• L’ONG protestante évangélique de solidarité internationale LE SEL sort, en partenariat avec les éditions BLF, un livre intitulé « Ils ont aimé leur prochain ». Le résultat d’un travail pertinent et efficace de Nicolas Fouquet, en charge de l’éducation au développement au sein de cette structure et qui a pour mission notamment d’encourager la réflexion sur les questions de pauvreté et de développement. 

    ils ont aimé leur prochain

    Si les besoins directement liés à la valeur « solidarité » semblent prégnants dans notre société contemporaine tant les situations de souffrance, d’injustice et de pauvreté sont nombreuses, il n’en demeure pas moins que la « solidarité, ça ne date pas d’hier » ! C’est ce que cet ouvrage nous rappelle au travers les portraits d’une trentaine de figures chrétiennes qui se sont engagées sur cette voie de la générosité et de la bienveillance. Des histoires qui, au-delà de simplement nourrir une culture historique et spirituelle passionnante, offre aussi un source d’inspiration formidable pour l’aujourd’hui et nos engagements possibles individuels et collectifs. Car s’ils ont influencé la société de leur époque allant même jusqu’à souvent marquer des générations, ils étaient pourtant comme nous, des gens ordinaires. 

    De Martin de Tours au docteur Denis Mukewege (qui signe d’ailleurs la préface) en passant par George Müller, Henry Dunant, William Booth ou encore Pandita Ramabai, ces hommes et femmes étaient tous remplis de foi et ont su laisser leurs convictions chrétiennes guider et concrétiser des actions envers ceux qui avaient besoin.

    En tant que pasteur et chargé du développement et de la communication de la Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France, j’ai pu participer activement à notre dernière pastorale nationale qui avait pour thème « Réconciliation & Baptisme – des racines et des ailes ». Ce livre vient parfaitement en écho au travail et à la réflexion de cette dernière. Il nous permet d’entrer et de cultiver le souvenir. Non pas s’arrêter pour regarder en arrière, en développant ainsi une forme de nostalgie, d’un « c’était tellement mieux avant » et finalement se stopper soi-même dans sa marche, mais, au contraire, entrer dans une véritable dynamique où le souvenir porte et accélère nos pas et notre engagement propre. C’est un ancrage dans une identité chrétienne qui permet cette projection en avant par une interpellation voir même une appropriation de ces histoires humaines, ces « story-telling » émouvantes et simples à la fois. Car l’une des forces de « Ils ont aimé leur prochain » se situe sans doute dans une approche facile de ces histoires et accessible à tous (d’où l’utilisation de ce terme « story-telling »). On lit avec plaisir ces portraits en passant par des périodes historiques très différentes et par des situations aussi très diverses. L’occasion par exemple de relire quelques aspects du parcours de Martin Luther King  qui en 2018 sera particulièrement à l’honneur 50 ans après sa mort. Et se laisser marquer par de nombreuses citations qui émaillent les récits comme celle de Caroline Malvesin, une institutrice bordelaise d’adoption qui, en 1839, fut bouleversée par une prédication du pasteur Adolphe Monod et senti un besoin irrésistible de consécration totale de sa vie au Christ, et participa à la fondation de la communauté des Diaconesses de Reuilly, une communauté de vie, d’inspiration monastique enracinée dans les Églises de la Réforme et ouverte au dialogue œcuménique, à un service diaconal diversifié, et à l’accueil de tout être en quête de Dieu : " Que ce soit à la gloire de Dieu et non pour la gloire qui vient des hommes que nous travaillions, que l’orgueil ne vienne pas étendre sa lèpre sur l’œuvre que le Saint-Esprit peut seul réaliser ; humbles moyens choisis par sa grâce, que l’instrument ne se substitue pas à la main qui le dirige. "  

    Une très belle réussite que ce livre qui peut notamment devenir une très bonne idée cadeau de Noël donnant un sens particulier à votre présent.

