• Quoi de mieux qu’une plage pour un film qui sort en plein mois de juillet… mais cette plage-là est d’un tout autre calibre. On s’en échappe ou on y crève ! Dunkerque, c’est pas le club Med chez Christopher Nolan, mais l’occasion pour lui d’utiliser cette histoire d’évacuation des troupes britanniques et françaises piégées par l’ennemi afin de travailler sur ses thèmes fétiches et aboutir à une œuvre magistrale.

     

    DUNKERQUE affiche

     

    La jetée, une semaine

    La mer, un jour

    Le ciel, une heure

    Après une introduction qui nous plante le décor d’un combat où l’ennemi est invisible mais tout-puissant et des soldats qui sont pris comme des rats cherchant à s’échapper pour survivre, Christopher Nolan nous fait entrer véritablement dans le film avec ces trois positionnements géographiques et temporels. Dans ces trois décors se jouent alors de multiples histoires qui se font écho, qui se croisent, qui s’entremêlent tout en ne se déroulant pas dans la même échelle de temps. Dis ainsi, on pourrait s’inquiéter qu’une certaine complexité apparaisse mais c’est au contraire un élément de force qui apporte un rythme étonnant et qui ajoute à l’histoire en amplifiant cette thématique de la survie qui éclate extraordinairement tout au long du récit.

    DUNKERQUE

    Christopher Nolan touche au génie dans sa réalisation et ses choix scénaristiques. Pour faire un film de guerre (du moins racontant un épisode d’un guerre), il choisit de ne pas parler du conflit mais de suivre des itinéraires… qui vont d’ailleurs en sens contraires pour une même alternative : s’enfuir et vivre. Alors il y a ceux bien sûr qui veulent quitter la plage par tous les moyens possibles et mais aussi d’autres qui veulent la rejoindre pour les aider ou les transporter. Et qui dit guerre induit aussi camps adverses, et là aussi il y a cet ennemi qui est forcément présent. Présent mais pourtant toujours invisible. Les Allemands n'existent que par leurs balles, par leurs avions mais sans même apercevoir leurs pilotes et donc par une présence quasi fantomatique, tels des rôdeurs dont les ombres entourent la plage. Et le spectateur se retrouve au cœur de l’histoire, lui aussi dans cette impression d’être chassé, de suffoquer que l’eau monte ou que le cockpit de l’avion ne s’ouvre plus… Il vit la fuite comme les soldats et les civils ont pu la vivre et la ressentir. Et dans la survit, c’est le silence qui l’emporte. Les mots sont en trop, superflus, voir perturbants… Alors le film est justement avare de parole. Et Nolan privilégie un regard, un visage, une émotion, une action.

    Et puis il y a Hans Zimmer, le Maestro (et habitué du tandem avec Nolan) qui nous livre sans doute l’une de ses plus belles partitions, élément fondamental de Dunkerque. À la fois porteur comme la chape d’une maison en construction, la BO est aussi là l’élément qui relie les unités de temps et les histoires. Une partition quasi unique qui ne semble n’avoir ni commencement, ni fin… mais qui est là et accompagne la douceur, la tension, la joie, la vie, l’espérance ou la mort.

    DUNKERQUE

    1h47 ! Dans cette indication de durée qui correspond précisément à la longueur de Dunkerque, se joue aussi l’une des réussites de Christopher Nolan. Il ne fait pas trop et terriblement efficace. Juste ce qu’il faut pour développer et couper quand il le faut, filer droit et virevolter au dernier moment comme le fait d’ailleurs un Spitfire dans les airs pour échapper au chasseur ennemi ou le little ship britannique dans la ligne de mire du Stuka allemand. Pas de superflus, de bons sentiments, de larmes ou de rires qui n’ont pas leurs places dans cette histoire. C’est à l’économie que Nolan travaille question émotions, du moins économie visible car on est loin d'être en manque, mais c’est à l’intérieur que tout se passe, au fond des tripes des acteurs… comme dans celles des spectateurs.

     

     


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  • Si ArtSpi'in est un blog personnel, il peut devenir, comme c'est le cas avec cet article, un support d'écriture pour la plume de certain(e)s ami(e)s inspiré(e)s. Cet article est signé par Joan Charras-Sancho et vient en écho à mon Billet d'humeur joyeuse et confiante suite au culte télévisé sur France 2, dans le cadre de Présence Protestante, le dimanche 25/06/17 à Hillsong Paris.

