit à beaucoup de publicité à l’intérieur ?

    Alors non, on en aura très peu. Ce sera de la publicité offerte à des œuvres chrétiennes et caritatives.

    Il y aura par contre un site internet, un réseau de com très important. On embauche une agence d’attachés de presse qui ont l’habitude de faire des lancements de produits comme ceux-là dans le monde séculier. L’objectif c’est d’en parler !

    Puisque le magazine est en lien direct avec le spectacle, pouvez-vous nous en parler un peu ?

    C’est un spectacle très audacieux de la part d’Obispo, de Sony et de Christophe Barratier qui est un grand metteur en scène connu, entre autre, pour le film « les Choristes ». C’est un sujet qui c’est imposé à eux. Ils sont partis un peu seul sans forcement demander des cautions chrétiennes. Ils ont créé un spectacle qui correspond à leur vision de Jésus dans leur milieu. Et finalement les chansons et le spectacle dans son ensemble sont très respectueux de l’histoire de Jésus. Bien sur la chronologie des Évangiles n’est pas forcement respecté. Mais il n’y a aucun élément que l’on pourrait juger problématique en thermes de théologie. Sur de nombreux mystères de la vie de Jésus ils prennent le parti de suivre l’Évangile et pas d’essayer de s’en sortir en faisant des pirouettes ou en disant, oui, oui c’est juste une métaphore... Je pense que c’est révélateur qu’aujourd’hui on peut comprendre qu’un spectacle comme ça, d’inspiration chrétienne peut avoir une vraie résonnance populaire.

    JÉSUS comédie musicale

    Aurais-tu un message à transmettre à tous ceux qui lisent cet entretien ?

    Il faut que le bouche à oreille fonctionne. Je pense qu’il y a un enjeu collectif notamment pour les chrétiens de se dire que cela peut être pas mal d’encourager et de valoriser le travail des personnes qui vraiment et honnêtement s’intéressent à la personne de Jésus sans vouloir la travestir. Moi je les ai vu, ils étaient très à l’écoute des différentes sources chrétiennes qu’ils ont sollicitées. Si les chrétiens se mobilisent et en parlent, n’hésitent pas à inviter des amis au spectacle ça permettra de montrer aussi que la figure du Christ est encore présente et intéresse la société d’aujourd’hui. Il y a un enjeu collectif à se saisir de cet outil car de toute façon l’Esprit Saint passe partout et c’est un vecteur d’évangélisation même si les gens qui ont lancé ce spectacle ne l’on pas fait dans cet objectif.

    Pour le magazine, c’est un peu pareil. C’est important de se mobiliser dès la sortie. Si nous les chrétiens on soutient… on va acheter en kiosque le magazine… les kiosqués vont en commander plus la semaine suivante et ce sera un succès qui fera encore plus parler.

    Pour fini avec le mook Jésus… On le trouvera quand en vente précisément ?

    La sortie est prévue pour début novembre.

     

    Merci beaucoup Pierre Chausse

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     


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  • L’artiste a dans son ADN une sorte de pulsation créatrice. Chez certains, cette particularité est contrôlée ou plutôt régulée mais chez d’autres, elle peut devenir prégnante au point de les conduire à oser l’impensable et braver les conventions naturelles ou admises. John Featherstone appartient à cette deuxième catégorie. Et il le prouve encore avec sa dernière génialissime folie : TE DEUM.

    Qui oserait imaginer mettre ensemble pour une œuvre prestigieuse, un chœur classique en latin, associé à deux ensembles jazz-gospel chantant en anglais et en français ? Version trilingue donc accompagné par un piano, une contrebasse, un saxo, et des percus mais joués, faut-il le préciser, par des pointures en la matière ! Et tout ça… pour une prière datant du 4e siècle, le TE DEUM.

    John Featherstone y a pensé, en a rêvé, l’a composé et a finit par l’enregistrer.

    TE DEUM CD

    Je me souviens d’avoir eu le privilège il y a quelques temps d’une discussion avec l’artiste, dans son salon, autour d’un bon whisky, car en plus John & Mary Featherstone savent accueillir les amis. John me parlait de ce projet qui lui semblait encore assez compliqué à produire. Il me fit écouter quelques maquettes qu’il avait enregistrées avec ses claviers… ses yeux pétillaient d’envie et de passion. Et je savais en mon fort intérieur que j’allais pouvoir bientôt entendre le résultat et que les barrières devant lui ne l’empêcheraient pas de laisser son génie créatif s’exprimer pleinement. Et quel bonheur, quelques temps plus tard, de recevoir alors le CD dans ma boite aux lettres.

