• Faby est artiste peintre. Elle vit en Bretagne sud à Arzal. Chrétienne depuis l'enfance, elle peint sa Foi depuis son adolescence, avant de devenir réellement professionnelle à 22 ans. Elle en a aujourd’hui 41 et continue inlassablement sur cette voie qui est pour elle ce que Dieu attendait d’elle sur cette terre.

    FABY    expo Faby

    À l’occasion d’une exposition prévue du 15 au 21 décembre à Muzillac, Faby a gentiment répondu à quelques unes de mes questions : 

    - Comment fonctionnez-vous ?

    Mon travail est reconnu en France dans le monde de l'Art depuis plus de 15 ans, mais toujours un peu à la marge "à cause" de cet engagement si particulier à ne peindre que cette Foi si vivante. Depuis 2009, mon mari Sébastien, chrétien et aussi prédicateur, m'a rejoint dans cette aventure et c'est un véritable ministère d'évangélisation que Dieu nous a confié. Nous ne vivons de rien d'autre que des grâces de Dieu à travers cet Art. Je peins une dizaine d'heures par jour pendant qu'il parcours la France avec cette peinture pour monter des expos et rencontrer le public.

    Moi je rencontre les visiteurs sur les vernissages, mais aussi lors de visites guidées que j'essaye d'organiser très régulièrement. Ce sont de véritables "voyages intérieurs" qui fonctionnent très bien en terme d'évangélisation.

    - Comment qualifieriez-vous votre style en tant que peintre ?

    Ma peinture est ce que l'on appelle "figurative". J'aime déconstruire les supports de base pour "jouer" avec les matières : remplacer la toile de lin par de la Soie et rendre ainsi une partie de l'œuvre transparente. Cela me permet, de peindre l'invisible : L'âme, le Saint-Esprit, le royaume de Dieu... Et tenter de ramener dans le visible toute cette vérité. J'ai un "style" très personnel, car n'ayant jamais fait d'étude artistique, seul Dieu m'a "éduqué" et inspiré... j'ai donc dû apprendre humainement seule, loin des autres et de leurs influences.

    - Vous êtes chrétienne, protestante je crois... en quoi votre foi intervient-elle dans votre expression artistique ?

    Ma foi chrétienne est la base de mon expression artistique et le but. Je peins humainement ce que cette foi me donne "à vivre", en tant que maman, épouse, femme et enfant de Dieu. Ma peinture est comme "un sas d'éveil" pour ceux qui la regardent. Beaucoup (trop) de gens ne savent même pas qu'ils ont une âme. Cette peinture le leur rappelle. Elle dit aussi combien Dieu les aime, là où ils sont, comment le Saint-Esprit, pour quelqu'un qui accepte de donner sa vie à Dieu, fonctionne en nous (il est représenté par une colombe des mes peintures), comment Dieu agit en nous et autour de nous, non comme une religion, mais bien comme une relation vivante, intime et personnelle. Mes personnages sont reliés à Dieu tout en étant "coincés" dans leur humanité, incarnés traversant donc eux aussi les épreuves de la vie, comme de grands bonheurs.

    - Parlez-nous de votre prochaine exposition du mois de décembre ?

    Plusieurs pasteurs ont assisté à mes visites guidées ou "voyages intérieurs" et ont constaté l'impact sur le public présent... Notamment tout ce que ma peinture décrit à propos du parcours que l'on peut entreprendre avec Dieu pour traverser les épreuves de la vie, comprendre comment on va continuer de souffrir toute sa vie si on ne lui ouvre jamais la porte de notre cœur et comprendre ce que le Christ à fait pour que cette relation vivante puisse exister.

    Ainsi, avec Nicolas Engel, pasteur à Pontivy et fervent "défendeur" de notre ministère, nous avons fait le choix de tenter l'expérience d'une soirée particulière, dédiée à la souffrance lors de notre prochaine exposition à Muzillac (56).

    Cette soirée donnera l'occasion au public de venir entendre et voir comment nous allons leur parler de la souffrance, de leur souffrance avec des éclairages différents. Il y aura donc un éclairage artistique, avec l'explication de quelques toiles seulement, puis l'intervention d'une thérapeute chrétienne suivit d'un éclairage biblique apporté par Nicolas et Sébastien. Enfin, nous proposerons un temps de partage, questions/réponses/écoute personnelle ... entre le public et nous 4.