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    La diversité de la FPF est sa richesse mais aussi son atout en ces temps de clivages sur tout et n’importe quoi. Les cultes diffusés le dimanche matin sur la chaîne publique donnent à voir cette diversité et c’est avec bienveillance et amusement que je propose ce regard critique venant d’une théologienne luthéro-réformée à tendance charismato-inclusive. L’idée étant de relever, ce qui, au court du visionnage, a retenu l’attention de la liturgiste que je suis. Ces détails, parlants, ont leur importance théologique et je serais ravie que ce petit exercice donne envie à d’autres de s’y essayer – et de mieux le réussir que moi !

    culte tv hillsong paris

    Une ambiance particulière

    Un culte Hillsong, c’est une ambiance particulière, probablement aux antipodes des cultes austères, minéraux, intellectuels de certaines assemblées luthériennes et réformées de grande dissémination. Là, cette ambiance est tamisée, avec des éclairages qui font un peu penser à une salle de concert tout en créant une tierce ambiance qui déplace : ni salle de concert, ni culte classique…un culte Hillsong veut donner envie d’aller plus loin, dès les premiers instants.

    Une façon de s’adresser à la communauté

    Le phrasé légèrement émotif des orateurs, qu’ils passent à la télé en direct ou pas (ils sont tous filmés et passent toujours sur le net, ça ne change rien) met aussi dos à dos Billy Graham et ses collègues plein d’assurance et une forme de présence pastorale « empruntée ». Là, on a un jeune chrétien qui tremble et se réjouit, tout à la fois, de servir Dieu. Il est ému, il l’assume et ça se voit. A la longue, c’est un peu agaçant, d’ailleurs. Comme tout phrasé, ça se travaille et on peut éviter le ton « Neuilly-Passy ». Sauf si on veut restreindre sa cible à celles et ceux qui sont un peu riches, un peu hypes, un peu dans le vent. Mais je n’ose croire cela.

    Dans le fond, Hillsong, ce sont des pros de la communication, il suffit de les écouter : « Eglise », c’est une façon peu commune de s’adresser à une assemblée. Mais en même temps, c’est court, c’est clair et c’est fédérateur : que tu sois là, sur place, derrière ton poste ou en train de regarder ça sur ton téléphone, tu es Eglise. C’est inspirant. Et ça sort de l’aspect binaire « chères sœurs, chers frères ». Je note. 

    Une autre image de l’Eglise

    Le conducteur de louange est noir, les femmes sont de suite présentes à l’écran. D’ailleurs, plus tard, une femme pasteure – enfin, heu, une femme de pasteur , bref, les deux !–donnera le message. Hillsong est une Eglise qui attire les jeunes, qui aime la diversité des origines, qui prend autant soin des hommes que des femmes (ils font des week-ends géniaux pour les sœurs, dans de grandes capitales européennes ! J’attends toujours que l’UEPAL le fasse…) Cet amour des gens jeunes et cools se traduit même dans les cantiques : « à jamais jeunes en ton amour », dit l’un d’entre eux. Ca me rappelle le cantique que les missionnaires luthériens ont enseigné aux camerounais « blanc, blanc comme neige ». On chante aussi nos fantasmes, c’est bien humain. Le tout étant de le remarquer…D’ailleurs à la fin, on est encouragé à servir Dieu dans notre génération. J’aimerais savoir si ça s’adresse à toutes les générations, mêmes les personnes du 3ème et du 4ème âge, qui forment probablement le gros du public de ce format de culte ! 

    Des rythmes plus ou moins biens gérés

    Le grand atout d’Hillsong, c’est qu’ils sont rôdés à l’audio-visuel. On peut même dire qu’ils ont tout à nous apprendre, nous vieilles Eglises. Du coup, ils gèrent très bien, avec les lumières, les cantiques, les fonds musicaux, les intonations de voix et les mimiques des orateurs, les transitions (rapides et efficaces) entre temps d’exaltation et temps d’adoration. Leur recherche d’adoration les conduit cependant à l’écueil de la répétition (je vais à Taizé plusieurs fois par an, je connais bien cet écueil !) notamment en ce qui concerne « Ce nom est victorieux », une phrase d’un cantique. Il faut réaliser que les paroles étant assez pauvres, et ce afin d’être comprises de toutes et de tous, le fait de les répéter n’apporte rien à partir d’un certain moment. A moins qu’on ne veuille une ambiance de transe mais j’en doute dans le cadre d’un culte FPF en direct sur une chaîne publique.

