• Retour de Todd Haynes sur la Croisette, après Carol en 2015 (qui avait d’ailleurs permis à Rooney Mara de recevoir à Cannes le prix de la meilleure interprète féminine) et avec Wonderstuck, un magnifique conte original et métaphorique.

    wonderstruck affiche

    Sur deux époques distinctes, les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu'il n'a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d'une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

    Pour l’ouverture du Festival, les fantômes d’Ismaël avait pu dérouter le spectateur. Aujourd’hui, dans la compétition cette fois-ci, ce sentiment sera sans doute encore partagé par certains. Todd Haynes ne nous propose pas un film académique tant dans sa construction et dans sa forme que dans l’histoire et ce que l’on peut en faire. La narration nous entraine très vite dans deux récits à la fois loin l’un de l’autre, notamment par l’époque et par le choix stratégique de les présenter en noir et blanc pour le premier et en couleur pour le second, et assez proches dans de nombreuse similitudes ou parallèles. Et puis, Wonderstruck est tout sauf bavard. Peut-être un peu long parfois, mais surtout avec très peu de dialogues privilégiant la musique remarquable et parfois funky aux paroles excessives et pesantes. Une volonté du réalisateur qui colle avec l’une des thématiques de son histoire, la surdité, et au travers d’elle le défi d’arriver à donner à voir le silence. 

    wonderstruck  wonderstruck

    Conte métaphorique que ce Wonderstruck, adapté d’un roman de Brian Selznick (qui signe d’ailleurs le scénario du film), où l’on parle de descendance, de cauchemars, de secrets, du manque d’un parent absent, mais aussi de destin et d’amitié. Et tout cela se fait avec le talent immense d’un Todd Haynes qui me régale une fois de plus.

    wonderstruck

    Alors pour conclure, comme je le tweetais à la sortie de la séance :

    Un vrai bonheur ce nouveau Todd Haynes. Car Wonderstruck est beau, délicieusement artistique, touchant et imprégné d’un sens profond !

     


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  • Plus qu’un drame amoureux, le premier film en compétition à Cannes cette année est un véritable drame sociétal. Avec un acuité flagrante, le cinéaste russe Andrey Zvyagintsev zoome sur la faute d’amour, pour reprendre le titre français de Nelyubov, d’une société individualiste et égocentrique.

    faute d'amour mère et fils

    Boris et Zhenya sont en train de divorcer. Ils se disputent sans cesse et enchaînent les visites de leur appartement en vue de le vendre. Ils préparent déjà leur avenir respectif : Boris est en couple avec une jeune femme enceinte et Zhenya fréquente un homme aisé qui semble prêt à l’épouser… Aucun des deux ne semble avoir d’intérêt pour Aliocha, leur fils de 12 ans. Jusqu’à ce qu’il disparaisse.

    Un couple qui se déchire… rien de bien extraordinaire dans la vie comme au cinéma. Mais ici cette histoire banale devient argument pour dire le risque d’une société perdant le sens de la famille, de la fidélité et plus largement de la communauté et de la relation. Un égoïsme provoquant de deux adultes qui ne se préoccupent que d’eux, de leur présent et avenir respectif en laissant sur le carreau le fruit de leur relation, plus que de leur amour… ce jeune garçon de 12 ans, Aliocha, qui sombre dans la douleur d’un abandon virtuel en passe de devenir réel. Aucune concession de la part de Zvyagintsev dans la façon acerbe de peindre les deux héros. Car en plus, ils sont beaux et ils ont plutôt réussi dans la vie, et tout cela touche ainsi à une forme d’esthétique perverse pour parler au-delà des personnages et devenir métaphore plus vaste. On sent derrière le scénario qui se déroule lentement que nous sommes tous un peu visés, derrière nos vitres embuées comme on le voit souvent dans les images du réalisateur russe, et dans nos oublies qui peuvent devenir, eux aussi, de véritables fautes d’amour.

    Faute d'amour mère  Faute d'amour père

    Aucun espoir, me direz-vous peut-être à la fin de Faute d’Amour, en particulier quand une scène entre le père et son nouvel enfant (sans en dévoiler davantage) nous laisse penser que rien n’a véritablement changé ?... Pourtant si, je crois, et tout au long même du déroulement de l’histoire. Car si l’amour semble mort ou s’être travesti dans des faux-semblants il apparaît néanmoins dans la force du collectif, dans l’engagement des bénévoles qui se donnent à la recherche du disparu. On peut y voir là un paradoxe, une opposition avec la famille qui se déchire mais aussi une réalité de la société où l’associatif vient prendre souvent le relai et permet ainsi de continuer à espérer sur la nature humaine au travers de valeurs qui peuvent nous donner d’avancer ensemble, même à contre courant.

