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    Prix du Jury œcuménique lors du Festival de Cannes 2017, « Vers la lumière », la nouvelle réalisation de la japonaise Naomi Kawase, sort finalement cette semaine sur les écrans français… Un magnifique film d’une grande beauté et plein de profondeur à surtout ne pas rater.

    vers la lumière

    Misako aime décrire les objets, les sentiments et le monde qui l’entoure. Son métier d’audiodescriptrice de films, c’est toute sa vie. Lors d’une projection de travail avec un panel de mal-voyants, elle rencontre un célèbre photographe dont la vue se détériore irrémédiablement. Naissent alors des sentiments forts entre un homme qui perd la lumière et une femme qui la poursuit.

    Si la célèbre phrase de St Exupéry « On ne voit bien qu’avec le cœur, l’essentiel est invisible pour les yeux » peut faire admirablement écho à ce qui nous est proposé dans ce Vers la lumière, une autre phrase ressort avec une certaine majesté de ce film : « Rien n'est plus beau que ce que l'on a sous les yeux et qui s'apprête à disparaître ». C’est bien ce que ressent ce photographe renommé en train de voir sa vie se plonger dans l’obscurité. Lui, cet expert et amoureux de la lumière, s’enfonce dans le noir et voit le sens de sa vie lui échapper. Et c’est là qu’il croise le chemin de cette jeune et jolie Misako qui cherche de tout son cœur à dire ce qui est invisible pour d’autre au travers de son métier. Une femme pleine de bienveillance et d’empathie mais parfois maladroite qui, dans le même temps, voit sa vie marquée à la fois par l’absence d’un père aimé dont seul quelques souvenirs restent mais aussi par la maladie en train d’attaquer sa mère vieillissante.

    vers la lumière

    L’audiodescription, le métier de Misako, est peut-être là montré de la sorte pour la première fois au cinéma, et la cécité grandissante de Masaya, offrent à la réalisatrice japonaise un terrain propice pour construire un petit chef d’œuvre tout en contrastes, d’une justesse incroyable et tellement émouvant. On pendra aussi du plaisir à voir aborder la photographie et le cinéma comme de vraies thématiques à part entière, et cela, avec amour et originalité. Nous avons même le droit à une forme d'explication de ce que devrait être une analyse filmique lors d'une séance de travail avec les aveugles pour tester l'audiodescription de Misako. De même, l'utilisation d'un film dans le film donne une vraie valeur ajoutée, apportant la force d'un symbolisme supplémentaire à l'histoire, autour de la question de la perception du réel et du pouvoir de l'image.

    À mon goût, tout est quasi parfait ici, de la photo, qui joue évidemment un rôle fondamental au vu du sujet, à la musique d’une délicatesse délicieuse signée par le grand Ibrahim Maalouf. Mais aussi en passant par la maitrise des acteurs, la qualité du scénario et jusqu’au aspects plus techniques comme le montage.  

    vers la lumière

    On peut voir Vers la lumière comme un hymne à la lumière, à l’amour, à la vie… Des valeurs essentielles qui résonnent avec une dimension de foi et qui ont sans aucun doute participé au choix du Jury œcuménique lors du dernier Festival de Cannes. Ce Jury avait relevé dans son argumentaire qui accompagnait la remise du prix, que ce film de grande qualité artistique nous invite par sa poésie à regarder et écouter plus attentivement le monde qui nous entoure, nous encourageant au dialogue et à l’accueil de l’autre. Hikari, titre original de Vers la lumière, nous parle de responsabilité, de résilience, d’espoir, de la possibilité, même pour ceux qui sont dans l’obscurité, d’apercevoir la lumière. 

    Des points d’ailleurs qui étaient présents d’une autre façon dans le précédent film de Naomie Kawase, Les délices de Tokyo, qui déjà en 2015 avait su me séduire et me toucher au cœur.

    Je conclurai avec les mots justement de cette grande jeune réalisatrice : "Sans lumière, pas de couleurs. Sans lumière, pas d’images. Sans lumière, impossible de réaliser un film. On pourrait dire que le cinéma est lumière." Alors que la lumière soit !

     


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    En ce début d’année, l’occasion m’est donnée de vous parler d’un calendrier pas tout à fait comme les autres. Mon calendrier protestant, publié par les éditions Olivetan à l’occasion des 500 ans de la Réforme, est un ouvrage original et extrêmement pratique.