    Des idées de génie

    Hillsong a bien des choses à nous enseigner. Le fait de préparer les sujets de prière à l’avance et de les mettre sur le vidéo-projecteur, c’est pratiquement à préconiser pour tous les cultes télévisés. Le fait de n’avoir aucun déplacement liturgique, pour ce format, c’est aussi beaucoup plus lisible. On garde un point focus, on reste concentré. Un témoignage de jeune converti, si on ne peut pas le généraliser (il faudrait déjà en avoir pour le faire !) est audacieux, notamment sous cet angle-là : dans sa vie quotidienne, à bidouiller sur l’ordinateur. Le fait de le laisser dire les choses, avec ses mots, sans filtre, rend son témoignage proche et intelligible. Extraits : « J’étais perdu comme tous les jeunes de mon âge ; ce week-end Hillsong pour jeunes, c’était un concert, vraiment cool ». Ce langage accessible doit nous interpeller, nous, vieilles Eglises.

    Une vieille ficelle

    La grande surprise, pour moi, ça a été la valorisation, via le témoignage du jeune (c’est très astucieux, bravo !) « perdu mais geek mais cool » de l’appel à la conversion. Je pense directement aux bancs de repentance de l’Armée du Salut, à la convention pentecôtiste à laquelle j’ai un jour assisté il y a 15 ans, bref, je suis rassurée de voir que les pentecôtistes ont aussi leurs vieux leviers rituels et liturgiques auxquels ils tiennent.

    Un message qui se veut puissant

    La femme-pasteure/femme de pasteur est elle aussi une professionnelle du « semi-free speech ». Debout, à l’aise, elle regarde bien l’assemblée et ne s’aide pas de notes pour parler. Hillsong veut se profiler comme une Eglise complémentariste où les couples pastoraux exercent leurs dons ensemble. Le leader, c’est l’homme mais il n’est rien sans sa femme. Un jour j’étais à un culte Hillsong-Paris et le pasteur a même précisé qu’il aimait grave sa femme et qu’il la trouvait canon ! J’avoue qu’en tant que femme de pasteur luthéro-réformé, j’ai été un peu jalouse. Chez nous, ça ne risque pas d’arriver. Bon, en même temps, ça fait presque 70 ans qu’on a des femmes pasteures. De plus en plus, d’ailleurs.

    Revenons au message. Bien qu’à l’aise, l’oratrice parle de façon un peu pincé, un peu tendue. Elle annonce d’ailleurs dès le départ que son message va être fort. Dans ma tradition, on appelle ça de l’orgueil mais je veux bien croire que c’est une question de lunette ecclésiale. Je crois que chez eux c’est juste une constatation : on lit la Bible, on prêche dessus, ça va être fort. Pourquoi pas. Là où je tique, c’est quand elle utilise le témoignage d’une tierce personne pour faire sa démonstration. Déjà, les sujets de prière mis en public, c’est déconcertant pour moi mais j’en vois l’avantage. Là, je pense qu’il vaut mieux rester sur ce que ce passage de la Bible signifie dans MA vie, ce qu’il éclaire, ce qu’il remue, ce qu’il déplace. Trop de témoignages tue le témoignage.

    Un catéchisme caché

    Chez nous (les vieilles Eglises qui ont des orgues etc), on fait le catéchisme. Cette formule évolue et on est loin du temps de Luther où les jeunes devaient pouvoir répondre à n’importe quelle question pointue du catéchisme. Exemple : « Quel est le Sacrement de l'autel? Il est le vrai corps et le sang de notre Seigneur Jésus-Christ, sous le pain et le vin, pour nous chrétiens, à manger et à boire, institué par le Christ lui-même. » Maintenant, en Suisse, on propose des catéchismes-péniche, en France on mutualise les forces et on fait même des mannequin-challenge. Bref, ça m’a bien surpris que la pasteure fasse répéter des paroles de repentance à l’assemblée. J’ai eu le sentiment d’un retour au catéchisme de Luther saupoudré d’une bande-son émotionnelle. Si ça se trouve, Luther aurait kifé ! (Je parle jeune moi aussi).