    Enfin, un grand bravo à Andrey Zvyagintsev pour la qualité globale de son œuvre. Photo, son, réalisation, travail d’acteurs… Faute d’Amour est un film intense mais aussi une belle œuvre cinématographique.

      


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  • Pour sa première soirée, sur les vingt-quatre marches du tapis rouge du 70ème Festival de Cannes, et sous les projecteurs, Charlotte Gainsbourg, Marion Cotillard ou encore Alba Rohrwacher… Les fantômes d’Ismaël, le nouveau film d’Arnaud Desplechin, qui sort d'ailleurs aujourd'hui aussi sur les écrans français, ouvre les festivités, hors compétition !

    affiche les fantômes d'Ismael

    Souvent c’est avec légèreté que le rideau s’ouvre sur la Quinzaine Cannoise. Cette année, choix différent avec une certaine folie et un film assez déroutant. Déroutant n’étant pas synonyme de ratage. Mais il faut le reconnaître, Arnaud Desplechin nous propose, avec Les fantômes d’Ismaël, une histoire quelque peu compliquée, aux entrées diverses façons poupées russes et dans un style non conformiste.

    Si le synopsis peut s’avérer on ne plus condensé genre : À la veille du tournage de son nouveau film, la vie d’un cinéaste est chamboulée par la réapparition d’un amour disparu… la réalité du scénario est toute autre. Comme le souligne d’ailleurs le réalisateur dans une note d’intention, Les fantômes d’Ismaël c’est cinq films compressés en un seul. S’y côtoient ainsi plusieurs histoires et genres… triptyque amoureux atypique tout d’abord composé d’un homme (Mathieu Almaric) et de deux femmes, l’une (Marion Cotillard) étant l’ex épouse disparue depuis vingt ans et qui revient comme d’entre les morts, l’autre (Charlotte Gainsbourg) étant la nouvelle compagne qui a redonné goût à l’existence au mari sombrant dans l’incompréhension et une certaine folie (on pourrait même y ajouter un quatrième élément avec un père particulier qui joue un rôle important dans l’histoire). Film d’espionnage aussi fait de réalité et de fiction sans toujours savoir où commence l’une et où finit l’autre… Comédie rafraichissante ou encore film d’auteur où certaines punchlines percutent et pourraient devenir sujets de la prochaine épreuve du bac philo ! Tout cela peut attirer, surprendre, émerveiller mais aussi dérouter ou frustrer… ce qui me semble être, en quelque sorte, les ressentis possibles à la sortie de la séance, et pas forcément par plusieurs personnes mais, à l’image du film, tout ça compressé aussi chez le même spectateur.

    Charlotte Gainsbourg Marion Cotillard

    Une chose est sûre néanmoins, la qualité des acteurs en fait un film à voir. Le duo face-à-face Cotillard – Gainsbourg est tout simplement magnifique et Mathieu Almaric éblouit par sa folie et sa prestance. Filmés avec une certaine sensualité et sans doute beaucoup d’amour, les comédiens dégagent charme et vérité. Car il y a aussi et bien sûr la patte Desplechin qui est là et qui donne à son film une vraie charge émotionnelle… celle sans doute que l’on retrouve chez une beauté au physique différent, pas tout à fait comme les autres mais qui bel et bien accroche l’œil et même souvent les sentiments.


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  • 2017 est une date importante pour le Festival de Cannes puisqu’elle marque 70 ans de cinéma sur la Croisette. Un Festival pas tout à fait comme les autres cette année… Mais pour le Jury œcuménique, présent à Cannes depuis 1974, cette édition sera aussi différente avec d’importants changements. 

    CANNES 2017

    Chaque année, le Jury œcuménique est invité par le Festival de Cannes, comme le Jury officiel et celui de la Presse, à remettre un prix à un film de la compétition officielle.

    SIGNIS et INTERFILM, 2 structures respectivement catholique et protestante, nomment un jury composé de six membres, issus de cultures et de pays différents. Ces jurés, renouvelés chaque année, sont compétents dans le domaine du cinéma comme journalistes, critiques, théologiens, chercheurs, enseignants... Ils sont membres de l’une des Églises chrétiennes et sont ouverts au dialogue interreligieux. Ils se réunissent à diverses reprises durant le Festival, analysent, commentent les films et délibèrent en toute indépendance.