    Puis, le lendemain après-midi, viendra de temps de la visite guidée, avec l'explication d'une trentaine de toiles (soit 1h30 d'explications à peu près). J'explique plus clairement ce que j'ai cherché à exprimer dans chaque toile, comment Dieu m'inspire et comment concrètement tout cela se retrouve au cœur des différentes matières travaillées. Ces deux temps forts sont ouverts à tous publics, gratuits, mais sur réservation afin de mieux en gérer l'organisation.

    Enfin, comme d'habitude, l'exposition est tenue pas Sébastien qui se fera une joie d'accueillir les visiteurs, d'avoir avec ceux qui le veulent de grandes conversations autour de la foi. L'exposition sera donc ouverte du 15 au 21 décembre de 10h à 12h30 et de 14h30 à 19h.

    - Ce thème de la « souffrance », comment l'abordez-vous dans vos peintures ?

    Il y a deux façons de l'aborder, l'une avec et l'autre sans Dieu... J'essai, avec toute ma sincérité (en peignant même au cœur de l'épreuve), de montrer que le fait d'être chrétien ne nous empêche en aucun cas de souffrir en traversant les mêmes choses que les autres (deuils, maladie, peine de cœur, enfance maltraitée...), mais qu'avec Dieu, on est jamais seule, on est guidé, consolé, relevé, intérieurement guéri... Alors que sans Dieu, on peut se mentir et mentir au monde entier... mais on ne sort pas de la souffrance et bien souvent même, elle devient notre identité.

    - Des projets après cette exposition ?

    Et bien oui ! La programmation 2017 commence à peine à se profiler, mais déjà des visites guidées organisées chez et par des chrétiens pour leurs connaissances, les gens de leurs quartiers, les parents des écoles de leurs enfants... nous sommes un "outil d'évangélisation" atypique qui leur permet d'aborder la Foi par le biais de l'art, c'est d'abord un prétexte culturel, qui fini en une véritable expérience vivante et humaine !

    En février Yves Lebever, ancien pasteur et aumônier des armées nous a invité à exposer une vingtaine d'ouvres au cercle mixte sur Lorient.

    En Mars, nous seront présent au salon « Talents de Femmes » au palais des arts de Vannes.

    Puis dans différents salons d'art contemporain et des expositions personnelles seront aussi programmées selon le plan de Dieu, cela dépend des acceptations de dossiers des mairies, des salons, de nos capacités financières à louer des salles... et des divers invitations à exposer dans diverses villes et régions.

    - Et pour finir, une mini « carte blanche » ... qu'aimeriez-vous laisser comme ultime message aux lecteurs de cette interview ?

    Je ne sais pas trop quoi répondre à cette question, si ce n'est d'essayer de mieux faire connaître mon univers aux chrétiens, qui ont parfois du mal à sortir des "sentiers battus" en termes de connaissance et reconnaissance de ministères atypiques, car cet univers est un parfait outil d'évangélisation pour une sortie culturelle en famille entre amis et l'occasion d'aborder sa foi d'une façon un peu différente. L'Art, c'est la culture d'un pays, et pour que l'Art chrétien soit représenté demain dans la culture de notre pays (pas seulement de nos Eglises), il doit être soutenu et défendu... ou il n'existera plus !

     

    Pour aller plus loin dans la découverte de Faby :

    http://www.fabyartiste.com

    https://www.facebook.com/Fabyartiste/

     

    Quelques œuvres de l'artiste :

                                 Consolation                                                                Je suis                                                                      L'affranchi

    CONSOLATION   JE SUIS   L'AFFRANCHI

     

    Un pas de foi

    UN PAS DE FOI


    votre commentaire
  • Au cinéma, il y a des retours qui souvent font un peu de peine. Le nième numéro d’un premier film qui avait bien marché… ou, parfois plus pathétique encore, la tentative de retour sous les feux de la rampe d’un acteur qui a connu jadis son heure de gloire, mais qui hélas aujourd’hui ne fait plus recette. En matière de musique on assiste aussi parfois à ce même effet… pas très cool. Alors rassurez-vous, c’est précisément d’un exemple contraire dont j’aimerai vous parler. Celui de Thierry Ostrini qui nous fait le bonheur de revenir tranquillement avec un album de 7 titres.

