• Après le huitième épisode de Star Wars la semaine passée, la grosse sortie de cette semaine nous conduit encore dans le sillage d’un autre film culte, mais plus de vingt ans après cette fois-ci… JUMANJI : BIENVENUE DANS LA JUNGLE est une sorte de suite du JUMANJI originel avec Robin Williams. Un film à voir surtout comme un méga divertissement drolatique fort bien réussi, qui ne se prend pas au sérieux mais qui, si on le veut bien, peut aussi faire un tantinet réfléchir.                                                   

    jumanji bienvenue dans la jungle

    Le destin de quatre lycéens en retenue bascule lorsqu’ils sont aspirés dans le monde de Jumanji. Après avoir découvert une vieille console contenant un jeu vidéo dont ils n’avaient jamais entendu parler, les quatre jeunes se retrouvent mystérieusement propulsés au cœur de la jungle de Jumanji, dans le corps de leurs avatars. Ils vont rapidement découvrir que l’on ne joue pas à Jumanji, c’est le jeu qui joue avec vous… Pour revenir dans le monde réel, il va leur falloir affronter les pires dangers et triompher de l’ultime aventure. Sinon, ils resteront à jamais prisonniers de Jumanji.

    jumanji bienvenue dans la jungle avant première Grand Rex

    C’était l’effervescence devant et à l’intérieur du Grand Rex le mardi 5 décembre à l’occasion de l’avant première mondiale de JUMANJI : BIENVENUE DANS LA JUNGLE. Transformation de la salle mythique parisienne et de ses 3000 places en une sorte de temple au cœur d’une forêt équatoriale, show de tambours puis des trois stars américaines présentes, Dwayne « The Rock » Johnson, Kevin Hart et Nick Jonas. Tout était fait pour répondre à l’attente et à la frénésie d’une foule foncièrement heureuse de participer à l’événement. Puis près de deux heures pour découvrir dans des conditions optimums le nouveau bébé de Jake Kasdan, réalisateur américain grand spécialiste ès comédie 100% décomplexée et, pour la petite histoire de calendrier des sorties ciné, fils de Lawrence Kasdan – notamment scénariste de Star Wars : épisode V et VI. Deux heures où je retiens en priorité une somme d’éclats de rire du public assez magistrale et rare… il y a là, je crois, un indice de réussite incontestable, puisque ce film est avant tout une vraie comédie d’aventure familiale.

    « Dans la jungle tu attendras, un cinq ou un huit te délivrera… ». Derrière cette énigme se cache l’un des jeux mais aussi l’un des films les plus cultes du cinéma : Jumanji. Plus de 20 ans après donc, il est de retour sur grand écran afin de nous replonger dans son univers magique tout en se refaisant une sacrée beauté. Car, si JUMANJI : BIENVENUE DANS LA JUNGLE est bien présenté avec insistance par l’animateur de la soirée comme la suite de JUMANJI, le jeu de table a été transformé cette fois-ci en un vieux jeu vidéo. Cette mutation du jeu de dés en cartouche électronique dans les premières minutes du film vient du fait que l’argument fantastique n’est plus l’immersion des éléments du jeu dans la réalité mais, à l’inverse, celle de joueurs dans un univers virtuel. Le quatuor formé au départ par Alex Wolff, Madison Iseman, Ser’Darius Blain et Morgan Turner (peinture soit dit en passant assez caricaturale mais tout à fait significative de la génération à laquelle s’adresse en tout premier lieu le long métrage) disparaît très vite pour s’incarner dans un quatuor fort différent et décapant. Celui de leurs avatars virtuels, qui représentent d’ailleurs eux aussi de pures caricatures propres au cinéma d’aventure et à ses déclinaisons vidéo-ludiques et élargissant par là-même très clairement le public visé. Dwayne Johnson, Jack Black, Kevin Hart et Karen Gillan entrent alors en scène et dans le jeu (c’est le cas de le dire) et vont, sans discontinuer, tenir le spectateur en haleine, lui donnant de s’attacher à leurs personnages face aux enjeux du scénario très classique mais néanmoins idéalement construit dans ce contexte particulier du jeu d’aventure. 

