• JIMMY'S HALL... ET BIEN DANSEZ MAINTENANT !

    La fameuse phrase que l’on voit souvent en début de film : « Les personnages et les situations de ce récit étant purement fictifs, toute ressemblance avec des personnes ou des situations existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite. », n’est vraiment pas l’adage de cette 67ème édition du Festival de Cannes. Au contraire même, puisque nombreux sont les réalisateurs ayant à l’inverse choisi de raconter des histoires s’inspirants de faits réels. Et un de plus ce matin… mais pas n’importe lequel, puisqu’il s’agit du nouveau Ken Loach avec Jimmy’s Hall.

    JIMMY'S HALL AFFICHE

    1932 - Après un exil de 10 ans aux États-Unis, Jimmy Gralton rentre au pays pour aider sa mère à s’occuper de la ferme familiale. L’Irlande qu’il retrouve, une dizaine d’années après la guerre civile, s’est dotée d’un nouveau gouvernement. Tous les espoirs sont permis… Suite aux sollicitations des jeunes du Comté de Leitrim, Jimmy, malgré sa réticence à provoquer ses vieux ennemis comme l’Église ou les propriétaires terriens, décide de rouvrir le « Hall », un foyer ouvert à tous où l’on se retrouve pour danser, étudier, ou discuter. À nouveau, le succès est immédiat. Mais l’influence grandissante de Jimmy et ses idées progressistes ne sont toujours pas du goût de tout le monde au village. Les tensions refont surface…

    JIMMY'S HALL Photo film

    En décidant de nous parler de l’histoire de Jimmy Gralton, le seul Irlandais à avoir été expulsé de son propre pays sans procès, parce qu’il était considéré comme « immigré clandestin » en août 1933, Ken Loach nous propose un hymne à la liberté, à la vie… et au courage. Paul Laverty, scénariste du film, souligne combien il a été frappé par la volonté collective d’ouvrir ce centre, construit par des bénévoles, où les jeunes pouvaient se retrouver pour refaire le monde, se cultiver, donner des cours et, bien entendu, chanter et danser, sans être inquiétés par quiconque, pas même par l’Église et le gouvernement qui, à l’époque, étaient complices. Jimmy et ses camarades étaient résolus à construire un espace de liberté. Alors oui, le « religieux » n’est pas reluisant, tout comme Philomena de Stephen Frears égratignait l’Église irlandaise des années 50… mais il y a de quoi… reconnaissons-le. On peut voir là encore comment la religion peut rapidement s’enfermer dans des conceptions (bien lointaines du texte et des enseignements bibliques. L’un des prêtres de Jimmy’s Hall le reconnaît d’ailleurs) et surtout enfermer l’autre alors, en particulier quand elle cherche à prendre le pouvoir et oublie son rôle de serviteur. Sortir de la religion pour entrer dans la relation… au prochain mais aussi à Dieu pour l’entendre et entendre alors l’autre et le comprendre… quelqu’il soit, quelque soit son rang, ses idées et ses choix. Voilà sans doute une leçon qui transparait de cette ballade irlandaise.

    JIMMY'S HALL Photo film

    Le risque et les dérives de l’opulence qui conduit à l’exploitation du plus petit et même à sa négation sont aussi constamment présents. « Si on mange plus qu’il ne faut, on finit pas exploser ! » dira l’un des amis de Gralton. Une explosion qui, hélas, fait surtout des dégâts tout autours et chez les plus faibles, mais qui ne détruit tout de même pas l’envie, l’amour, le courage et la liberté. Car tout est là… en particulier dans les instants tristes de ce récit qui soudainement s’illuminent et redonne espoir : Rien n’est jamais perdu, et ce qui a été transmis aux plus jeunes ne sera pas oublié et continuera de vivre et de se transmettre encore.

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    Merci monsieur Ken Loach pour ces leçons de vie… et cette leçon de cinéma !

    Et rendez-vous le 2 juillet sur les écrans français.

     

     


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  • Commentaires

    1
    Arts et Vie
    Jeudi 22 Mai 2014 à 12:03

    Bonjour.

    Je ne suis pas du tout fan de cinéma, (fan d'autres choses ! ...), mais je trouve génial le contenu de ce film.

    Pourvu qu'il trouve un écho favorable dans la vie de beaucoup. 

    La suite m'intéresse tout particulièrement. Là, je demande vraiment à voir ? !! Oui, les suites ??

    Bonne fin de festival.

    Art et Vie

    2
    Nathdo
    Mercredi 25 Juin 2014 à 08:34
    Merci pour cette belle analyse !!!
    3
    Arts et Vie
    Mercredi 25 Juin 2014 à 09:48

    Merci à vous. Dès que possible, je vais aller le voir. Et j'attends... le dvd.

    Les belles affiches à Paris, sur les boulevards yes .

    4
    Arts et Vie
    Mercredi 25 Juin 2014 à 09:51

    J'ai hâte de voir le passage : " Vous pouvez venir avec nous, au cours de danse " !!!!!!

    5
    Arts et Vie
    Dimanche 4 Janvier 2015 à 12:05

    Bonjour.

    Enfin vu ce film. Que j'aime....

    Malgré de la déception.

    Pourquoi ?

    - Après la bande-annonce, je pensais à autre chose quant au contenu (l'imaginaire et ses tromperies smile!).

    - Très intéressant, l'Histoire, malgré tout ; le contenu tel qu'il est : tout ce qui est réalisé, remis debout, l'enthousiasme, le travail, les relations ; même les tensions.

    - Reste toute une autre histoire à écrire, encore.

    Mais j'ai, personnellement (et d'autres avec moi) perçu ce film, dans le contenu de son récit, comme l'histoire de bonnes tentatives d'action se terminant par un échec (c'est pourquoi il reste à écrire, encore... la suite - elle aussi, étant un, voire des, défis(s)...). Et cela implique bien des éléments sur lesquels il conviendrait de se pencher.

    Sinon : nous allons nous servir de ce film, à Arts et Vie, comme base de discussions, d'échanges, voire de travail.

    Et : je vais le joindre comme exemple de base de réflexion et d'analyse dans un devoir universitaire en Ethique et Esthétique ; il va être riche d'enseignement. (un retour argumenté ? les mystères de la fac... et des professeurs).

    Heureuse année.biggrin

    Bien à vous.

    Arts et Vie

     

     

     

     

     

     

     

     

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