    Blague à part, ce qui ne va vraiment plus pour moi, c’est quand, à la fin de ce moment, disons, fidèle à la tradition luthérienne, la pasteur s’exclame : « Waouh super ! Amen. » Les pasteurs n’ont pas à valider les élans de foi des fidèles car cela les pose dans un posture de coach, au mieux, de censeur, au pire. Un pasteur exhorte, enseigne, prie avec ses fidèles et se repent tout comme eux car il est autant pécheur et gracié qu’eux. C’est important qu’on en rediscute, théologiquement, de ce point, je pense.

    Une belle emphase sur la prière

    Ce qui m’a le plus séduit, dans ce culte, c’est le temps de prière à la fin. On peut dire que chez Hillsong, ils aiment prier et ça se sent. D’abord, ils pensent à remercier pasteure Karine (j’apprécie qu’ils l’appellent pasteure, d’ailleurs). Puis ils demandent qu’on garde une partie de leur équipe dans leur prière, ils s’en vont dans l’Océan Indien. C’est aussi ça, Hillsong : des équipes pros d’évangélisation, une grosse capacité à lever des fonds en cas de catastrophes, un fort esprit de service. Concernant la prière finale, celle qui demande la grâce (j’imagine que c’est la bénédiction), j’ai apprécié le décalage entre cette demande et le fait de brandir une Bible à 1,50€. Hillsong, sa force, c’est de créer des décalages qui parlent à celles et ceux qui ne comprennent rien à nos vieux mots et nos vieux rituels. Les observer, c’est apprendre.

    Je termine en disant que je suis vraiment contente qu’Hillsong soit dans la Fédération Protestante de France. Une jeune Eglise, sûre d’elle, qui maîtrise les outils de communication, qui sait jouer sur plusieurs registres de langage sans rien renier de ses traditions et qui fait confiance aux jeunes, ça ne peut être qu’une belle source d’inspiration pour nous. Ou mieux, si jamais Hillsong venait à considérer que nos Eglises, malgré nos vieux rituels et nos pasteurs plus friands de théologie que de bancs de repentance, ont réussi à s’adapter à 500 ans d’histoire… ce sera éventuellement le temps d’un beau Réveil, l’alliance rêvée de l’orgue et de la batterie, du banc et de l’éclairage soigné, du stand-up et des processions d’entrée, des jeunes et des vieux, des prières sur vidéo-projecteur et des prédications en chaire.

    Ah non, pardon, ça c’est le Royaume. Merci à la FPF de le faire avancer.

     

    Joan Charras-Sancho, née en 1980, a soutenu, en septembre 2015, sa thèse de doctorat sous la direction de la professeure Elisabeth Parmentier : « Pratiques liturgiques d’Eglises luthériennes et réformées en France et analyses théologiques de ces pratiques ». Chercheuse-associée à l’Université de Strasbourg et à l’Institut Léman de Théologie Pratique, elle est aussi membre de la Société Internationale de Théologie Pratique et du comité de rédaction de Vie&Liturgie. Membre de l’Union des Eglises Protestantes d’Alsace et de Lorraine, elle participe activement au service de la Dynamique Culte au sein duquel elle organise des formations ponctuelles et met en place des projets innovants, comme une Expo-Culte.

    Joan Charras-Sancho

     


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  • Événement ce mercredi 12 juillet 2017, avec la sortie française du nouveau Spider-Man Homecoming. Après une entente avec Sony - qui possède les droits sur la franchise -, le studio Marvel a pu ramener dans son giron l'homme-araignée, et proposer en 15 ans une troisième adaptation cinématographique de son histoire après la trilogie de Sam Raimi et le diptyque de Marc Webb. Osé, risqué même… mais résultat plutôt vraiment réussi, donnant un élan nouveau et rafraîchissant à l'un des personnages les plus populaires de la Marvel.

    SPIDERMAN HOMECOMING AFFICHE

    Après ses spectaculaires débuts dans Captain America : Civil War, le jeune Peter Parker découvre peu à peu sa nouvelle identité, celle de Spider-Man, le super-héros lanceur de toile. Galvanisé par son expérience avec les Avengers, Peter rentre chez lui auprès de sa tante May, sous l’œil attentif de son nouveau mentor, Tony Stark. Il s’efforce de reprendre sa vie d’avant, mais au fond de lui, Peter rêve de se prouver qu’il est plus que le sympathique super héros du quartier. L’apparition d’un nouvel ennemi, le Vautour, va mettre en danger tout ce qui compte pour lui...