    Mon calendrier protestant est une sorte d’almanach, un calendrier perpétuel qui vous permettra chaque jour de l’année de zoomer sur un événement ou une personne en lien avec le protestantisme. Pour se faire un titre résume la chose et s’accompagne d’un court texte de qualité, pédagogique et concis. Il est écrit de telle manière qu’on ne se lassera pas de jeter un coup d’œil, soit de façon organisée jour après jour, soit au hasard des pages ouvertes comme on lit une anecdote dans un recueil ou un magazine.

    Mon calendrier protestant

    Avec Mon calendrier protestant c’est aussi l’occasion de développer sa culture protestante, de développer quelques racines supplémentaires, de s’inscrire dans une histoire parfois lointaine mais aussi souvent contemporaine. On apprendra ainsi, par exemple, que le 14 avril 1570 était signé le consensus de Sandormierz unissant trois courants du protestantisme en Pologne mais aussi, plus près de nous, que le 16 juin 1974 était fondé l’ACAT par deux protestantes interpellées par la question de la torture pratiquée au Vietnam.

    Le 28 juillet sera l’occasion, en se rappelant que ce jour-là, en 1685, décédait le compositeur Jean-Sébastien Bach, d’évoquer quelques œuvres de l’artiste qui les signait en donnant Gloire à Dieu. Mais aussi que le 5 septembre 1677 naissait Abraham Mazel, prophète et combattant, connu comme ayant été le premier et le dernier des camisards.

    Mon calendrier protestant

    À noter également l’idée ingénieuse de faire de Mon calendrier protestant non pas seulement un sympathique bouquin qui vulgarise l’histoire protestante (ce qui en soit n’est déjà pas une mauvaise chose !), mais de le proposer comme un calendrier perpétuel dans lequel personnellement je peux ajouter chaque jour des commentaires ou y greffer un peu de mon histoire. Des lignes sont en effet là offertes à mon écriture en bas de pages…

    Et puis enfin de façon pragmatique, sachez qu’un index des noms et des événements permet de retrouver plus rapidement un texte en particulier dans ce joli livre de 392 pages vendu au prix de 19 €.

     

    Disponible chez votre libraire ou directement en cliquant ici 


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    L’Échappée belle, c’est le nom du film, mais aussi le nom, du moins une certaine traduction, donné à un vieux camping-car (The leisure seeker en VO). Pour une fois, l’adaptation française a bien choisi le titre car il résume l’histoire et surtout nous indique une qualité indéniable à cette histoire : la beauté !

     

    L'échappée belle

      

    Les années ont passé, mais l'amour qui unit Ella et John Spencer est resté intact. Un matin, déterminés à échapper à l'hospitalisation qui les guette, ils prennent la route à bord de leur vieux camping-car et mettent le cap sur Key West afin de visiter la maison d’Hemingway. Ils découvrent alors une Amérique qu'ils ne reconnaissent plus… et se remémorent des souvenirs communs, mêlés de passion et d’émotions. 

    Tout est beau dans l’Échappée belle même ce qui est triste, parfois sale ou considéré habituellement comme plutôt moche. Et ce qui est naturellement beau s’amplifie encore alors. Oui, il y a vraiment du génie chez le réalisateur italien Paolo Virzì, souvent critiqué mais là plus que parfait… génie d’avoir notamment choisi pour ce road movie pas comme les autres, de choisir de rassembler (27 ans après Bethune : The Making of a Hero) deux monstres du cinéma, Helen Mirren et Donald Sutherland, pour les unir pour le meilleur même au cœur du pire. Virzì offre à son couple de séniors une véritable autoroute pour performer… il les observe avec patience et tendresse, il expose leurs failles, souligne leurs angoisses et exalte avec éclat leur humanité.

     

    L'échappée belle virzì

      

    Génie aussi de traiter de sujets graves et difficiles avec une immense délicatesse, ce qu’il faut d’humour et surtout une tant de justesse, sans chercher à édulcorer ou au contraire à y mêler un excès de pathos ennuyeux et malvenu. Il est question ici bien-sûr de vieillesse où la maladie vient apporter son lot de complications. Surtout en particulier quand il s’agit d’accompagner un mari souffrant d’Alzheimer tout en étant soi-même silencieusement malade… la question de la mémoire, des souvenirs et de leur gestion vient s’ajouter dans ce joli scénario inspiré très fortement de la nouvelle éponyme (en version originale) de Michael Zadoorian. Et puis, au cœur de l’histoire de ce couple, de cette famille, l’amour bien évidemment, mais un amour qui est passé aussi par les tracas de la vie, par les vagues et tempêtes du quotidien. Un amour qui à tout moment peut exploser et se perdre ou bien alors résister et vaincre contre tout… même la mort ?!... (On pourrait ici d’ailleurs en profiter pour regarder à nouveau le regard d’Haneke avec son film Amour qui aborde des sujets similaires… autrement… mais lui aussi avec tant de qualités.) 