    TE DEUM est une œuvre inclassifiable, vous l’aurez compris, qui lui colle pleinement à la peau. John nous avait déjà habitué à des productions audacieuses et très diverses : Cantates, album de chansons originales, ou instrumental (avec par exemple une guitare pas comme les autres, qui se voit greffée d’une corde en plus), mais encore album de louange collectif (où les textes sont commandés sur mesure dans la volonté d’aborder le culte dans sa globalité) et puis CREDO. Je finis volontairement par celui-là car c’est peut être avec lui, sans aucun doute, que se trouve un élément de genèse du TE DEUM. 

    Comme pour CREDO, TE DEUM réunit des styles variés autour d’un texte fort et pétrit de spiritualité. Une diversité qui explose dans tous les domaines… musique, piété, ambiance, temps… comme le dit si bien John lui-même : une histoire finalement de réconciliation – de styles, de traditions, d’histoire et de modernité. Deux années de productions qui ont conduit les artistes dans plusieurs studios – majoritairement en Grande-Bretagne – à Londres notamment mais aussi dans le célèbre Real World Studio de Peter Gabriel près de Bath. Tout est soigné… du packaging au mastering… dans les moindres détails car on est là, non pas face à « un coup » qui accroche mais ne dure pas, mais face à une grande œuvre d’art qui s’inscrit dans le temps, se découvre à chaque écoute et se bonifie obligatoirement pour celui qui sait écouter et apprécier.

    TE DEUM concert paris

    Enfin, bonne et heureuse nouvelle, l’opportunité est maintenant de pouvoir, en plus de se faire le CD chez soi tranquillement ou dans sa voiture, d’aller rejoindre un public pour rencontrer l’œuvre et l’artiste sur scène. Le nec plus ultra évidemment ! Et pour le prix on ne peut plus raisonnable de 15€ (en réservant en ligne)… La date est proche, alors ne tardez pas… rendez-vous le samedi 14 octobre à 20h30 à Paris. 

     

    Pour en savoir + (avec photos et vidéos)

    Billets à réserver ici

    > CD, chez Bayard Musique, disponible entre autre chez Paul & Séphora ou 7ici

     


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  • Cet été se déroulait à l’Olympia la deuxième cérémonie des Angels Music Awards récompensant des artistes de la scène musicale chrétienne. Derrière cet intitulé, une signature : « Music inspired »… Cette expression est justement peut-être la meilleure définition pour évoquer l’album « Toi & moi ».

    TOI ET MOI ALBUM

    Toi & moi c’est tout d’abord un projet collectif rassemblant 9 compositeurs et 20 musiciens, porté plus particulièrement par l’un d’eux, Xavier Lespinas, lui-même batteur mais aussi missionnaire au sein d’Agapé France.

    Toi & moi c’est aussi de la musique et encore de la musique et toujours de la musique… Ici le verbe disparaît pour laisser seuls les instruments s’exprimer. Et quand une voix cherche à s’immiscer alors elle trouve sa place mais au cœur des autres, sans textualiser, juste être, elle aussi… musique.

    Comme il faut toujours chercher à faire rentrer tout projet dans des cases bien définies, alors on dira que Toi & moi c’est du jazz. Et là, j’imagine déjà nombreux ceux prêts à décrocher. Et oui, pour beaucoup demeure cette « grande idée » que le jazz est élitiste et dopé à l’égo. Alors on n’aime pas… parfois juste par principe… ou alors on aime, mais parfois aussi, juste par principe d’ailleurs… Et cette « grande idée » n’est, il faut l’avouer, pas toujours fausse… mais, mais, mais… c’est au contraire tout l’inverse qui se dégage des 12 morceaux de cette bien jolie galette numérique. Les deux mots qui s’adossent donc à ce que mes chères oreilles ont pu déceler dans Toi & moi seraient plutôt humilité et sincérité. On pourrait aussi y ajouter une certaine fragilité parce que tout ce qui est précieux est un peu fragile et se consomme avec la conscience du beau et du bon.