    Spider-Man Homecoming nous offre le récit du héros en introduisant une dynamique qui manquait sans doute aux franchises Spider-Man jusqu’à présent. Un doux mélange des épreuves et tribulations de la vie du jeune Peter Parker, avec notamment les dangers liés au fait d’être un super-héros, mais avec également une ouverture plus large en introduisant l’univers des Avengers présent tout au long du film. L’autre point fort se situe dans la psychologie du personnage marqué par la simplicité et la franchise. Un super-teenager-héros, en quelque sorte, qui découvre ses nouvelles capacités et qui se sent alors l’âme d’un sauveur dont la mission dépasserait le cadre réduit de son quartier. Et on entre dans le vif du sujet dès les premières images : Peter se sert de son portable pour filmer les choses extraordinaires qui lui arrivent, comme un ado d’aujourd’hui finalement. Clairement, l'une des réussites du film se trouve là, dans cette excellente captation de l'enthousiasme juvénile de cet ado confronté au destin extraordinaire qui se présente à lui avec Tony Starck alias Iron Man. Pour les aficionados des Avengers, on se souviendra qu’on avait déjà pu s'en apercevoir dans les quelques scènes formidables de Captain America: Civil War, où Spidey faisait une entrée aussi tonitruante que drôle dans le « Marvel Cinematic Universe » (MCU). 

    Pour appuyer cette démarche c’est l’humour, donc, qui devient le carburant fondamental de cette version d’une des F1 de la BD et du cinéma, plus d’ailleurs que les effets spéciaux et les scènes vertigineuses. Et c’est un heureux choix, me semble-t-il, surtout que l’équilibre reste néanmoins tout à fait correct : On en prend plein les yeux quand il le faut mais on rigole surtout énormément sans tomber dans le grand burlesque. Tout est bien dosé !

    SPIDEY... RETOUR GAGNANT !

    Le réalisateur Jon Watts a su faire aussi les bons choix en terme de casting pour arriver à ses fins. Le jeune Britannique Tom Holland est parfait dans le rôle de Peter, l’incarnant à merveille dans sa jeunesse, sa candeur naïve, son sérieux, son ingénuité et son sens moral. Sa tante May est incarnée par la séduisante Marisa Tomei, qui rajeunit évidemment le personnage traditionnel. On se régale aussi avec Jacob Batalon, qui se glisse dans la peau du meilleur ami Ned et devient l’élément fraicheur incontournable.

    Et puis il y a Robert Downey Jr. ! Dire que l’acteur est bon est un doux pléonasme… mais c’est surtout le duo formé par Robert et Tom qui est force du long métrage. Une relation quasi père-fils qui fonctionne terriblement et qui devient une sorte d’écho à celle formée par Michael Keaton (Le terrible Vautour) et la très jolie Laura Harrier (alias Liz). À propos du Vautour, le grand méchant de l’épisode, il est aussi appréciable de ne pas en avoir fait une caricature diabolique, mais de laisser apercevoir ses qualités et faiblesses qui d’ailleurs parfois, comme dans la vraie vie, se recoupent.

    casting spiderman homecoming

    Alors, oui, Spider-Man Homecoming est avant tout autre chose un blockbuster de super-héros version teenagers qui cherche avant tout à divertir… et ça le fait grave ! Mais comme j’aime aussi souvent le faire remarquer dans ce genre d’occasion, on peut aussi aller plus loin et y voir de nombreuses thématiques qui se cachent (ou qui ne se cachent pas d’ailleurs aussi) derrière le scénario et la psychologie des personnages. Les relations humaines sont un enjeu primordial pour Peter, qui conduisent parfois à des dilemmes profonds dans les choix, les options qui se présentent devant nous. Il y a la notion d’apprentissage, de la patience, des risques de la facilité ou de la présomption qui nous guette particulièrement quand tout semble nous pousser vers le haut… Et Spidey nous conduit même à réfléchir sur le difficile équilibre entre pardon et justice, entre grâce et vengeance.