    jaquette ostrini

    Pour beaucoup, Thierry demeure l’ex-EXOlyricist (et EXOchanteur). Un artiste qui a influencé considérablement la louange contemporaine francophone pendant dix années aux côtés de Chris & Laura Christensen. Ensuite, en solo, il nous a fait apercevoir quelques autres facettes de sa personnalité en 2005 avec Lo-pop. Puis plus rien ou presque… jusqu’à aujourd’hui donc et cet album « TextUre ». Un mot qui rime avec « OuvertUre ». Ce qui n’est précisément pas un hasard. Oser l’ouverture… tout un programme, qui convient terriblement à Thierry et ses chansons. Un album qui s’écoute facilement, qui apporte une vraie fraicheur et qui est abordable par tous. Tiens, justement en plus, ce « par tous » ou « pour tous » correspond aussi au projet soutenu par la vente de ce CD. L’album "textUre" est en effet le fruit d'une collaboration entre l'association "Entraide Le Relais" et Thierry Ostrini, qui parraine le projet de la résidence intergénérationnelle "Le Parc" à Mundolsheim. Conjuguer les talents pour promouvoir le vivre ensemble... Mais revenons aux chansons. Si Thierry reste dans un univers sonore assez habituel, bien que l’apport de quelques couleurs lounge-électro élargi le spectre musical, il y a une puissante confirmation que son énorme talent se trouve dans l’écriture des textes. Une facilité pour jouer avec les mots. Donner un sens profond aux choses tout en surfant sur une certaine légèreté verbale pas désagréable et qui n’effraie pas, ne bouscule pas ou juste ce qu’il faut pour réfléchir…

    De quoi parle-t-il ? Où veux-t-il m’emmener ?... Car oui, avec Thierry un album est toujours une progression, un chemin qui prend là un virage pour nous ouvrir à de nouveaux horizons où une éclosion de petits tableaux de la vie courante se présentent alors à nous.

    En tout cas, TextUre marque le retour d'un artiste qui fait du bien, dans tous les sens du terme... du bien artistiquement et, tout autant, humainement.

    flyer ostrini recto   flyer ostrini verso

     


    votre commentaire
  • Deux artistes protestants exposent leurs œuvres à Paris à partir du 4 novembre. Leurs vernissages respectifs se déroulaient en parallèle la veille au soir, au Pavé d’Orsay pour Jérémie Corbeau et à l’Institut Protestant de Théologie pour Philippe François.

    Expo par-delà les lignes  expo Luther en automne

    Commençons par Jérémie Corbeau qui présente son travail photographique jusqu’au 15 novembre dans la magnifique galerie « Le pavé d’Orsay » au 48 rue de Lille. L’exposition « Par-delà les lignes », c’est en fait deux axes de propositions ayant en commun le noir et blanc, conduisant d’abord sur un jeu de perception, de croisements de plans, pour ensuite dévoiler d’autres photographies  de ces monstres de béton, de ces géants des villes apprivoisés par le regard et l’objectif de Jérémie. Une démarche à la fois esthétique, philosophique et spirituelle qui conduit à un bousculement de nos repères sans l'utilisation pourtant du moindre trucage. 

    Jérémie Corbeau

    Si la photographie a longtemps été un simple loisir pour ce jeune orléanais, également administrateur des Groupes Bibliques Universitaires de France, son application et sa passion lui ont permis d’être reconnu plus largement, notamment grâce à une série intitulée « Perception » que le Musée des Beaux-Arts de sa ville a présentée en 2014. « Par-delà les lignes » prolonge précisément cette expérience.

    Ce questionnement sur notre observation de l’environnement est une vraie colonne vertébrale de son travail. Jérémie Corbeau dit à ce sujet : « Le but de cette exposition est d’ouvrir la réflexion sur le sens que nous donnons aux images que nous percevons. Celles qui nous environnent mais aussi celle que nous avons de nous-mêmes. Le processus de perception ne se limite pas à la réception d’une image, il implique également une interprétation. Puisque notre place dans le monde dépend de la compréhension que nous en avons, n’est-il pas vital de s’interroger sur notre propre subjectivité ? ».