    On a parlé de collectif, alors c’est assez logique, me direz-vous, pour un groupe. Il paraît d’ailleurs qu’il faut être deux officiellement pour devenir groupe et comme tout le monde le sait : deux valent mieux qu’un !... Mais avec Toi & moi les chiffres se multiplient vite et pas juste dans l’interprétation des œuvres mais dans tous les éléments de production et de réalisation. Plutôt que de faire simple, Xavier Lespinas préfèrerait-il faire compliqué ? Non… il préfère juste unir des gens qu’il aime, qu’il apprécie chacun dans son domaine de compétence pour leur permettre de donner le meilleur et de nous le partager.

      

    Pour aller plus loin, Xavier Lespinas répond à quelques unes de mes questions :

    XAVIER LESPINAS

    1 - Quelle est la genèse de ce projet ?

    Il y a 3 ans m'est venu la vision d'un projet qui pourrait honorer Dieu pour sa créativité notamment dans la musique. La musique est intarissable, d'une diversité impressionnante. La capacité des musiciens à improviser de manière spontanée m'a toujours émerveillé. Je crois aussi que la musique inspirée a une puissance spirituelle et nous sommes beaucoup à l'avoir expérimenté. Je pense au verset de 1 Samuel 16.23 qui dit : "David prenait sa lyre et en jouait. Alors Saül (le roi) se calmait et se sentait mieux, et le mauvais esprit le quittait". C'est l'objectif de ce projet. Que les auditeurs vivent un moment particulier de ressourcement et peut être une expérience spirituelle.

    2 - Pourquoi ce choix de l’instrumental uniquement ?… Ce n’est pas forcément « vendeur » en particulier sur le « marché chrétien » ?

    Parce que la musique nous ouvre l'âme et la réflexion. Nos pensées sont ainsi libres et notre attention n'est pas retenue par des textes. Les compositeurs ont construit les titres dans une attitude d'écoute de Dieu, pour que les morceaux soient vraiment un canal que Dieu pourrait utiliser pour parler aux auditeurs. Tous les 20 musiciens et les 11 ingénieurs du sons et artistes ont donné de leur don et de leur créativité avec cette attention particulière. Dieu a vraiment conduit toutes choses pour construire ce puzzle...

    Peu de projets instrumentaux de qualité existent aujourd'hui dans notre environnement chrétien. C'est vrai que la tendance est plus à la louange aujourd'hui et c'est plus vendeur, mais notre projet veut s'insérer dans cette tendance pour proposer "une pause musicale inspirée" et aussi pour être un outil de partage de l'Évangile avec un album de musiciens chrétiens français reconnus professionnellement.

    L'objectif est de bénir, les titres de Toi & Moi sont aussi disponibles pour des projets vidéos ou internet chrétiens en étant libres de droits sur demande.


    3 - Quel bilan faites-vous aujourd’hui ?

    C'est très encourageant, l'album est très bien perçu et apprécié par beaucoup pour sa qualité musicale et sa production. De très bons ingénieurs du son comme Matthias Heimlicher, Jean Paul Pellegrinelli, etc. ont réalisé des mixages exceptionnels pour les connaisseurs. L'album est sorti avant l'été et nous avons eu un bon démarrage des ventes, tous les bénéfices vont à la mission en France à travers Agapé France.

    Nous devons continuer la communication et mieux faire connaitre le projet, notamment avec les réseaux sociaux. Nous comptons sur vous lecteurs pour partager le projet ;-) entre autres sur Facebook.

    4 - Maintenant que l’album est sorti, quels sont les projets concrètement ?

    Nous aimerions développer quelques partenariats avec des distributeurs et nous réfléchissons à réaliser plusieurs concerts par an. Le concert de lancement que vous pouvez voir sur la chaine Youtube nous a montré que de nombreux amis non croyants étaient intéressés de vivre avec nous ce type d'expérience. Une quarantaine d'entre eux étaient présents sur 200 spectateurs. Le live Facebook a vu jusqu'à 1400 personnes supplémentaires s'ajouter au public.

    Il y a un potentiel de partage de notre foi avec ce type d'événement musical. Les compositeurs partageaient avant chaque morceau dans quel état d'esprit ils ont composé leur titre. Par ces partages, nous avons pu transmettre notre foi et beaucoup de spectateurs nous ont félicité après le concert pour cette expérience de réflexion qu'ils avaient vécue et que ce concert les avait apaisés.

    Ce type de concert avec un style Jazz accessible nous permet d'entrer en relation avec un public large, dans des salles extérieures aux Églises, et de leur proposer plus qu'un concert ; un moment de réflexion sur la foi des musiciens.