    En résumé, certains puristes risquent peut-être de faire la fine bouche (et ils en ont le droit… je n’en suis pas un d’ailleurs, il faut le préciser) en reprochant le manque de quelques éléments de l’histoire d’origine et de scènes d’actions mais Spider-Man Homecoming est pour moi (et pour beaucoup à en croire les échos d’après séance de presse) une vraie réussite qui redonne un nouvel élan au personnage dans sa « carrière » ciné. Ah, j’allais oublier… petit plaisir personnel aussi de réentendre le fameux générique de la série tv réadapté avec éclat pour l’occasion… bien joué !

     


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  • Ce mercredi 5 juillet, un peu plus d’un mois avant le soixante dixième anniversaire de l’indépendance de l’Inde et du Pakistan les 14 et 15 aout prochains, cet événement nous est raconté sur grand écran dans Le dernier vice-roi des Indes par la réalisatrice britannique d’origine indienne Gurinder Chadha. Une grande fresque historique mêlant grande et petite histoire qui avait été présentée, hors compétition, lors du 67ème Festival de Berlin cette année.

    affiche le dernier vice-roi des Indes

    Mars 1947. Après 300 ans de domination anglaise, le Palais du Vice-Roi à Delhi ouvre ses portes une dernière fois pour accueillir en grande pompe Lord Mountbatten et sa famille. Petit-fils de la reine d'Angleterre et nommé dernier Vice-Roi des Indes, "Dickie" Mountbatten devra préparer le pays à l'indépendance. Mais la tâche s'avérera bien plus ardue que prévu. Après d'âpres négociations avec Nehru, Gandhi et Jinnah, perturbées par de violents conflits religieux, il n'aura d'autre choix que d’entériner la partition des Indes et la création d'un nouvel état, le Pakistan. Dans le même temps, Jeet et Aalia, deux jeunes indiens au service du Palais et que la religion oppose, subiront ces évènements et auront à choisir entre leur amour et leur attachement à leurs communautés. La décision de Lord Mountbatten va provoquer l'un des plus grands déplacements de population de l'Histoire et ses conséquences se font encore ressentir aujourd’hui.

    Disons-le tout de suite, Le dernier vice-roi des Indes est une magnifique épopée splendidement mise en scène avec des décors, costumes, musique et photo particulièrement soignés. On est dans du grand et beau cinéma, où l’écran devient une fenêtre qui s’ouvre sur le monde, sur l’histoire (ou du moins une vision de cette histoire), caresse nos émotions et nous donne ainsi de nous laisser porter comme sur un tapis volant pour s’évader et prendre du bon temps. La bonne tenue générale du casting, dans lequel on appréciera notamment de retrouver Gillian Anderson malheureusement trop souvent cantonnée à son rôle de l’agent Dana Scully et aux séries tv, apporte en plus un goût d’authenticité qui nous donne d’entrer plus aisément dans cette belle et néanmoins douloureuse histoire d’indépendance.

    dernier vice-roi des Indes

    Car si le décor et les couleurs nous en mettent plein la vue, impossible d’oublier le fond et ce qui nous est conté. Récit à la fois heureux car la liberté offerte résonne forcément comme une victoire, mais aussi l’horreur du prix à payer avec les méfaits des intérêts politiques qui s’y mêlent et laissent sur le carreau tant et tant d’hommes, de femmes et d’enfants. Gurinder Chadha dresse un vif portrait de la peur, de la violence, de la terreur et de l’insécurité qui ont précipité la division d’une nation dont les habitants se battent entre eux avec la même ferveur dont il font preuve pour défendre leur droit à l’indépendance. La thèse poursuivie par le film défend Lord Mountbatten : « Beaucoup de textes ont montré qu’il était contre la partition quand il est arrivé, mais c’est devenu une marionnette des politiciens, des officiers », souligne la réalisatrice lors de la conférence de presse à Berlin. Le film prend alors bien sûr aussi une résonance particulière plus contemporaine encore, alors que la question communautaire et religieuse n’a jamais semblée aussi cruciale. Elle ajoute encore « J’ai réalisé combien il était important de raconter cette histoire. Quand je suis arrivé au Pakistan, dans le village de mes grands-parents, tout le monde m’a accueilli comme si j’étais dans mon pays ». Des grands-parents qui ont vécu la partition et perdu un enfant lors de l’exode forcé des membres des deux communautés – exode qui a fait au moins un million de morts. « Je voulais faire un film qui raconte les aspects politiques mais aussi les aspects humains, les drames qu’ont vécus les familles ».