    LOGO JURY ŒCUMÉNIQUE

    Depuis de nombreuses années, Denyse Muller pour Interfilm et Jos Horemans pour Signis assuraient la coordination de ce Jury. Mais cette année la relève est prise par Serge Molla et Theo Peporte. Des changements importants donc qui donneront sans doute de nouvelles couleurs ou orientations dans les années à venir. Mais pour 2017, Signis et Interfilm ont tenus à honorer Denyse Muller et Jos Horemans en leurs demandant d’être membres du Jury. À leurs côtés, quatre autres invités :

    - Gaëlle Courtens, journaliste. Elle est l’éditrice de l’agence de presse Nev-Notizie Evangelische et responsable de presse de la Fédération des Églises protestantes en Italie.

    - Andreas Engelschalk, pasteur de l’Eglise évangélique en Rhénanie (Allemagne)

    - Benjamin Lorenzo Sanchez, réalisateur espagnol et scénariste de films, auteur et metteur en scène de théâtre et créateur de spots publicitaires.

    - Valérie de Marnhac, a travaillé durant 20 ans dans la presse et fait aujourd’hui partie de SIGNIS Paris, pour qui elle anime des ciné-débats. 

    Le jury œcuménique 2017

    Le Jury œcuménique propose un regard particulier sur les films. Il distingue des œuvres de qualité artistique qui sont des témoignages sur ce que le cinéma peut révéler de la profondeur de l’homme et de la complexité du monde.

    Il attire l’attention sur des œuvres aux qualités humaines qui touchent à la dimension spirituelle de notre existence, telles que justice, dignité de tout être humain, respect de l’environnement, paix, solidarité, réconciliation...

    Dans ses choix, le Jury œcuménique montre une grande ouverture aux diversités culturelles, sociales ou religieuses.

    A la fin du Festival, lors d’une cérémonie officielle dans le Palais des Festivals, le Jury remet son prix en présence d’invités officiels, de la presse et des réalisateurs primés. Depuis 1974, le Jury œcuménique a attribué 45 prix et 56 mentions spéciales et présente, sans doute, l’un des plus beau palmarès du Festival de Cannes.

    + d'infos sur le site du Jury œcuménique


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  • Croire, espérer contre toute espérance, avancer par la foi… telles sont les teneurs profondes de deux films qui sortent ce mercredi 10 mai sur les écrans français. Deux magnifiques longs métrages sur un même thème, avec des questions semblables et un certain nombre de points communs, de réalisateurs sud-américains de surcroit (chilien et mexicain) mais nous conduisant dans deux univers cinématographiques aux antipodes l’un de l’autre. J’ai aimé et je vous dis pourquoi…

    Commençons avec Le Christ aveugle, sélectionné cette année à la Mostra de Venise, en compétition officielle. Premier film du réalisateur chilien Christopher Murray, Le Christ aveugle nous conduit à suivre le chemin caillouteux de Michael, jeune mécanicien. Ce jeune trentenaire est convaincu d'avoir eu une révélation divine, lorsqu’enfant il s’est fait planter des clous dans la main, par son plus proche ami, pour suivre les traces du Christ et ainsi le rencontrer. Lorsqu’il apprend l’accident de cet ami d’enfance, il entame un pèlerinage pieds nus pour aller à son chevet accomplir un miracle. Sa démarche interpelle la population exploitée des entreprises minières du désert chilien, les laissés pour compte, qui voient en lui un prophète. Cet homme est peut-être en mesure de les soulager de leurs souffrances…

    Le Christ aveugle affiche

    C’est à la foi que ce film s’intéresse avant tout car Michael n’est pas dans une posture quelconque, il vit et surtout réagit simplement et naturellement au rythme de ce que ses convictions spirituelles impulsent en lui. Quand il entend que cet ami qu’il a perdu de vue depuis bien longtemps est blessé, il ne réfléchit pas mais quitte tout et, contre l’avis de son père, se met en marche. Tout est possible à celui qui croit et alors, à cause de sa foi, il va accomplir le miracle, tout naturellement. Dans cette attitude étonnante pourtant aucun égo surdimensionné, aucune paranoïa mais au contraire une forme de naïveté, de pulsion bienveillante… et quand sur sa route il croise une expression spirituelle s’appuyant sur une statue et des discours de prêcheurs, il réagit, là encore non pour prendre un pouvoir quelconque, mais pour interpeller sur le sens profond de la foi et du croire qui ne seraient ailleurs qu’à l’intérieur de chacun, au plus profond de l’humain.