    C'est ce que nous voulons construire pour les prochains mois.

    concert Toi et moi

    www.toietmoi.org

    Chaine Youtube : https://youtu.be/Gfm1hYiG-CI 

    Page FB : www.facebook.com/ToietMoi.org


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  • Cet été me permet de faire un rattrapage sur certaines séries ou films que j’avais mis de côté… pour plus tard. « This is us », sortie en septembre 2016 sur NBC puis en France en début d’année sur Canal+, en faisait partie. On en avait beaucoup parlé, présentée comme l’une des grosses séries de l’année, et donc mon attente était légitimement forte mais aussi curieuse. Verdict : Magistral ! On touche à la perfection et le bonheur est immense à déguster cette fresque familiale atypique, drôle, touchante et réalisée et montée comme une pièce d’orfèvrerie.

    THIS IS US 

    Quatre personnages principaux nés le même jour deviennent l’argument pour nous raconter la vie, les joies et les malheurs d'Américains moyens : Un couple qui s'apprête à avoir des triplés, un acteur de sitcom frustré, une obèse qui peine à perdre du poids et un homme d'affaires noir adopté par des blancs à la recherche de son père biologique. Oui, clairement au départ on flirte avec la caricature qui peut nous faire craindre le pire… mais c’est bien le meilleur qui surgit et dès le premier épisode pilote qui est une pure merveille.

    Cette fresque se joue en fait sur trois générations en forme d'album de famille, celui des Pearson et de tous ceux qu'ils ont croisé entre les années 1980 et aujourd'hui. Un mélodrame d’une immense délicatesse, capable de titiller nos glandes lacrymales avec mesure, de mêler une géniale bande originale et une prose subtile, des retournements de situation et beaucoup de cohérence émotionnelle et narrative. Le créateur de This is us, Dan Fogelman, parvient à connecter toutes ses intrigues, à imaginer des personnages entiers, tous attachants. Et pour se faire, il use d’une méthode peu conventionnelle mais qui fonctionne parfaitement : refuser la linéarité temporelle en jonglant constamment dans l’espace temps de cette famille, du passé au présent… hier, aujourd’hui, retour avant-hier… La narration ambitieuse entrecroise ainsi les destinées liées de ces quadras, et change de temporalité avec fluidité.

    THIS IS US FAMILLE 

    Cet apparent périlleux choix permet pourtant de nous livrer l’histoire comme on se confie progressivement à un ami. On apprend, on comprend les choses petit à petit. Rien ne nous est jeté à la figure violemment mais plutôt proposé avec tact et douceur. Il y a ainsi une forme d’art de la subtilité dans This is us porté par une mise en scène sobre mais classieuse, un montage au scalpel qui donne une efficacité redoutable, les apports régulier d’une musique et de chansons qui tombent toujours à pic, un jeu d’acteurs quasi parfait et d’égal niveaux pour tout le casting (même les enfants sont remarquables), et un script de haut vol avec des répliques vertigineuses. 

    THIS IS US CASTING

    Enfin il faut évoquer les thématiques nombreuses et empreintes de simplicité à la fois. Des sujets universels, proches de nous, proches de chacun en fait qui peut ainsi s’y retrouver même si la culture américaine est bien présente mais non éloignante de nos réalités propres. On y parle bien sûr de famille, d’amitié, d’identité, d’addictions, d’intégration, de frustrations, de souffrance, de maladie, de mort, de rédemption, de pardon, de secrets… mais on y parle surtout d’amour ! Et justement, « Il est temps de rappeler que, dans la vie, la clé est l’amour, et non la haine ou la peur » souligne le comédien Ron Cephas Jones, interprète du père qui a abandonné son enfant.

    Mais au delà de ces thèmes évoqués, This is us est une histoire de transmission. Transmission de valeurs, d’une Histoire faite d’habitudes, de traditions, de culture, de souffrances, de névroses aussi. Cette série travaille sur la substantielle pâte de l'humain dans ce qu'il a de plus beau mais aussi de plus complexe à la fois. Elle défend ainsi l’idée d’une thérapie systémique cherchant à aborder les gens non seulement au niveau individuel, mais dans une compréhension globale portant sur les interactions de groupes et les caractéristiques du système dans lequel ils vivent.

    Pour info, This Is Us, dont la première saison s’est achevée, outre-Atlantique, sur une audience record de 13 millions de téléspectateurs en deuxième partie de soirée, a déjà été reconduite pour les saisons 2 et 3. Et je n’attendrai pas l’été prochain pour la regarder la saison 2…


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