    Une galerie esthétiquement sobre et raffinée qui accueille une exposition trouvant là un écrin particulièrement adapté. De quoi, se pauser quelques instant… observer… réfléchir… se laisser à la fois porter et questionner. Et, qui plus est, la possibilité de rencontrer celui qui a immortalisé ces instants et ces lieux, car Jérémie se fait aussi l’hôte des passants entrant dans le Pavé pendant toute la durée de l’exposition. 

    expo Par-delà les lignes   expo Par-delà les lignes  expo Par-delà les lignes

    Après ce premier vernissage, et quelques stations de métro plus loin, arrivée au 83 boulevard Arago dans le 14ème arrondissement, dans le hall de la Faculté de théologie protestante de Paris. Pendant un mois, jusqu’au 30 novembre précisément, le pasteur luthérien alsacien Philippe François, également docteur en théologie, propose une exposition d’art conceptuel , composée de peintures (réalisées par son père Bernard François) et de photographies (en collaboration avec Elisabeth Schlenk) mêlant images, fragments de textes ou autres symboles. 

    Philippe François

    Sous le nom générique de « Luther en automne », cet ensemble de tableaux donne à l’art de regarder le protestantisme, avec poésie, humour et bienveillance… ce que le protestantisme n’a pas toujours su faire, reconnaissons-le vis à vis de l’image. Un heureux changement de perspective qui colle parfaitement à la peau et à l’ADN de Philippe François. Ici, paradoxalement peut-être pour le novice en art contemporain, tout a du sens. Chaque œuvre est le fruit d’une réflexion « humorhistoricospirituelle » (un néologisme dont je veux bien revendiquer l’origine J). D’ailleurs une synthèse est proposée en guise de sous-titrage des tableaux. On peut donc soit simplement déguster du regard et interpréter à sa guise ou choisir de chercher à comprendre ce qui a bien pu passer par la tête de l’artiste pour arriver à ce résultat.

    Philippe François se divise au travers de deux expos en même temps, à Paris et en Alsace (jusqu’au 21 janvier à Waldersbach) avant de nous donner rendez-vous pour une expo taille XXL (peut être à l’image de son Blue Jean Clavin Klein) à l’occasion de Protestants en fête 2017 à Strasbourg du 27 au 29 octobre. On a hâte de pouvoir en découvrir un peu plus… mais en attendant, si vous passez par Paris ou Waldersbach, ne manquez par l’occasion d’oser « l’expérience Philippe François ». Perso, j’ai kiffé ! J

    Expo Luther en Automne  Expo Luther en Automne  Expo Luther en Automne

    Expo Luther en Automne

     


    votre commentaire
  • Jusqu’au 2 janvier, le Centre Pompidou à Paris propose une exceptionnelle rétrospective consacrée au peintre belge René Magritte, réunissant une centaine de ses chefs-d’œuvre et intitulée « Magritte, la trahison des images ».

    L’exposition propose une approche à ce jour inédite de l’œuvre de l’artiste belge René Magritte. Rassemblant les œuvres emblématiques, comme d’autres peu connues de l’artiste, provenant des plus importantes collections publiques et privées, l’exposition offre une lecture renouvelée de l’une des figures magistrales de l’art moderne.

    Magritte Pompidou

    René Magritte souvent qualifié de peintre surréaliste est sans doute un artiste un peu à part. Cette rétrospective magistrale parisienne nous permet d’entrer dans le mystère du personnage. Le titre même de l’exposition permet de percevoir une forme de technique particulière du peintre visant à questionner le passant. Chaque tableau interroge et devient une forme d’énigme à déchiffrer avec en même temps une efficacité redoutable pour produire un impact saisissant. Des œuvres qui ainsi s’adressent à tous à tel point que beaucoup d’entre elles ont été reproduites en posters. Et on les retrouve aussi bien dans des salles d’attente de médecins, des chambres d’ados que dans des salles à manger de bien des générations. "C'est un artiste à la fois très grand public et très conceptuel, sophistiqué", fait remarquer Didier Ottinger, commissaire de l'exposition.

