• Angoulême fête cette année les 30 ans de la BD Chrétienne au Festival international de la BD. Des bulles en veux-tu en voilà, lors de la remise des prix 2016 dans la magnifique église St Martial devenue en l’occurrence lieu d’expo, de vente, de dédicaces, même de garage pour une superbe Virago tout en restant une halte spirituelle où la Bonne Nouvelle se propose à tous les festivaliers, comme dans les autres espaces dédiés (temple, cathédrale, église évangélique libre). 

    Festival BD Angoulême 2016

    En ce Jeudi 28 janvier la charmante ville charentaise d’Angoulême déclarait ouvert le 43ème festival de la Bande Dessinée. Une ville qui rime désormais avec cet événement… le Cannes du neuvième art en quelque sorte, car « Angoulème a bien la BD dans le sang », comme le titrait le journal régional Sud-Ouest en ce jour d’ouverture. Un festival qui est devenu une institution tant la bande dessinée a conquis définitivement ses lettres de noblesse dans les supports culturels. Il faut savoir qu’à l’inverse de  la production musicale par exemple, elle connaît chaque année une croissance dans tous les domaines : édition, publication, impression et multimédia…

    Progression d’un support qui le devient aussi naturellement pour un témoignage de foi, ou pour réfléchir sur des questions de spiritualité, d’éthique, de tout ce qui dit ou rejoint l’humain. La foi chrétienne aux cours des siècles à toujours été source d’inspiration pour les artistes : monuments, sculptures, peintures, musique… Aujourd’hui elle inspire d’autres formes d’art en particulier celui de l’image dont la bande dessinée. Pour les organisateurs du festival de la BD Chrétienne, la promouvoir c’est une manière actuelle d’évangéliser en faisant connaître l’Évangile et ses témoins, même si donc celle-ci ne se cantonne pas seulement à des récits spécifiquement religieux.

    BD Chrétienne Angoulême 2016

    Pour ce trentième anniversaire, une agréable cérémonie était l’occasion à la fois de remettre les différents prix et mentions des deux jurys (celui de la BD Chrétienne et le jury œcuménique) mais aussi de rappeler, au travers entre autre du dessinateur BRUNOR, très impliqué à Angoulême, quelques temps forts de ces années passées et de se laisser interpeller par diverses interventions parlées, chantées ou jouées.

    remise prix bd chrétienne angoulème 2016   Brunor

    Le petit prince    chanson angouleme bd    bd chrétienne angoulème 2016

     

    Venons-en aux lauréats de ce joli cru 2016 :

    Pour le Jury œcuménique, c’est le handicap qui est mis à l’honneur sous la plume du dessin aux allures caricaturales et humoristiques de Le Cil Vert avec son album « Un faux boulot » parut chez Delcourt. Le Cil Vert d’ailleur très ému en recevant son prix et extrêment honoré.

    Mention offerte également au mathématicien Cédric Villani pour le texte et Baudoin pour le dessin avec « Les rêveux lunaires » chez Gallimard-Grasset. Un plongeon dans la vie de quatre génies qui, au cœur de la barbarie de la seconde guerre mondiale, ont changé l’histoire et nous prouvent sans doute ainsi que la même chose est encore possible aujourd’hui.

    un faux boulot   les rêveurs lunaires

    Parmi les 15 albums sélectionnés, le jury de la bande dessinée chrétienne d’Angoulême, a choisi, lui, de primer l’album « Mère Teresa de Calcutta » ayant pour sous-titre « Au nom des pauvres parmi les pauvres » . Un scénario de l’américain Lewis Helfand pour un dessin de l’indien Sachin Nagar. Le jury s’est dit « renversé » par ce récit tout en nuances de la vie de Mère Teresa, admirablement servi par le graphisme, et en le qualifiant de moderne, émouvant, à l’atmosphère intime et pudique.

    Deux très belles mentions, qui pour ma part sont mes coups de cœur, ont été attribuées à « Des pas dans la neige » et « Poverello ».