    jumanji bienvenue dans la jungle

    Je l’ai déjà dit et je le répète… JUMANJI : BIENVENUE DANS LA JUNGLE a été fait pour nous faire rire et ça fonctionne ! Mais l’aventure est aussi le credo de Jumanji… Alors le film nous transporte dans un univers où l’on n’a pas le temps de souffler. Il comporte d’ailleurs beaucoup de clichés de films d’actions comme une course-poursuite avec des explosions, de la bagarre, une fuite en hélicoptère et même une ruée de rhinocéros, clin d’œil au premier opus. Mais encore, derrière ces pitreries, rocambolesques aventures et effets spéciaux éclatants apparaissent des thématiques bien plus profondes et humaines, si on veut y prêter attention, conduisant ainsi le célèbre Wall Street Journal à dire : « Cette suite s’avère être une comédie de mœurs, entre autres choses, et c’est agréable en plus; un film qui vous fera rire et vous captivera. » En particulier toute une réflexion fort intéressante sur la prise de confiance en soi par les actions collectives et réciproques auxquelles viennent s’ajouter le sens du sacrifice. Comme pour nos quatre héros, cette aventure dans la jungle a de quoi en marquer plus d’un ! 

    jumanji bienvenue dans la jungle

    Alors, osez tenter l’expérience Jumanji, en partant du principe qu’il ne faut pas y aller en cherchant à retrouver l’original mais en acceptant surtout de se laisser prendre et surprendre…

    Et je terminerai avec la reprise de ces lignes de The Wrap, site d'information sur les divertissements et les médias : « La tâche était de faire un film d’aventures familial qui pourrait servir de véhicule à d’importantes vedettes du grand écran, un projet qui devrait faire du bruit et nous tenir joyeusement en haleine jusqu’à la fin. Le fait que celui-ci se tienne avec autant de charme est ce qu’on pourrait appeler un miracle du cinéma populaire. »


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  • L’ONG protestante évangélique de solidarité internationale LE SEL sort, en partenariat avec les éditions BLF, un livre intitulé « Ils ont aimé leur prochain ». Le résultat d’un travail pertinent et efficace de Nicolas Fouquet, en charge de l’éducation au développement au sein de cette structure et qui a pour mission notamment d’encourager la réflexion sur les questions de pauvreté et de développement. 

    ils ont aimé leur prochain

    Si les besoins directement liés à la valeur « solidarité » semblent prégnants dans notre société contemporaine tant les situations de souffrance, d’injustice et de pauvreté sont nombreuses, il n’en demeure pas moins que la « solidarité, ça ne date pas d’hier » ! C’est ce que cet ouvrage nous rappelle au travers les portraits d’une trentaine de figures chrétiennes qui se sont engagées sur cette voie de la générosité et de la bienveillance. Des histoires qui, au-delà de simplement nourrir une culture historique et spirituelle passionnante, offre aussi un source d’inspiration formidable pour l’aujourd’hui et nos engagements possibles individuels et collectifs. Car s’ils ont influencé la société de leur époque allant même jusqu’à souvent marquer des générations, ils étaient pourtant comme nous, des gens ordinaires. 

    De Martin de Tours au docteur Denis Mukewege (qui signe d’ailleurs la préface) en passant par George Müller, Henry Dunant, William Booth ou encore Pandita Ramabai, ces hommes et femmes étaient tous remplis de foi et ont su laisser leurs convictions chrétiennes guider et concrétiser des actions envers ceux qui avaient besoin.

    En tant que pasteur et chargé du développement et de la communication de la Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France, j’ai pu participer activement à notre dernière pastorale nationale qui avait pour thème « Réconciliation & Baptisme – des racines et des ailes ». Ce livre vient parfaitement en écho au travail et à la réflexion de cette dernière. Il nous permet d’entrer et de cultiver le souvenir. Non pas s’arrêter pour regarder en arrière, en développant ainsi une forme de nostalgie, d’un « c’était tellement mieux avant » et finalement se stopper soi-même dans sa marche, mais, au contraire, entrer dans une véritable dynamique où le souvenir porte et accélère nos pas et notre engagement propre. C’est un ancrage dans une identité chrétienne qui permet cette projection en avant par une interpellation voir même une appropriation de ces histoires humaines, ces « story-telling » émouvantes et simples à la fois. Car l’une des forces de « Ils ont aimé leur prochain » se situe sans doute dans une approche facile de ces histoires et accessible à tous (d’où l’utilisation de ce terme « story-telling »). On lit avec plaisir ces portraits en passant par des périodes historiques très différentes et par des situations aussi très diverses. L’occasion par exemple de relire quelques aspects du parcours de Martin Luther King  qui en 2018 sera particulièrement à l’honneur 50 ans après sa mort. Et se laisser marquer par de nombreuses citations qui émaillent les récits comme celle de Caroline Malvesin, une institutrice bordelaise d’adoption qui, en 1839, fut bouleversée par une prédication du pasteur Adolphe Monod et senti un besoin irrésistible de consécration totale de sa vie au Christ, et participa à la fondation de la communauté des Diaconesses de Reuilly, une communauté de vie, d’inspiration monastique enracinée dans les Églises de la Réforme et ouverte au dialogue œcuménique, à un service diaconal diversifié, et à l’accueil de tout être en quête de Dieu : " Que ce soit à la gloire de Dieu et non pour la gloire qui vient des hommes que nous travaillions, que l’orgueil ne vienne pas étendre sa lèpre sur l’œuvre que le Saint-Esprit peut seul réaliser ; humbles moyens choisis par sa grâce, que l’instrument ne se substitue pas à la main qui le dirige. "  