    Magritte s’adresse donc à l’esprit tout en provoquant des émotions. Il adopte donc une langue simple et visuelle. Il fusionne langage et image, ce qui, pour beaucoup, pourrait être une forme d’injure à un art majeur… laissant ce genre de procédés à un niveau inférieur que serait la communication, ou la publicité. Pas étonnant d’ailleurs que Magritte ait été tant « pillé » dans la pub. Sorte de « peintre de la matière grise », il réconcilie l’œil et l’esprit, les mots et les choses. En cela, bien qu’il soit généralement qualifié de surréaliste, il s’oppose pourtant à eux. 

    beaubourg Magritte

    Aller à Beaubourg, rencontrer l’œuvre de Magritte, peut ressembler à un travail éducatif. Nombre de ses œuvres illustrent les difficultés de la communication, sa diversité et ses richesses. Une façon alors de nous initier à la compréhension de l’image, à la lecture de l’invisible et du visible. Et tout cela est extrêmement contemporain, actuel, dans une société où cette capacité d’analyse devient tellement indispensable. Dans la vie quotidienne, nous n’avons que rarement conscience du niveau de regard que nous portons sur ce que nous vivons, ou voyons. Et Magritte interpelle précisément sur cette question fondamentale. En même temps, il n'explique rien totalement, il peint tout simplement mais en nous devançant, en étant, en quelque sorte, porteur d’un art prophétique.

    Au final, les images sont-elles donc d’affreuses traîtresses, comme le suggère le titre de l’exposition ? Oui et non, bien entendu, et rien n’est résolu. Soyons clair, malgré tout, Magritte n’a finalement pas résolu les contradictions et c’est tant mieux. Iconophiles contre iconoclastes - un problème très protestant par ailleurs - il livre une « machine à pensée fumante » et une peinture diablement dialectique, que l’on regarde toujours avec beaucoup d’intérêt et d’admiration.

    Et à propos de fumée, comment ne pas évoquer la fameuse pipe de Magritte qui ne l’est pas… mais quand même un peu… et qui revient d’ailleurs comme une sorte d’objet fétiche pour le peintre. Si l’on devait donner une définition à sa pipe, on pourrait la comparer à la raison. Elle génère de la fumée mais pas seulement. Elle produit aussi de la lumière et elle est l’outil du bon sens, tellement à l’image de l’apport de Magritte à la culture contemporaine.

    NOM D'UNE PIPE

    Une exposition à voir et qui peut devenir un intéressant et utile prélude pour une autre exposition originale, sur laquelle je reviendrai prochainement ici, « Luther en Automne » à visiter entre le 3 et le 30 novembre à l’IPT, 83 boulevard Arago à Paris.


    votre commentaire
  • Clap de fin pour Monsieur Cinéma... mais comme certains films, il restera dans la mémoire collective de la culture française.

    C’est ainsi que je saluais le départ de Pierre Tchernia, samedi 8 octobre au matin, en apprenant tristement la nouvelle. Un homme qui a accompagné ma petite vie, en particulier le temps de mon enfance et de ma jeunesse, à la fois comme homme de télévision (toute nouvelle encore) mais aussi comme l’un de ceux qui m’a appris à aimer le cinéma. 