     

    L'échappée belle sutherland mirren

     

    Helen Mirren et Donald Sutherland sont aussi bien évidemment la clé de la réussite dans cette Échappée belle. Que dire… peut-être rien de plus… Enfin, si ! C’est qu’ils ne sont pas seuls en scène. Car les différents personnages tout autour d’eux sont comme les détails d’un joli tableau qui permettent au sujet principal de rayonner. Les enfants, la voisine, les bons et les méchants rencontrés sur la route… je pense par exemple à cette serveuse noire écoutant John parler d’Hemingway (comme toujours) et lui sortant soudainement, quand la mémoire défaille à nouveau, qu’il s’agit du Vieil homme et la mer, ajoutant qu’elle avait fait son mémoire sur le sujet… ou bien encore l’attitude et les regards de ces 2 personnes de la maison de retraite qui accueille le couple en crise. Il faut peut-être aussi préciser qu’un certain nombre de scènes sont de purs joyaux d’émotions… mais n’en disons pas trop pour vous laisser le bonheur de les découvrir.

    Car… le bonheur est au ciné… cours y vite !    

     


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  • La fin d’année est propice aux rétrospectives ou classements de tous ordres. Je vous propose ici simplement de revenir sur quelques films qui auront marqués mon année cinématographique. Un choix tout à fait subjectif et partial n’ayant évidemment pas vu la totalité de la cuvée 2017 et ayant même raté quelques films majeurs que je ne manquerai pas de rattraper dès que possible…

     

    2017

    Tout d’abord retour sur dix films qui, s’ils ne font pas parti de mon podium, m’ont laissé d’excellents souvenirs et ont été véritablement de très bons moments de cinéma. Je vous les présente par ordre chronologique de sortie.

     

    11/01 – THE BIRTH OF A NATION

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/the-birth-of-a-nation-a127988478

    Le grand prix du Jury et prix du public du Festival de Sundance 2016 a lancé magnifiquement l’année. Ce biopic racontant la courte vie de Nat Turner, trente ans avant la guerre de Sécession, nous plonge avec intensité et spiritualité au cœur de l’horreur de l’esclavage. Les questions raciales ont d’ailleurs été une thématique forte abordée dans de nombreuses productions.

     

    15/02 – LOVING

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/in-love-with-loving-a125920726

    Film présenté lors du Festival de Cannes 2016 mais sorti ensuite tardivement. Jeff Nichols à la réalisation pour raconter, à l’instar de « The birth of a nation », un récit de vie de l’histoire américaine autour de la question des droits civiques. Une grande et belle histoire d’amour !

     

    22/02 – FENCES

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/le-lion-et-la-barriere-a128534288

    Denzel Washington face à Viola Davis. Peut-être que tout est dit là dans ce qui est à la fois un duo magique mais aussi une confrontation de caractères exceptionnels. Un hymne aux dialogues… car si pour certains le côté bavard a pu déranger il restera pour moi un exemple du genre associé à une vraie performance d’acteurs.

     

    01/03 – T2 TRAINSPOTTING

    Ma critique : https://www.evangile-et-liberte.net/2017/03/de-profundis-jaillira-la-lumiere/

    Avec T2 Trainspotting, la mélancolie inonde nos chers « ex-plusoumoins-junkies » désormais quadragénaires. Et le coup de génie de Danny Boyle est sans doute d’en faire la principale dynamique émotionnelle du film mais avec beaucoup d’humour. Cet ensemble donne un sentiment de décalage pour le moins ambivalent à l’énergie et au discours transgressif comme on n’en voit rarement de nos jours.  Et au cœur de cette mise en scène, de cette histoire glauque… jaillit constamment des lueurs éclairantes et inspirantes.

     

    08/03 – LES FIGURES DE L’OMBRE

    Un film qui raconte le destin extraordinaire des trois scientifiques afro-américaines qui ont permis aux États-Unis de prendre la tête de la conquête spatiale, grâce à la mise en orbite de l’astronaute John Glenn. Les ingrédients sont là… une magnifique histoire, un casting de rêve, une réalisation soignée.

