• L'HEURE DU PRÉ-BILAN

    Fin de Festival… l’heure du pré-bilan, avant que ce soir le Jury ne rende sa copie et nous dévoile le palmarès officiel. Mais déjà un certain nombre de prix ont été donnés dont le prix du Jury œcuménique et je me dois aussi de vous livrer le mien. Des choix totalement subjectifs que j’assume et qui ne représentent évidemment que mon avis du moment.

    Revenons tout d’abord sur ces premiers prix décernés dans cette journée de samedi. À 16h, dans le salon des ambassadeurs du Palais des Festivals, une foule particulièrement nombreuse cette année assistait à la cérémonie officielle organisée conjointement par le Jury œcuménique et le Jury de la presse internationale du cinéma FIPRESCI. Le soir, dans le théâtre Debussy, le Jury de la sélection Un certain regard lui aussi donnait ses résultats :

    Vers la lumière (Hikari) de Naomi Kawase, qui raconte l’histoire d’une jeune femme qui rend les films accessibles aux aveugles grâce à l’audio description, a reçu le Prix du Jury œcuménique.

    Le Jury argumente son choix ainsi : « Ce film de grande qualité artistique nous invite par sa poésie à regarder et écouter plus attentivement le monde qui nous entoure, a déclaré le jury. Il nous parle de responsabilité, de résilience, d’espoir, de la possibilité, même pour ceux qui sont dans l’obscurité, d’apercevoir la lumière ». Ma critique à retrouver ici

    hikari

    120 Battements par minute de Robin Campillo s'est vu remettre le prix Fipresci en sélection officielle. « Un film d’amour, un film sur la vie, la vie plus forte que la mort, un film comme une lueur d’espoir » a justifié le Jury. Les autres prix Fipresci  ont été remis à Une vie à l’étroit (Tesnota) du Russe Kantemir Balagov et à L’Usine de rien (A Fabrica de nada) du Portugais Pedro Pinho.

    12O battements par minute

    Visages, Villages d’Agnès Varda et JR a reçu L’Œil d’or du meilleur documentaire, prix décerné par un jury présidé par Sandrine Bonnaire qui s’est dit « profondément émue par le choix d’Agnès et JR d’aller à la rencontre des soi-disant petites gens, touchée au cœur par ce film qui conte la considération de l’Autre à travers l’art. Deux regards conjugués, tendres et généreux… »

    Bruno, le caniche blanc de The Meyerowitz Stories a reçu la Palm Dog pour sa performance aux côtés de Dustin Hoffman. « Franchement c’était un rôle génial parce qu’ils ont mis le chien au cœur du scénario, explique l’organisateur du prix Toby Rose. Il est sympathique… pour cela, on s’est dit qu’il avait mérité sa récompense. » Dans la vraie vie, ce grand caniche s’appelle Einstein !

    La BO de Good Time des frères Safdie, signée par Oneohtrix Point Never et Iggy Pop, a reçu le prix Cannes Soundtrack.

    En partenariat avec le festival de Cannes, l’association « La semaine du Son » a créé un nouveau prix : Prix de la meilleure création sonore. Il a pour vocation de récompenser un réalisateur pour l’excellence sonore de son film « parce qu’elle sublime la perception artistique, sémantique et narrative du spectateur ». Concourent pour ce prix les films sélectionnés dans la section Un Certain Regard. C’est le film tunisien La belle et la meute de Kaouther Ben Hania qui a remporté hier ce prix de la meilleure création sonore, dans sa première édition.

    Du côté de la toujours très bonne sélection Un certain regard justement, le Jury présidé cette année par Uma Thurman a livré lui aussi son palmarès :

    Le prix Un certain regard est décerné à Lerd (Un homme intègre) de Mohammad Rasoulof. Le prix d’interprétation féminine à l’italienne Jasmine Trinca pour Fortunata. Le prix de la poésie du cinéma pour Barbara de Mathieu Amalric. Celui du prix de la mise en scène à Taylor Sheridan pour Wind river. Et enfin le prix du Jury à las hijas de abril (les filles d’Abril) de Michel Franco.

    LERD

    Voilà… et maintenant, à mon tour de me risquer à un palmarès, comme je le disais en introduction, totalement subjectif et assumé.

    Pour MA palme d’or, comme je le pressentais déjà en sortie de séance et l’expliquais dans ma critique, Hikari (Vers la lumière) de Naomi Kawase n’a pas été détrôné. Je me suis réjoui de constater que le Jury œcuménique y a été aussi particulièrement sensible pour lui remettre à l’unanimité son prix. Un film qui conjugue merveilleusement bien esthétique, poésie, musique, jeu d’acteurs, thématiques humaines et en plus diverses. Un film qui touche, droit au cœur et pourra se revoir, se réfléchir, s’approfondir encore. Hikari restera dans la durée sans nul doute. 

    JLG avec Masatoshi Nagase

    Pour ne pas en rester là je continuerai avec les prix d’interprétation masculine et féminine :

    Nahuel Perez Biscayart dans 120 battements par minute est pour moi remarquable et d’une intensité rare dans ce rôle difficile et poignant. Louis Garrel dans son interprétation de Godard est aussi à mentionner tout particulièrement.

    Maryana Spivak pour son rôle de mère égocentrique et impassible dans le film Nelyubov (Faute d’amour) donne à cet excellent film une tension directement liée à son personnage. Je voudrai aussi souligner le rôle de Jasmine Trinca dans Fortunata (mais en sélection Un certain regard) qui, une fois de plus, après Miele, notamment, confirme ses qualités exceptionnelles d’actrice italienne. Diane Kruger est aussi l’une des comédiennes incontournables de cette 70ème sélection.

    Et d’autres films m’on aussi marqué et j’aimerai les évoquer là rapidement. The Square drôle et efficace, mais aussi terriblement clivant, pourrait être mon Grand prix. Un prix du Jury qui irait alors à Wonderstruck offrant une jolie histoire venant sans doute faire un certain écho à Hikari sur certains aspects du scénario, même s’il n’en a pas la même richesse. Celui de la mise en scène serait offert à Michel Hazanivicius pour son originale approche de Godard dans Le redoutable, et enfin celui du scénario pour The Meyerowitz Stories qui, tout en me laissant quelque peu sur ma faim, me semble être intéressant dans sa façon d’aborder une histoire familiale torturée mais où toujours quelque chose de possible reste envisageable.

    loveless 

    Une dernière remarque enfin concernant ce qui peut être considéré comme la grande thématique de cette édition 2017 (toutes sélections confondues) : La difficulté de transmission et d’amour de parents à enfants. Signe peut-être d’une société en souffrance familiale… Il n’était vraiment pas très bon d’être « parent » bien souvent dans ces longs métrages qui ont nourris cette jolie quinzaine cannoise !


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