    PIERRE TCHERNIA - CLAP DE FIN

    Pierre Tcherniakowski, de son vrai nom, né le 29 janvier 1928 à Paris, a grandi à Levallois-Perret. Son père, ingénieur, est un immigré ukrainien. Sa mère est couturière. Il avait participé, à l'ORTF, à la création du premier journal télévisé en 1949 qu'il avait ensuite quitté en 1955 pour devenir animateur d'émissions de variétés (La clé des champs, La boîte à sel). Il collabore à Cinq colonnes à la Une, présente La Piste aux étoiles à partir de 1965, L'Ami public numéro 1 (consacré à l'univers de Walt Disney), SVP Disney, qui a marqué le jour de Noël de 1964 à 1978. Il lance aussi en 1966 un jeu télévisé consacré au cinéma, Monsieur Cinéma, qui teste les connaissances de candidats sur le 7ème art, et devient une émission culte. Avec cette émission et celles qui lui succèdent (Jeudi cinéma, mardi cinéma…), il transmettra pendant 20 ans son amour du cinéma et finira par incarner le grand écran sur le petit. Il y gagne le surnom de Monsieur Cinéma, alors que ce terme désignait en fait le gagnant du jeu. Journaliste, animateur, Pierre Tchernia était aussi réalisateur. Il a mis en scène cinq œuvres de Marcel Aymé (dont Le Passe-muraille et Héloïse) pour la télévision, et réalisé Le Viager, Bonjour l'angoisse, La gueule de l’autre. Mais il passe aussi de l’autre coté de la caméra et devient acteur dans une vingtaine de films. Il a participé à l'adaptation de plusieurs albums d'Astérix en animation, prêtant sa voix à la narration de plusieurs films de la série. Il a également participé avec Goscinny et Morris à la réalisation, au scénario et aux dialogues du long-métrage Lucky Luke : Daisy Town. On le retrouve à la télévision, aux côtés d'Arthur, pour l'émission Les Enfants de la télé de sa création, le 17 septembre 1994 sur France 2 jusqu'en juin 2006 sur TF1, l'émission se poursuivant sans lui depuis lors. Le 18 mai 2008, il fait sa dernière apparition télévisée, en tant qu'invité dans l'émission de France 2 Vivement dimanche présentée par Michel Drucker. 

    MONSIEUR CINÉMA  PIERRE TCHERNIA ET SON PUBLIC  PIERRE TCHERNIA & MICHELINE DAX

    Je voudrai profiter de ces quelques lignes pour souligner un autre aspect reconnu de tous ceux qui l’ont fréquenté. Pierre Tchernia était un homme gentil, simple et, comme l’évoquait Bruno Masure dans un tweet ce même samedi, quelqu’un qui ne se prenait pas au sérieux. Je disais « un » et non « quelques » car il me semble que tout cela forme un tout, forgeant une vraie personnalité authentique tant à l’écran que dans la vrai vie. Un homme d’une grande culture, qui rassemblait… Il faisait un peu partie de chaque famille, quelques soit leurs milieux d’origine, en étant aussi surnommé parfois, utilisant encore un titre de l’une de ses émissions, l’ami public n°1, avec sa mine bienveillante comme d’ailleurs ses amis Goscinny et Uderzo savaient le caricaturer dans plusieurs albums d’Astérix. Et un ami… punaise… ça fait du bien !

    Ce savoir faire pour unir plutôt que diviser on l’a vu évidemment en premier lieu apparaitre dans un combat entre petit et grand écran que lui ne souhaitait pas et au contraire a su vaincre. Le grand trouvait sa place dans le petit et même plus encore, y trouvait de nouvelles lettres de noblesse. La télévision tend à nous donner aujourd’hui d’autres modèles de journalistes et animateurs. La bêtise l’emporte sur la culture et l’agressivité sur la bienveillance. Comme si d’ailleurs la culture était forcément rasoir et la bienveillance rimait nécessairement avec mollesse, hypocrisie et soumission. Ce qui « buzz » se situe d’avantage dans les clashs, affrontements et dénonciations (quoique les chats ont encore la faveur et restent les vrais héros de la toile J). Il y a sans doute un juste milieu dans tout ça. D’ailleurs, là aussi, Pierre ne divisait pas non plus les générations d’animateurs et c’est ainsi que les plus jeunes d'entre nous ont pu profiter de sa présence avec Arthur. Celui qui commença sa carrière en se présentant comme « le plus cons des animateurs de la bande fm » a beaucoup appris à ses côtés. Il disait d’ailleurs que pour Magic Tchernia, comme il l’avait baptisé, « c'était un plaisir de faire de la télévision, et pas un métier ». 

    PIERRE TCHERNIA & ARTHUR

    Une choses est claire, des figures comme celle de Pierre Tchernia manquent cruellement sans faire preuve de nostalgie absurde ou de « c’étaitmieuxavantisme ». Enfin manquent… lui restera quoiqu’il en soit dans les mémoires, les archives, déclenchant sourires et souvenirs façon « madeleine de Proust ».


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique