• LA BELLE PROMISE

    Voyage dans une Palestine inhabituelle au cinéma, avec La belle promise, première œuvre de la réalisatrice Suha Arraf. Elle nous plonge dans un portrait de femmes de l'aristocratie chrétienne palestinienne qui, après la Guerre de Six Jours en 1967, ont perdue de leur superbe et vivent quasi recluses dans leur villa à Ramallah.

    LA BELLE PROMISE affiche

    Ces trois sœurs chrétiennes, Juliette, Violette et Antoinette accueillent Badia, leur toute jeune nièce qui vient d’un orphelinat. Juliette qui règne avec poigne sur ce gynécée fait brûler les « haillons » de sa nièce et se charge de lui faire respecter les règles de cette « honorable maison ». L’objectif étant maintenant de lui trouver un mari chrétien de bonne famille. 

    Sous la forme d’un quasi huit-clos, Suha Arraf dépeint avec tact et force ce lieu figé où le temps semble s’être arrêté. Elle nous dévoile progressivement les caractères, personnalités et histoires de ces femmes. On s’attache, on sursaute, on s’offusque, on sourit, on peut même pleurer… Oui les émotions sont au rendez-vous tant tout semble proche du spectateur, dans une immense simplicité et malgré un situation si loin de nous. Une caméra très souvent fixe qui nous fait entrer dans l’intimité de cette villa et nous permet d’admirer le jeu remarquable de ces quatre actrices qui, dans chaque regard, sourire, larme et droiture du buste, éclatent de justesse artistique.

    LA BELLE PROMISE photo

    Alors bien sûr, si j’évoque le sourire et même une vraie dimension humoristique qui passe souvent par l’ironie, La belle promise est un drame intense. La souffrance de ces sœurs, qui rejaillit cruellement sur Badia est éprouvante et le contexte palestinien, même s’il n’est pas directement présent mais plutôt suggéré, amplifie naturellement ce ressenti. Mais ce film est une belle occasion, par ce tableau fascinant, de pouvoir observer tous ces jeux relationnels, également la force impressionnante des traditions et des emprisonnements identitaires et religieux et constater jusqu’où cela peut conduire.


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