    Poverello, aux éditions Bayard, c’est l’œuvre  du dessinateur et auteur Robin qui nous invite à suivre les cheminements différents de François d’Assise et de John Coal, acteur  qui se retrouve à devoir l’incarner au cinéma. Leurs questionnements respectifs sur le sens de la vie et le sens de l’amour se font écho. Des relations se tissent entre les personnages d’une équipe d’acteurs et d’une communauté religieuse qui se constitue. Un superbe album de 600 pages à quelques 20 euros seulement.

    Enfin « deux pas dans la neige » est le premier travail d’une jeune graphiste protestante évangélique Grâce Pârvu Gotte, épaulée pour le scénario par sa mère pasteure Catherine Gotte Avdjian. Ce livre relate le parcours d’une femme roumaine, violée, détruite, écrasée qui dans son exil, loin de son pays, va rencontrer le Christ et va pouvoir trouver la force de se relever et de retrouver son identité et sa dignité. Il s’agit d’une fiction inspirée de deux histoires vraies. À noter le travail graphique original en noir et blanc, résolument moderne, qui amplifie le récit riche, émouvant et profond.

          

    Un grand bravo à tous les organisateurs, nombreux bénévoles et aux diverses communautés chrétiennes locales impliqués dans cet événement qui fait du bien et qui a de belles années devant lui assurément !


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  • Si dans les milieux protestants Frédéric Baudin est souvent connu par son implication dans la protection de l’environnement, beaucoup n’ont sans doute pas eu l’occasion de découvrir la plume de l’auteur sur bien d’autres plans.

    Frédéric Baudin

    Frédéric est en effet un véritable écrivain, dans le noble sens du terme, qui aime le verbe, le manie avec talent pour divertir et aiguiser la réflexion dans le même temps… pas simple d’ailleurs. Son dernier ouvrage nous entraine ainsi à une redécouverte d’un texte ancien, le livre de l’Ecclésiaste mais de façon toute nouvelle et tellement originale.

    C’est sous la forme de ce que Frédéric Baudin appelle un « essai libre », ou autre innovante apologie, que se profile cette relecture, portée par celui qui se présente comme le neveu de l’Oncle Salomon. L’intemporalité est aussi un élément capital. On passe, grâce à la magie de l’écriture, de notre réalité d’aujourd’hui à celle de siècles passés, le tout ne faisant qu’un sans plus d’explication… (sur)naturellement.

    Les pages du livre se tournent, et se tournent encore avec un profond plaisir, une sérénité constante. On déguste les mots, les phrases, les lignes. Une grande poésie accompagne le tout sans l’être véritablement et finalement il devient très difficile de définir un style, d’enfermer le tout dans une catégorie particulière. Qohélet est libre et parle de la vie, de la société, d’amour, du temps, de l’homme, de la femme, de vous et de moi et de Dieu. Et il parle de tout cela avec sagesse, humour, émotions… en utilisant de grands et beaux mots mais aussi avec simplicité et tendresse.

    Vous l’aurez compris, cette apologie de Qohélet m’a transporté et je ne saurai trop vous encourager à tenter l’expérience. Oui, c’est le mot : une expérience à vivre que lire ce livre de Frédéric. Livre ou OENI comme un Objet Écrit Non Identifié qui pourra vraisemblablement vous surprendre, vous dérouter mais forcément vous parler, vous toucher et vous faire aussi lever les yeux pour voir plus haut et observer la vapeur s’élever vers le ciel.

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    Cout Mon oncle Salomon


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  • Pour beaucoup, l’existence même de médias protestants reste un mystère, ou une image floue proche de la vapeur du Qohélet… mais savez-vous qu’il existe aussi une association de soutien aux services radio et télévision de la Fédération protestante de France (ARTP) ? Partons alors à sa découverte…

    ARTP

    L’ARTP a été créée en 1959 par le pasteur Marc Boegner alors président de la Fédération protestante de France, dans l’objectif de soutenir les deux services Radio et Télévision qui assurent toutes les semaines la diffusion d’un culte à la radio sur France Culture et l’émission Présence Protestante sur France 2. En effet, si les moyens techniques et les frais de production sont pris en charge par le service public, un certain nombre d’à-côtés existent et nécessitent un financement autre. On peut citer là différents frais de participation, d’hébergement et de déplacement à des festivals européens de films religieux, des frais de traduction des films présentés à l’étranger, tout le matériel pour assurer l’impression et la duplication des DVD commandés par le public ou la réalisation de bandes annonces, des hébergements de réalisateurs provinciaux… pour ne parler que de la télévision. Mais en sachant également qu’il en est de même pour le service radio (conférences, formations, studio mobile…).