    Une très belle réussite que ce livre qui peut notamment devenir une très bonne idée cadeau de Noël donnant un sens particulier à votre présent.

     


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  • Après Carol en 2015 (qui avait d’ailleurs permis à Rooney Mara de recevoir à Cannes le prix de la meilleure interprète féminine), le réalisateur Todd Haynes revient avec un magnifique conte original et métaphorique, Wonderstuck (émerveillement) ou dans sa version française « le musée des merveilles ».

    le musée des merveilles

    Sur deux époques distinctes et deux quartiers différents -  le Manhattan des années 30 pour la partie consacrée à la fillette, le quartier du Queen's bariolé et funk des années 70 pour celle consacrée au garçonnet, les parcours de Ben et Rose. Ces deux enfants souhaitent secrètement que leur vie soit différente ; Ben rêve du père qu'il n'a jamais connu, tandis que Rose, isolée par sa surdité, se passionne pour la carrière d'une mystérieuse actrice. Lorsque Ben découvre dans les affaires de sa mère l’indice qui pourrait le conduire à son père et que Rose apprend que son idole sera bientôt sur scène, les deux enfants se lancent dans une quête à la symétrie fascinante qui va les mener à New York.

    WONDERSTRUCK n&b et couleur

    Il faut le dire tout de suite, Todd Haynes ne nous propose pas un film académique tant dans sa construction et dans sa forme que dans l’histoire et ce que l’on peut en faire. La narration nous entraine très vite dans deux récits à la fois loin l’un de l’autre, notamment par l’époque et par le choix stratégique de les présenter en noir et blanc pour le premier et en couleur pour le second, et en même temps suffisament proches grâce à de nombreuse similitudes ou parallèles. Et puis, Wonderstruck est tout sauf bavard. Peut-être un peu long parfois, mais surtout fonctionnant à l’économie de dialogues pour privilégier une musique remarquable et parfois funky aux paroles excessives et pesantes. Une volonté du réalisateur qui colle avec l’une des thématiques de son histoire, la surdité, et au travers d’elle le défi d’arriver à nous donner à voir le silence.

    Conte métaphorique, ce Wonderstruck, adapté d’un roman de Brian Selznick (qui signe d’ailleurs le scénario du film), se complait dans ce temps de l’enfance, avec son côté frais et magique où le merveilleux est toujours possible et à portée de main, mais où aussi les blessures peuvent s’inscrire en profondeur. Haynes parle de descendance, de cauchemars, de secrets, du manque d’un parent absent, mais aussi de destin et d’amitié. Tout ça avec beaucoup beaucoup d’amour et le talent immense de se réalisateur qui me régale une fois de plus.

    Ce Musée de merveilles est un vrai bonheur dont il ne faut surtout pas se priver. Beau, délicieusement artistique, touchant et imprégné d’un sens profond, ce qui ne peut évidemment pas me déplaire, bien au contraire... et je l’espère vous aussi.


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  • Pourtant, je vous l'assure, pas de problèmes de sommeil. Pire que ça finalement… un vrai cauchemar éveillé avec une référence à une chanson d’Alice Cooper qui me semble correspondre à ce que nous sommes progressivement en train de vivre.