    dernier vice-roi des Indes

    Ces aspects humains sont justement aussi abordés là de façon intelligente en intégrant la petite histoire à la grande, mais comme cela est toujours le cas dans la vraie vie. Parallèlement à l’intrigue politique, des histoires individuelles se jouent… et là cette jolie romance qui se développe entre un policier hindou (Manish Dayal) et une musulmane (Huma Qureshi) apporte une forme de proximité dans la largeur du reste. Tous deux travaillent à la cour du Vice-roi, et imprègnent la narration d’un point de vue laïc sur la manière dont de grandes décisions peuvent bouleverser une vie.

    Une fois encore, un grand et beau cinéma dont il fera bon profiter en ce début d’été !


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  • Ce dimanche 25 juin 2017 à 10h, l’émission dominicale « Présence Protestante » nous conduisait à la découverte d’un culte de l’Église Hillsong Paris, condensé en moins de 30 min (coup de chapeau d’ailleurs à la production et réalisation et en particulier à Marie Orcel et Christophe Zimmerlin). Le Théâtre Bobino devient en effet Temple protestant chaque dimanche pour de longues heures puisque plusieurs cultes y sont célébrés par cette Église.

     

    HILLSONG PARIS

    Présence Protestante propose, en plus de documentaires et émissions de plateau, une fois par mois, un culte, en direct ou différé, correspondant à la diversité d’expression et d’ecclésiologie de la Fédération Protestante de France. Déjà le mois dernier, le service proposé se déroulait à Toulouse dans une expression fédérative mélangeant avec intelligence les formes et les genres. Mais avec ce culte de cette communauté typique d'une expression contemporaine évangélique très en vogue actuellement, le curseur a sans doute été poussé un peu plus loin… et cela éveille en moi un sentiment de joie et de confiance en l’avenir.

    Si le protestantisme est connu pour sa diversité, nous tombons hélas souvent dans la caricature facile mettant d’un côté les historiques et de l’autre les modernes, les évangéliques venant s’opposer à une tradition luthéro-réformée… au sein de chaque tradition d’autres oppositions… libéralisme face à une certaine orthodoxie, charismatiques vs évangéliques plus « classiques »… et arrêtons-nous là car sinon la déclinaison pourrait être longue. Caricatures donc mais hélas aussi parfois véritables disputes devenant luttes intestines avec une violence verbale ou scripturale désastreuse. Mais ce matin et malgré tout ça, je suis dans la joie et confiant…

    diversité

    Je me souviens d’un slogan utilisé lors d’un rassemblement des Protestants de l’Ouest de la France, il y a une quinzaine d’années à La Rochelle : « Notre diversité est notre richesse ! » Ce matin, elle éclatait une fois de plus sur les écrans de ma télévision et j’étais heureux et confiant…

    Ô oui, il y a encore du chemin à faire… et j’imagine bien les réactions épidermiques de certains en visionnant cette demi-heure, appuyant leurs réactions sur tels ou tels autres aspects que je ne voudrai volontairement préciser là… attitudes finalement similaires aux semblables réactions d’autres quand le culte nous invite à entrer dans un temple où la forme et le fond sont fondamentalement différents. Personnellement et de par mes fonctions et divers engagements, j’ai appris à prendre plaisir de l'état où je me trouve... enfin surtout des moments partagés dans telle ou telle autre communauté, à aimer échanger avec des collègues de traditions très différentes… et tout ça même bien au-delà du seul protestantisme (!). Alors oui, bien évidemment, je me sens plus à l’aise ici que là, plus en adéquation théologique avec cette approche qu’avec l’autre, mais en même temps c’est souvent de ceux dont je suis le plus éloigné (en apparence) que j’apprend le plus et élargis alors l’espace de ma tente (Rassurez-vous mes piquets sont bien plantés). Comme le rappelle justement les parole de Jésus-Christ, en ouverture du verset de l’Évangile du Jour (Matthieu 10.26) et dans sa traduction tirée de Parole de Vie : « N’ayez pas peur des gens ! ». Oui la peur nous éloigne, nous fige, nous fait perdre la joie et nous ronge notre espérance… Et moi, précisément ce matin, à l'inverse, je veux choisir la joie et la confiance !

    n'ayez pas peur des gens


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