     


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  • Après Carol en 2015 (qui avait d’ailleurs permis à Rooney Mara de recevoir à Cannes le prix de la meilleure interprète féminine), le réalisateur Todd Haynes revient avec un magnifique conte original et métaphorique, Wonderstuck (émerveillement) ou dans sa version française « le musée des merveilles ».

    le musée des merveilles

    Sur deux époques distinctes et deux quartiers différents -  le Manhattan des années 30 pour la partie consacrée à la fillette, le quartier du Queen's bariolé et funk des années 70 pour celle consacrée au garçonnet, les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu'il n'a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d'une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

    WONDERSTRUCK n&b et couleur

    Il faut le dire tout de suite, Todd Haynes ne nous propose pas un film académique tant dans sa construction et dans sa forme que dans l’histoire et ce que l’on peut en faire. La narration nous entraine très vite dans deux récits à la fois loin l’un de l’autre, notamment par l’époque et par le choix stratégique de les présenter en noir et blanc pour le premier et en couleur pour le second, et en même temps suffisament proches grâce à de nombreuse similitudes ou parallèles. Et puis, Wonderstruck est tout sauf bavard. Peut-être un peu long parfois, mais surtout fonctionnant à l’économie de dialogues pour privilégier une musique remarquable et parfois funky aux paroles excessives et pesantes. Une volonté du réalisateur qui colle avec l’une des thématiques de son histoire, la surdité, et au travers d’elle le défi d’arriver à nous donner à voir le silence.

    Conte métaphorique, ce Wonderstruck, adapté d’un roman de Brian Selznick (qui signe d’ailleurs le scénario du film), se complait dans ce temps de l’enfance, avec son côté frais et magique où le merveilleux est toujours possible et à portée de main, mais où aussi les blessures peuvent s’inscrire en profondeur. Haynes parle de descendance, de cauchemars, de secrets, du manque d’un parent absent, mais aussi de destin et d’amitié. Tout ça avec beaucoup beaucoup d’amour et le talent immense de se réalisateur qui me régale une fois de plus.

    Ce Musée de merveilles est un vrai bonheur dont il ne faut surtout pas se priver. Beau, délicieusement artistique, touchant et imprégné d’un sens profond, ce qui ne peut évidemment pas me déplaire, bien au contraire... et je l’espère vous aussi.


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  • Pourtant, je vous l'assure, pas de problèmes de sommeil. Pire que ça finalement… un vrai cauchemar éveillé avec une référence à une chanson d’Alice Cooper qui me semble correspondre à ce que nous sommes progressivement en train de vivre.

    On a tous en tête des films de science fiction plus ou moins anciens comme Blade Runner, Robocop, Terminator, 1984, Ex Machina, Her, mais aussi la série Person of interest et on pourrait en citer des tas d’autres encore… On y parle de robots, d’intelligence artificielle, de clones ou encore de vidéo surveillance… et bien tout ce que je viens d’évoquer est TOTALEMENT dans l’actu mondiale de ces derniers jours ou semaines.

    ex machina   person of interest

    La semaine dernière par exemple, le roi Salmane d’Arabie Saoudite, naturalisait Sophia, un robot humanoïde de sexe féminin, façon de parler. C'est une première mondiale ! Ce robot a été construit par l'entreprise Hanson Robotics (on se croirait vraiment dans un film SF)… une entreprise basée à Hong Kong. Et interrogée sur sa nationalisation par le roi, Sophia s'est déclarée, en anglais, et avec beaucoup d’aplomb « très honorée et fière de recevoir cette distinction unique ». « C'est historique d'être le premier robot au monde à être reconnu par une attribution de citoyenneté », a-t-elle ajouté. Ça laisse songeur, n’est-ce pas ?

     

    Sophia robot

     

    Et ce n’est pas terminé. En écoutant un journal télévisé il y a quelques jours, j’entendais qu’en Chine, un système de surveillance à base de caméras sait reconnaître passants et véhicules dans la rue avec un taux d'erreur extrêmement faible (0,001%), grâce notamment à ses logiciels et aux images haute définition ainsi capturées. « Big Brother is watching you »… alors je ne sais pas comment ça se traduit en chinois, mais en tout cas là bas, serait déjà installées 170 millions de caméras de vidéosurveillance dans tous le pays et avec donc maintenant ces technologies de reconnaissance faciale qui sont de plus en plus maîtrisées… Voilà voilà… 