    Ces dépenses ne sont pas juste accessoires mais elles participent directement à l’existence même de cette présence protestante unique sur le service public. Cette présence qui, d’ailleurs, peut ressembler parfois à un combat pour continuer d’être car tellement à contre-courant d’une ambiance générale qui voudrait trop souvent faire disparaitre toutes traces de « croyances spirituelles » dans le service public. Alors, à notre mesure, si nous estimons importante cette réalité d’une parole protestante dans ces lieux stratégiques, soutenir les ARTP devient donc une démarche pertinente et nécessaire.

     

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    ON AIR !

     


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  • L'enseigne culturelle numéro un en France vient de sortir une campagne de publicité intitulée "J'ai fait la FNAC". Plusieurs artistes, dans des registres différents expliquent comment la FNAC les a marqués, influencés, et permis de devenir ce qu'ils sont aujourd'hui. Occasion pour moi d'une petite introspection teintée de souvenir et empreinte de nostalgie. 

    J'AI FAIT LA FNAC

    Et oui, j'ose le dire. Je suis un grand sentimental. Certains souriront en lisant ces lignes, je n'en doute pas... Mais c'est ainsi qu'en voyant et en écoutant ce clip publicitaire, fort bien réalisé soit dit en passant, de Nekfeu ventant l'impact personnel de la FNAC dans l'immersion de ses talents d'artistes, une émotion émoustillante s'est immédiatement manifestée en moi. Étonnant toujours de réaliser combien certaines choses à priori insignifiantes peuvent générer des réactions profondes... une odeur, une image, un son, un clip ! Ce ressenti était d'autant plus réel quand, par curiosité (heu... oui... encore un secret dévoilé), je pu regarder sur internet deux autres clips de la campagne mettant en scène Christopher Blain, un auteur de BD, ou le photographe Stéphane Lavoué.

    Mais Jean-Luc, pourquoi tant de sensibilité, voyons ? Mais tout simplement parce que ces films d'animation me replongeaient en arrière au cœur de mon adolescence et de ma vie de jeune adulte musicien et passionné des mots, de communication, de radios-libres (nous sommes au début des années 80). En écoutant Nekfeu, Christopher ou Stéphane, je revoyais Jean-Luc... des heures entières, presque des journées parfois à errer seul ou accompagné dans les allées de la FNAC des Halles, celle de Wagram ou celle de la rue de Rennes... à décortiquer les pochettes de vinyles (puis plus tard des CDs) dans les rayons Pop, Rock, Jazz, Blues, World, Métal, Import... et parfois Variété française (mais moins longtemps) à écouter, à discuter avec des vendeurs souvent eux-mêmes passionnés et connaisseurs (et acheter un peu quand même aussi)... Lire toutes sortes de bouquins, flaner dans les rayons hifi, photo... rester devant le grand panneau qui affichait tous les concerts et rêver ensuite en écoutant en live Toto, Supertramp, Clapton, Mc Cartney, Dylan, Santana, Van Morisson, U2, Peter Gabriel, Youssou N'Dour, Phil Collins, Al Jarreau, Giant, Donna Summer, Whitney Houston, Earth Wind and Fire, Larry Carlton, Bobby Mc Ferrin, Ray Charles, Lee Ritenour, David Sanborn, Michel Jonasz, Cabrel, Mc Solaar, Bill Deraime, Johnny, Fugain, Paul Personne, Stryper, Chick Corea, Koinonia, Billy Cobham, Dianne Schurr... (et j'en oublie plein !). Et oui, c'était un temps où le prix d'une place de concert était encore accessible assez facilement.