    Christopher Murray, tout en nous conduisant avec lenteur, intériorité et dans une esthétique assez sublime sur les pas de Michael et sur ses confrontations entre foi et réalités, entre bienveillance et rejet, entre solitude et amour partagé, entre souffrance et plénitude apaisée, nous révèle une œuvre d’une grande humanité. Humanité habitée d’ailleurs davantage par le silence de Dieu qui ouvre à une foi qui s’incarne et se joue finalement dans d’autres miracles que ceux que nous voulons parfois. Des miracles du quotidien, ceux qui se jouent dans la rencontre, les regards, dans des gestes d’amour marqués du sceau de la grâce.

    le christ aveugle extrait

    Et donc, ce même 10 mai, sur les écrans français sort Little boy du mexicain Alejandro Monteverde. Un film qui revendique clairement faire partie du mouvement des « Faith Based Movies » (Films basés sur la Foi), mouvement qui a pris naissance aux Etats-Unis avec la sortie en 2004 du film de Mel Gibson, La Passion du Christ et qui depuis ne cesse de se développer. Mais Little Boy évite intelligemment l’écueil religieux en présentant un équilibre adroit dans son propos entre la thématique religieuse et des éléments profanes, en utilisant le ton qu’il faut pour ne jamais avoir l’air de donner une leçon de morale mais bien plus une leçon d’amour. Et c’est l’un des éléments de ressemblance avec Le Christ aveugle bien que, cinématographiquement, Alejandro nous conduise plutôt dans le sillage de Spielberg ou Wes Anderson que dans un film d’auteur sud américain.

    Little boy affiche

    Little boy, c’est l’histoire d’un petit garçon comme le titre l’indique mais aussi en référence au nom de code de la bombe A qui fut larguée sur Hiroshima au Japon le 6 août 1945. L’histoire se déroule précisément pendant la seconde guerre mondiale, dans un petit village de pêcheurs aux Etats-Unis. Alors que son père part au combat, Pepper, petit bonhomme de huit ans, reste inconsolable. Avec sa grande naïveté mais surtout beaucoup d’amour, il sera prêt à tout pour le faire revenir… quitte à déplacer des montagnes !

    Little boy est un petit bijou de fraicheur qui ne manque assurément ni de sel, ni de lumière. D’un point de vue réalisation, photographie, acteurs, on est face à un très joli film bien ficelé et doté d’un casting plutôt haut de gamme avec notamment la grande Émily Watson, Michael Rapaport, Tom Wilkinson, Ben Chaplin ou le japonais Cary-Hiroyuki Tagawa pas forcément connu du grand public mais pourtant largement confirmé avec 55 films ou séries à son actif dont plusieurs blockbusters américains. Et puis il y a le héro, haut comme trois pommes, mais vraiment impressionnant, je parle du jeune Jakob Salvati, qui malgré son âge en est déjà̀ à son 6ème rôle ! C’est d’ailleurs une vraie différence avec le film de Christopher Murray qui, à part pour jouer son personnage principal, n’utilisera que des amateurs, des gens des villages dans lesquels il tourna. Ce qui n’enlève rien à la qualité, au contraire presque… amplifiant parfois le réalisme des images tellement important dans son propos. 

    déplacer les montagnes

    Mais Little boy c’est quand même surtout une quantité de thématiques abordées qui font de lui un film idéal pour discuter. Dans le dossier pédagogique que propose SAJE, le distributeur français, et dans lequel j’ai participé activement, je relevais (et ce n’est absolument pas exhaustif) pas moins de cinq grands axes et dont certains se déclinent encore davantage : La naïveté de l’enfance, la relation père-fils (toute particulière dans l’histoire), l’impact de la parabole (point par ailleurs commun avec Le Christ aveugle), tout ce qui touche aux questions de racisme, stigmatisation, peur de l’autre et par opposition l’amour des ennemis, enfin bien sûr la foi avec son sens profond et ses limites. 

    Croire, vaille que vaille… car Il y a une sorte de folie qui accompagne la foi de cet enfant et tout le cheminement qui se produit aussi progressivement chez les habitants du village. Des évènements qui semblent corroborer qu’il se passe quelque chose... là où personne ne pouvait l’imaginer. Mais comme le dit Hébreux 11.1 « Mettre sa foi en Dieu, c’est être sûr de ce que l’on espère, c’est être convaincu de la réalité́ de ce que l’on ne voit pas ». Alors, méthode Coué – coïncidences – hasard – miracle ? Qu’en penser ? Comment faire la différence ? Ces questions sont bel et bien là et ouvrent encore plus loin car, quoiqu’il en soit, une chose est bien certaine : Cette foi naïve et pourtant absolue déplace bel et bien des montagnes, mais comme pour Le Christ aveugle, parfois là où on ne l’imaginait pas.

    espérer contre toute espérance

    Pour votre curiosité personnelle, ou plus pratiquement en vue d’animer un débat avec ce dernier film, je vous conseille de télécharger le dossier pédagogique de Little Boy

     

     

     


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