    Ah, et puis parlons clonage. Si au Japon on est fan de chiens robots avec en prime des enterrements avec cérémonies religieuses organisées quand la batterie arrive à son terme - à moins d’utiliser la bonne marque qui dure beaucoup plus longtemps, bien sûr - et bien en Corée du Sud on a poussé le bouchon (ou le nonos) un peu plus loin et ainsi une société propose de cloner votre chien après sa mort contre une somme de 90.000 dollars… oui quand même… mais ça fait fureur ! Un reportage télévisé présentait les « heureux » toutous et les propriétaires très satisfaits. Mais les chinois ne sont pas en reste non plus… Des scientifiques affirment avoir trouvé la clé de l'élevage en masse de « super chiens » surpuissants et rapides grâce à cette technologie pionnière (là encore des souvenirs de films et des séries viennent vite à l’esprit). Ils affirment également pouvoir maintenant changer la nature d'un chien en modifiant ses gènes et en les reproduisant par la suite à travers le clonage, relate le Daily Mail. Ils peuvent, par exemple, « personnaliser un chien pour que ses muscles soient plus grands et pour qu'il ait de meilleures performances de course avant de le cloner », selon le chercheur principal Lai Liangxue. Alors on se rassure en se disant que le clonage humain reste interdit pour des raisons d’éthique. Mais enfin… jusqu’à quand ? 

    chien clonés

    Alors, vous l’aurez sans doute lu entre les lignes. Rien de très réjouissant, d’où ce « bienvenue » ironique dans mon cauchemar… dans notre cauchemar devrais-je dire. Le mien, le tien, le nôtre… Pourtant, je trouve très intéressant les avancées technologiques dans bien des domaines. Et d’ailleurs même dans ces spécialités qui peuvent ouvrir ainsi à des progrès remarquables et très utiles pour bien des besoins de notre monde, sans doute. Mais je ne peux m’empêcher de penser ici à Jacques Ellul qui expliquait que la technique n’est ni bonne, ni mauvaise ; elle est ambivalente. On ne peut dissocier ses effets positifs des effets négatifs, ses effets prévus de ceux imprévus. Une innovation technique provoque ainsi en général des effets indésirables et malencontreux. 

    Et en même temps, comme dans beaucoup de domaines de notre société contemporaine, difficile voire impossible de faire machine arrière.  Alors Ellul, dans une dimension théologique, contre l’illusion de l’espoir, choisissait l’Espérance, la passion de l’impossible qu’il liait à l’irruption de Dieu dans le monde quand tout paraît impossible et qu’il semble à l’homme qu’il est allé au bout de ses moyens. Alors, puissions-nous nous en inspirer et espérer vaille que vaille…


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  • Depuis le 17 octobre, Jésus se donne en spectacle au Palais des Sports de Paris. En même temps, ce n’est pas une surprise… Depuis des mois la « Bonne Nouvelle » est, en effet, affichée dans toute la capitale (et au-delà) au travers d’une affiche en noir et blanc, dévoilant un visage christique stylisé à tendances hipster. Pouvait-on y voir un signe annonciateur d’un spectacle résolument osé, décalé et moderne ? 

    Jésus le spectacle

    Deux soirs après la première, je me suis donc décidé à me faire MON idée, en essayant au maximum de ne pas me laisser influencer par les commentaires et critiques diverses. Pour aller jusqu’au bout de mon opinion et de ma liberté, j’ai même fait le choix d’acheter ma place, comme tout le monde… sans profiter d’une quelconque invitation. Et me voilà donc ce jeudi 19 octobre entrant avec curiosité dans cette belle salle de spectacle parisienne où, dans les années 80 puis en 2000, Jésus avait déjà fait escale par le truchement artistique de Robert Hossein.

    Surprise agréable mais peut valorisante, mon billet premier prix se transforme en une place plutôt très bien placée. Et oui, la salle est loin d’être pleine et on a réduit donc la capacité d’accueil pour que tout semble bien rempli. Qu’importe, ne nous faisons pas d’idées préconçues… Les lumières s’éteignent… et nous voici en Galilée, il y a plus de 2000 ans.

    Jésus le spectacle

    Rassurez-vous, je ne vous referai pas ici tout le spectacle et ne spoilerai absolument rien… promis ! Mais je vous partagerai juste quelques commentaires personnels, en insistant bien sur le fait qu’il s’agit d’un ressenti tout à fait subjectif.

    La première chose à dire, me semble-t-il, c’est qu’Obispo et Barratier nous livre ici du beau spectacle. Décors, lumière, talents vocaux… le résultat est là. On pourra regretter quelques petits bugs légers ici ou là, quelques hésitations ou bafouillis mais rien de bien grave et nous n’en sommes encore qu’au tout début des représentations. Jolis textes, « Obispo mélodies & arrangements » (il est clair que la « patte » Obispo est hyper reconnaissable… on ne se refait pas), et des artistes qui se révèlent comme, plus particulièrement, Anne Sila dans le rôle de Marie, Crys Nammour dans celui de Marie-Madeleine, ou Solal en Pilate.