    En repensant à ces temps passé à la FNAC, à cette ouverture culturelle et artistique qui fut la mienne au travers de toutes ces découvertes musicales, littéraire et technologiques, c'est une vraie nostalgie aussi qui apparait. Car aujourd'hui encore, lorsque je me promène dans une ville et que je croise une enseigne annonçant la présence de la FNAC, une envie irrésistible d'y entrer m'envahit presque systématiquement. Mais ce temps d'avant n'est plus tout à fait le même... les vendeurs ne sont plus que très très rarement ces passionnés qui discutaient avec vous, vous faisaient découvrir telle ou telle autre pépite cachée dans un fond de présentoir... l'électroménager s'est incrusté dans les rayons, et une certaine magie des lieux a, il faut le reconnaitre, un peu disparue. Dommage... mais je n'en reste pas moins fidèle et continue et continuerai à m'y rendre et à continuer à y errer de temps en temps comme une forme d'hommage à ces quatre lettres qui, à moi aussi, me permette de dire haut et fort : OUI moi aussi, J'ai fait la FNAC ! 


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  • Il est des connexions parfois surprenantes, inattendues. Celle personnelle avec ce livre et son auteur par une virtualité "tweetesque" qui devient réelle lorsque le livre arrive dans la boite aux lettres, qui en rejoint une autre, celle que connaît Duane, le héros de ces pages, avec un passé sombre et douloureux. Des vagues enchaînées qui deviennent ensorcelantes et interpellantes à la fois.

    LES VAGUES ENCHAÎNÉES

    Duane Pulvar est un jeune Créole parisien du quartier d’Alésia, endroit agréable, vert et ensoleillé en cette saison d’été. Prospère, il est propriétaire d’un magasin de jeux vidéos qui fait recette. Il a une femme charmante et a deux adorables enfants. Une vie paisible. Mais un jour tout bascule... Des démons du passé surgissent dans ses cauchemars. Son cousin Rémy doit alors le questionner et l’entendre longuement conter l’horreur d’un épisode de l’histoire de l’humanité. Même si l’ancêtre de Duane veille sur lui et sa famille, les vies des hommes noirs, blancs, métis d’une époque révolue sont fauchés par une lame d’acier et la haine d’Aromos le cruel marin espagnol. Le bruit de l’esclavage résonne tel un grognement du mal, tourbillonnant dans la tête de Duane, seul, entre sa réalité où il a tout détruit et cette effroyable porte temporelle. Ce passage vers l’horreur, se refermera-t-il ?

    Ce deuxième roman de Rémy Pulvar se laisse dévorer au rythme de la marée au montant, comme une vague qui avance et ne semble pouvoir s'arrêter. Comment refermer ces pages sans aller au bout du récit et en connaître plus. C'est sans doute l'une des grandes forces qui transpire de l'écriture de Rémy, celle de nous captiver à la fois par le rythme, les mots mais aussi le fond qui porte le tout. Une histoire qui nous plonge dans l'horreur la plus grande de l'humanité... celle de l'esclavage, d'une négation de l'autre, de celui qui est pourtant comme moi mais qui me paraît autre. La bassesse la plus élevée du cœur humain finalement qui a marquée l'histoire mais qui, hélas, continue d'être, sous diverses formes, une réalité trop grande de notre monde actuel (30 millions de victimes estimées aujourd'hui). Un présent qui fait écho à un passé... et qui peut-être sans doute ainsi entendue aussi dans ce roman qui devient alors parabole.

    Si l'histoire est inévitablement éprouvante, une vraie force d'amour transpire aussi de l'écriture de Rémy Pulvar. Un amour qui prend vie et forme en particulier dans les descriptions de la relation entre Duane et Edwige, sa compagne. De la violence de l'expérience surnaturelle que subit Duane on retombe inlassablement dans la douceur des regards, des gestes, du souffle des étreintes du couple mais aussi la tendresse d'une famille, d'un père avec ses enfants. C'est la complicité d'un père et de son fils qui devient force... une histoire de transmission donc également, d'héritage... de ceux que l'on bâtit mais aussi des autres que l'on porte en soi, sans même parfois le savoir.

    Merci Rémy pour ce moment entre deux mondes... quand à vous qui me lisez, laissez-vous donc tenter par l'aventure, laissez-vous entraînées par ces vagues enchaînées, ensorcelantes, dangereuses mais bouleversantes.

     

    Informations bibliographiques

     

     


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