    On a tous en tête des films de science fiction plus ou moins anciens comme Blade Runner, Robocop, Terminator, 1984, Ex Machina, Her, mais aussi la série Person of interest et on pourrait en citer des tas d’autres encore… On y parle de robots, d’intelligence artificielle, de clones ou encore de vidéo surveillance… et bien tout ce que je viens d’évoquer est TOTALEMENT dans l’actu mondiale de ces derniers jours ou semaines.

    ex machina   person of interest

    La semaine dernière par exemple, le roi Salmane d’Arabie Saoudite, naturalisait Sophia, un robot humanoïde de sexe féminin, façon de parler. C'est une première mondiale ! Ce robot a été construit par l'entreprise Hanson Robotics (on se croirait vraiment dans un film SF)… une entreprise basée à Hong Kong. Et interrogée sur sa nationalisation par le roi, Sophia s'est déclarée, en anglais, et avec beaucoup d’aplomb « très honorée et fière de recevoir cette distinction unique ». « C'est historique d'être le premier robot au monde à être reconnu par une attribution de citoyenneté », a-t-elle ajouté. Ça laisse songeur, n’est-ce pas ?

     

    Sophia robot

     

    Et ce n’est pas terminé. En écoutant un journal télévisé il y a quelques jours, j’entendais qu’en Chine, un système de surveillance à base de caméras sait reconnaître passants et véhicules dans la rue avec un taux d'erreur extrêmement faible (0,001%), grâce notamment à ses logiciels et aux images haute définition ainsi capturées. « Big Brother is watching you »… alors je ne sais pas comment ça se traduit en chinois, mais en tout cas là bas, serait déjà installées 170 millions de caméras de vidéosurveillance dans tous le pays et avec donc maintenant ces technologies de reconnaissance faciale qui sont de plus en plus maîtrisées… Voilà voilà… 

    Ah, et puis parlons clonage. Si au Japon on est fan de chiens robots avec en prime des enterrements avec cérémonies religieuses organisées quand la batterie arrive à son terme - à moins d’utiliser la bonne marque qui dure beaucoup plus longtemps, bien sûr - et bien en Corée du Sud on a poussé le bouchon (ou le nonos) un peu plus loin et ainsi une société propose de cloner votre chien après sa mort contre une somme de 90.000 dollars… oui quand même… mais ça fait fureur ! Un reportage télévisé présentait les « heureux » toutous et les propriétaires très satisfaits. Mais les chinois ne sont pas en reste non plus… Des scientifiques affirment avoir trouvé la clé de l'élevage en masse de « super chiens » surpuissants et rapides grâce à cette technologie pionnière (là encore des souvenirs de films et des séries viennent vite à l’esprit). Ils affirment également pouvoir maintenant changer la nature d'un chien en modifiant ses gènes et en les reproduisant par la suite à travers le clonage, relate le Daily Mail. Ils peuvent, par exemple, « personnaliser un chien pour que ses muscles soient plus grands et pour qu'il ait de meilleures performances de course avant de le cloner », selon le chercheur principal Lai Liangxue. Alors on se rassure en se disant que le clonage humain reste interdit pour des raisons d’éthique. Mais enfin… jusqu’à quand ? 

    chien clonés

    Alors, vous l’aurez sans doute lu entre les lignes. Rien de très réjouissant, d’où ce « bienvenue » ironique dans mon cauchemar… dans notre cauchemar devrais-je dire. Le mien, le tien, le nôtre… Pourtant, je trouve très intéressant les avancées technologiques dans bien des domaines. Et d’ailleurs même dans ces spécialités qui peuvent ouvrir ainsi à des progrès remarquables et très utiles pour bien des besoins de notre monde, sans doute. Mais je ne peux m’empêcher de penser ici à Jacques Ellul qui expliquait que la technique n’est ni bonne, ni mauvaise ; elle est ambivalente. On ne peut dissocier ses effets positifs des effets négatifs, ses effets prévus de ceux imprévus. Une innovation technique provoque ainsi en général des effets indésirables et malencontreux. 

    Et en même temps, comme dans beaucoup de domaines de notre société contemporaine, difficile voire impossible de faire machine arrière.  Alors Ellul, dans une dimension théologique, contre l’illusion de l’espoir, choisissait l’Espérance, la passion de l’impossible qu’il liait à l’irruption de Dieu dans le monde quand tout paraît impossible et qu’il semble à l’homme qu’il est allé au bout de ses moyens. Alors, puissions-nous nous en inspirer et espérer vaille que vaille…


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  • Depuis le 17 octobre, Jésus se donne en spectacle au Palais des Sports de Paris. En même temps, ce n’est pas une surprise… Depuis des mois la « Bonne Nouvelle » est, en effet, affichée dans toute la capitale (et au-delà) au travers d’une affiche en noir et blanc, dévoilant un visage christique stylisé à tendances hipster. Pouvait-on y voir un signe annonciateur d’un spectacle résolument osé, décalé et moderne ? 