    J’ai aussi apprécié globalement la construction du récit de Christophe Barratier. Si le metteur en scène s’est permis parfois quelques arrangements dans la chronologie des événements, ses choix font sens et donnent de l’efficacité à l’histoire. Autre constat, la volonté affirmée d’être proche du texte jusqu’à, pour quelques passages importants, reprendre mots pour mots certains versets des Évangiles.

     

    Jésus le spectacle   Jésus le spectacle

    Mais voilà, le Jésus hipster de l’affiche n’est finalement que sur l’affiche. Car pour le reste, j’ai eu l’impression d’assister à une suite de présentations d’images pieuses, très jolies, mais tellement collectionneuses de clichés. Et puis surtout, l’histoire avance au rythme de la ronde pointée sans que la moindre croche se manifeste dans la partition évangélique. Un Jésus tout en lenteur, me donnant l’impression de faire la publicité pour le nouveau « Tranxène ». Et avec ces options rythmiques et visuelles, finalement un Jésus très lisse, évidemment bienveillant, mais ayant perdu de son caractère. Une histoire bien entendu merveilleuse, mais où les aspérités du récit semblent avoir été occultées. Et ainsi encore, la curieuse sensation qu’amour rime nécessairement avec platitude et mièvrerie. Et tout ça est bien loin de « mon » Jésus et de la réalité de la vie. Quel manque de Rock’n Roll dans tout ça ! Alors, pas forcément dans la musique (quoi que… ou du moins quelques ballades supprimées et changées « miraculeusement » en titres pêchus et moins « bisounours »), mais dans les personnages, dans la façon de raconter ce récit révolutionnaire… car c’est quand même cela aussi la Bonne Nouvelle. Une histoire hors norme qui change le monde et va à contre courant de tout à cette époque mais aujourd’hui encore et toujours. Un peu de relief, de salissures, de surprises auraient été tellement bienvenus !

    Mais alors, en même temps, je vous l’accorde volontiers… ce que j’ai regretté personnellement aurait sans doute été pour d’autres la critique précisément, si tels avaient été les choix des auteurs. Mais enfin, j'ose vous donner mon opinion, et puis d'ailleurs... que celui qui n'a jamais critiqué me jette la première pierre !

    Alors, à vous de voir bien évidemment… les goûts et les couleurs ça ne se commande pas ! Et même si la forme m’a déçu, cette Bonne Nouvelle, version Obispo – Barratier, je n’en doute pas, ravira un grand nombre et sera ainsi l’occasion de rappeler quelques points essentiels de cette histoire qui s’est déroulée de Nazareth à Jérusalem il y a plus de deux millénaires et continue aujourd’hui encore de transformer tant de vies…


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  • Hasard du calendrier… alors que sort ce mercredi la Palme d’or du dernier Festival de Cannes, The square, où l’art contemporain est au cœur de l’histoire, la Fondation Louis Vuitton, de son côté, accueille plus de 200 œuvres issues des collections du MoMA (Musée d’Art Moderne de New York). Occasion de vous parler de ces 2 événements qui se font écho en un seul et même article.

    the square

    Alors, penchons-nous d’abord sur The Square, film du réalisateur suédois Ruben Östlund, qui s’était fait connaître précédemment avec Snow Therapy, qui pose ici un regard caustique sur nos lâchetés et interroge le "vivre ensemble" de nos sociétés en partant de l’histoire de Christian, un père divorcé qui aime consacrer du temps à ses deux enfants. Christian est conservateur apprécié d’un musée d’art contemporain. Il fait aussi partie de ces gens qui roulent en voiture électrique et soutiennent les grandes causes humanitaires. Il prépare sa prochaine exposition, intitulée « The Square », autour d’une installation incitant les visiteurs à l’altruisme et leur rappelant leur devoir à l’égard de leurs prochains. Mais il est parfois difficile de vivre en accord avec ses valeurs : quand Christian se fait voler son téléphone portable, sa réaction ne l’honore guère… Au même moment, l’agence de communication du musée lance une campagne surprenante pour The Square : l’accueil est totalement inattendu et plonge Christian dans une crise existentielle.