     

    Permettez-moi ici une toute petite aparté pour évoquer le prix décerné par le Jury œcuménique lors du 70ème Festival de Cannes. « Vers la lumière » de l’excellente Naomi Kawase,  qui ne peut figurer dans mon classement car il ne sortira sur les écrans que dans quelques jours (le 10 janvier), mais qui aura été pour moi l’un de mes grands plaisirs de l’année.

     

    07/06 – WONDER WOMAN

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/wonder-ful-woman-tonight-a130437354

    Et oui, un blockbuster dans mon classement ! Wonder Woman ne s’enfonce pas dans les clichés. Il mêle au contraire habilement au genre fantastique des aspects mythologiques, de superbes scènes de batailles épiques génialement orchestrées, beaucoup d’humour bien placé et une certaine gravité qui conduit même à une éloge de l’amour et du sacrifice.

     

    19/07 – BABY DRIVER

    Vitesse, rythme, musique, humour… Edgar Wright fait mouche avec ce film à la Tarantino. Et moi j’aime !

     

    13/09 – MOTHER

    Ah un peu de controverse… Mother or not mother… et bien ce sera avec de mon point de vue (même si j’ai tardé à le voir pour, finalement, ne pas le regretter du tout). Darren Aronofsky nous livre là une œuvre qui, si elle n’est pas à mettre devant tous les regards, est en tout cas un petit chef d’œuvre quand à l’utilisation de l’analogie au cinéma.

     

    11/10 – DETROIT

    Autre sortie de cette année à abordée les questions de ségrégation raciale. Un film coup de poing qui ne laisse pas indifférent et qui prend vraiment aux trippes !

     

    15/11 – LE MUSEE DES MERVEILLES

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/wonderstruck-emerveillement-sur-grand-ecran-a132637810

    Ce film marquait le retour de Todd Haynes sur la Croisette. Ce « Musée de merveilles » est un vrai bonheur, d’une grande beauté, délicieusement artistique, touchant et imprégné d’un sens profond, ce qui ne peut évidemment me déplaire.

     

    Avant de vous dévoiler mon TOP 5, quelques mots sur un film que j’ai mis « hors concours »… un film à part comme une bouffée d’oxygène qui arrive au bon moment.

     

    25/01 : LA LA LAND

    Ma critique : http://artspiin.eklablog.com/et-tout-le-monde-fait-la-la-a128133516

    la la land

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    8 nominations et 6 oscars ! Ça le fait… mais il y a de quoi. Quatre saisons pour raconter une histoire d’amour entre deux artistes. Voilà le prétexte à une magnifique histoire mise en image, en mouvement et en musique par Damien Chazelle. Je suis tombé sous le charme conquis par la grâce de ce feel-good movie d’une fraîcheur et d’une beauté immense. 

     

    Et voici donc mon TOP 5 des films (que j’ai vus) sortis en 2017 :

    TOP 5

     

     

     

     

     

     

     

    N°5 – 19/07 – DUNKERQUE

    MON ANNÉE 2017 AU CINÉMAMa critique : http://artspiin.eklablog.com/dunkerque-i-will-survive-a130802118

     

    Un immense Christopher Nolan pour une méga-production construite avec génie. Trois positionnements géographiques et temporels et à l’intérieur de ces trois décors de multiples histoires qui se font écho, qui se croisent, qui s’entremêlent tout en ne se déroulant pas dans la même échelle de temps… Une petite merveille !

     

    N°4 – 20/09 - FAUTE D’AMOUR

    faute d'amourMa critique : http://artspiin.eklablog.com/une-faute-d-amour-pourtant-magistrale-a131715438

    Bouleversant drame social ayant reçu le prix du Jury lors du dernier Festival de Cannes. Avec une acuité flagrante, le cinéaste russe Andrey Zvyagintsev dresse un portrait âpre d'une société russe brutale et déshumanisée. Un film intense qui nous plonge au cœur de l’histoire d’un couple qui se déchire et qui « perd » le fruit passé de leur amour.

     

    N°3 – 03/05 - GET OUT

    get outMa critique : http://artspiin.eklablog.com/non-je-ne-serai-pas-votre-negre-a130412950

    Premier film du comique américain Jordan Peele, « Get out » marquera l’année par son audace, en s’attaquant à cette thématique du racisme sous une forme grinçante et peu conventionnelle tout en étant porteur de beaucoup d’interprétations profondes des aspects horrifiques de ce sujet qui nous hante tous.