    The Square est un film où l’ascenseur émotionnel fonctionne à merveille. On rit beaucoup, surtout dans toute la première moitié de l’histoire. Du rire généralement de situations, souvent grotesques, faites aussi de non dits qui parlent vrai, qui nous laissent comprendre des choses sans forcément avoir besoin de les prononcer. Et puis c’est le silence qui s’installe dans la salle obscure… silence profond face à un homme qui sombre dans une forme de chaos symbolisé admirablement dans cette scène où il se retrouve sous une pluie battante sur des poubelles qu’il éventre laissant les déchets et autres détritus se rependre autour de lui, dans l’espoir de retrouver quelques mots sur une feuille de papier. Et les sourires reviennent… mais la tension monte encore d’un cran avec cette scène ubuesque de dîner de gala, où un artiste entre, dans la peau d’un homme singe. Il s'en prend aux convives, d'abord amusés puis tétanisés, quand la créature tente de violer une femme. Le malaise se répand provoquant colère et violence. Des sentiments qui s’extériorisent quitte à en perdre même ses valeurs premières, son intégrité. C’est finalement l’un des enjeux intenses que révèle le scénario. Comment ce qui semble construire l’humain et une société sereine et bienveillante peut exploser facilement provoquant toutes sortes de réactions en chaîne ? Une critique finalement assez acerbe d’une société lissée et bien-pensante mais pourtant fragile et prête à exploser comme une enfant mendiante dans un carré. (je n’en dirai pas plus pour éviter le spoiler)

    the square 

    Et puis il y a l’art au cœur de l’histoire. Contemporain qui plus est, avec tout ce qui peut sembler de non sens ou d’arnaque… Ce « grand n’importe quoi » qui peut malgré tout émouvoir, surprendre, interpeller. Que l’on cherche à tout prix à expliquer alors que justement il n’y a pas forcément à comprendre mais juste se laisser toucher. Et la magnifique exposition « Être moderne : le MoMA à Paris » nous le rappelle aussi d’une autre façon. Depuis le 11 octobre s’est ouvert à la fondation Vuitton une exposition qui raconte l’esprit du MoMA depuis son ouverture en 1929 jusqu’à son agrandissement prévu en 2019. L’ensemble des œuvres est présenté à la fois de manière thématique et chronologique. C’est bien une magistrale leçon d’histoire muséologique suivant une chronologie de l’art bien balisée. Celle du fameux « canon » moderniste que le musée a contribué à bâtir, partant de Cézanne pour s’ouvrir ensuite aux artistes américains et enfin à une vision globale de l’art. 

    être moderne : le MoMA à Paris

    On commence donc avec les grands classiques du début de la modernité comme Cézanne, Matisse puis Picasso en passant par Hopper. Et bien sûr, on retrouve également les œuvres de l'abstraction américaine : les couleurs qui flottent de Mark Rothko ou encore les grands jets de peinture de Jackson Pollock. Les émotions sont variables, et les formes présentées le sont tout autant, car cette exposition nous présente une vision pluridisciplinaire : du roulement à billes aux dessins animés de Walt Disney, des archives de la danse au cinéma, de la photo au design, tout fait œuvre. Affiches, photos, objets, films… On se pose pour regarde le premier film Mickey en noir et blanc. On s’arrête devant la Roue de bicyclette de Marcel Duchamp. On sourit devant certaines œuvres moins évidentes comme ce « square » qui rappelle étrangement celui de Östlund. On entre dans la magnifique salle consacrée au Pop Art, spectaculaire elle aussi, et on s’arrête nécessairement devant la série des soupes Campbell d'Andy Warhol, peintes à la main, mais aussi devant une superbe Fender Stratoscaster. On réfléchit devant des œuvres qui choisissent le détournement pour devenir militante. Puis on redevient adolescent en entrant dans une guerre intergalactique, prenant les manettes du classique « Space Invaders » tout en ayant un œil sur les emojis du japonais Shigetaka Kurita, créateur original de ces amusants pictogrammes dont on ne peut plus se passer. Et enfin, cerise sur le gâteau, on ferme les yeux pour écouter le Motet à 40 voix, dans une interprétation spacialisée de « Spem in Alium Nunquam Habui », où chaque haut parleur, disposés en cercle, diffuse l’une des 40 voix pour lesquelles la partition fut écrite.

    L’expo est présentée jusqu’au 05 mars 2018, et vous laisse donc le temps de trouver un créneau pour y aller… ce serait dommage de la manquer ! Occasion, qui plus est, de découvrir cet écran sublime qu’est le bâtiment de la Fondation Louis Vuitton, vous offrant notamment un panorama magnifique sur Paris et ses alentours.

     

     

    Quelques photos que j'ai prises de l'expo MoMA : 

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    MoMA

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