     

     

    N°2 – 18/10 – THE SQUARE

    the quareMa critique : http://artspiin.eklablog.com/carrement-moderne-a132265728

    La palme d’or de Cannes 2017 du réalisateur suédois Ruben Östlund, qui s’était fait connaître précédemment avec Snow Therapy. Il pose ici un regard caustique sur nos lâchetés et interroge le "vivre ensemble" de nos sociétés. The Square est un film où l’ascenseur émotionnel fonctionne à merveille. Une critique acerbe et drôle d’une société lissée et bien-pensante mais pourtant fragile et prête à exploser comme une enfant mendiante dans un carré.

     

    And the winner is…

    N°1 – 08/02 – SILENCE

    silenceMa critique : http://artspiin.eklablog.com/silence-derangeant-mais-bienfaisant-a128286144

    L’immense Martin Scorcese nous a livré ici le film qui restera, peut-être, comme le principal de sa carrière cinématographique, plus simplement l’œuvre de sa vie, mijotée depuis près de trente ans. Respect et coup de chapeau pour un œuvre belle, riche, tortueuse et profondément inspirante. « Silence » reste sans doute quelque peu difficile d’accès tant par sa forme que par ses thématiques. Ce film demande donc au spectateur de se concentrer et de plonger sans à priori mais confiant qu’une opportunité de réflexion intime s’offre à lui. Accepter que le Silence commence peut-être là en soi comme une nécessité bienfaisante dans un monde si bruyant et dans un intérieur qui l’est tout autant si souvent…

     


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  • « Songs of Experience », quatorzième album studio de l’emblématique groupe irlandais U2, a la particularité de former un diptyque avec leur précédent sorti en 2014 « Songs Of Innocence » inspirés par un recueil de poèmes de William Blake.

     

    songs of experience

    Dans le premier volume, Bono abordait avec nostalgie la genèse de son groupe, ses rêves de jeunesse. Dans ce second opus, composé de 13 chansons, il va plus loin, évoquant avec la même approche confessionnelle ses préoccupations actuelles marquées puissamment par un monde en crise, mais qui prend aussi la forme d’une crise existentielle d'un homme au milieu de sa vie. Bono s'adresse ici à ses proches, ses fans et encore une fois à l'Amérique.  L'ombre ténébreuse de Trump plane en effet sur cet album qui sort avec un an de retard sur le planning prévu. Cette élection ayant obligé le groupe à revoir sa copie et intensifier ses propos. "Il y a un tyran sur la chaire. Le silence n'est pas une option", justifiait Bono en septembre au magazine américain Rolling Stones. Et on comprend alors cette interpellation dans le titre « Get out of your own way » : "Ne subissez pas ça en vous couchant, mais mordez en retour, car le visage de la Liberté commence à se fissurer" ("Don't take it lying down / You got to bite back / The face of Liberty's starting to crack"). Un cri et une importance donnée au sujet qui puise clairement dans une conception idéaliste de l’Amérique qui demeure inlassablement et malgré tout dans le cœur de l’artiste irlandais… "Ce pays n'est pas un endroit mais pour moi une pensée qui offre la grâce" ("It's not a place / This country to me is a thought that offers grace") rappelle-t-il alors dans « American Soul ».

    Le support reçu par Trump de certains réseaux chrétiens est un facteur qui amplifie la rage bienveillante de Bono. Car la foi est aussi un élément de son ADN. Depuis quarante ans que Bono écrit des chansons, son plus fidèle compagnon est, sans nul doute, la Bible. Alors comme au milieu d’un déferlement d’obscurité il cherche à faire luire une étincelle… et c’est alors l’appel à la paix, la puissance de l’amour et le besoin de lumière qui deviennent les colonnes du message véhiculé tout au long des titres de « Songs of experience ». 

    Côté musique, ces « chansons d'expérience » marquent le grand retour de U2, version album, directement dans la suite éblouissante de la sublime tournée du 30ème anniversaire de « the Joshua Tree ». Un album très compact et cohérent fait de tubes évidents et de titres plus intimistes et profonds. Les instruments sont là, efficaces et percutants… les collaborations artistiques diverses font sens… et mes petites oreilles sont au paradis !

    PAIX, AMOUR ET LUMIERE FAÇON U2


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