    Jésus le spectacle

    Deux soirs après la première, je me suis donc décidé à me faire MON idée, en essayant au maximum de ne pas me laisser influencer par les commentaires et critiques diverses. Pour aller jusqu’au bout de mon opinion et de ma liberté, j’ai même fait le choix d’acheter ma place, comme tout le monde… sans profiter d’une quelconque invitation. Et me voilà donc ce jeudi 19 octobre entrant avec curiosité dans cette belle salle de spectacle parisienne où, dans les années 80 puis en 2000, Jésus avait déjà fait escale par le truchement artistique de Robert Hossein.

    Surprise agréable mais peut valorisante, mon billet premier prix se transforme en une place plutôt très bien placée. Et oui, la salle est loin d’être pleine et on a réduit donc la capacité d’accueil pour que tout semble bien rempli. Qu’importe, ne nous faisons pas d’idées préconçues… Les lumières s’éteignent… et nous voici en Galilée, il y a plus de 2000 ans.

    Jésus le spectacle

    Rassurez-vous, je ne vous referai pas ici tout le spectacle et ne spoilerai absolument rien… promis ! Mais je vous partagerai juste quelques commentaires personnels, en insistant bien sur le fait qu’il s’agit d’un ressenti tout à fait subjectif.

    La première chose à dire, me semble-t-il, c’est qu’Obispo et Barratier nous livre ici du beau spectacle. Décors, lumière, talents vocaux… le résultat est là. On pourra regretter quelques petits bugs légers ici ou là, quelques hésitations ou bafouillis mais rien de bien grave et nous n’en sommes encore qu’au tout début des représentations. Jolis textes, « Obispo mélodies & arrangements » (il est clair que la « patte » Obispo est hyper reconnaissable… on ne se refait pas), et des artistes qui se révèlent comme, plus particulièrement, Anne Sila dans le rôle de Marie, Crys Nammour dans celui de Marie-Madeleine, ou Solal en Pilate.

    J’ai aussi apprécié globalement la construction du récit de Christophe Barratier. Si le metteur en scène s’est permis parfois quelques arrangements dans la chronologie des événements, ses choix font sens et donnent de l’efficacité à l’histoire. Autre constat, la volonté affirmée d’être proche du texte jusqu’à, pour quelques passages importants, reprendre mots pour mots certains versets des Évangiles.

     

    Jésus le spectacle   Jésus le spectacle

    Mais voilà, le Jésus hipster de l’affiche n’est finalement que sur l’affiche. Car pour le reste, j’ai eu l’impression d’assister à une suite de présentations d’images pieuses, très jolies, mais tellement collectionneuses de clichés. Et puis surtout, l’histoire avance au rythme de la ronde pointée sans que la moindre croche se manifeste dans la partition évangélique. Un Jésus tout en lenteur, me donnant l’impression de faire la publicité pour le nouveau « Tranxène ». Et avec ces options rythmiques et visuelles, finalement un Jésus très lisse, évidemment bienveillant, mais ayant perdu de son caractère. Une histoire bien entendu merveilleuse, mais où les aspérités du récit semblent avoir été occultées. Et ainsi encore, la curieuse sensation qu’amour rime nécessairement avec platitude et mièvrerie. Et tout ça est bien loin de « mon » Jésus et de la réalité de la vie. Quel manque de Rock’n Roll dans tout ça ! Alors, pas forcément dans la musique (quoi que… ou du moins quelques ballades supprimées et changées « miraculeusement » en titres pêchus et moins « bisounours »), mais dans les personnages, dans la façon de raconter ce récit révolutionnaire… car c’est quand même cela aussi la Bonne Nouvelle. Une histoire hors norme qui change le monde et va à contre courant de tout à cette époque mais aujourd’hui encore et toujours. Un peu de relief, de salissures, de surprises auraient été tellement bienvenus !

    Mais alors, en même temps, je vous l’accorde volontiers… ce que j’ai regretté personnellement aurait sans doute été pour d’autres la critique précisément, si tels avaient été les choix des auteurs. Mais enfin, j'ose vous donner mon opinion, et puis d'ailleurs... que celui qui n'a jamais critiqué me jette la première pierre !

    Alors, à vous de voir bien évidemment… les goûts et les couleurs ça ne se commande pas ! Et même si la forme m’a déçu, cette Bonne Nouvelle, version Obispo – Barratier, je n’en doute pas, ravira un grand nombre et sera ainsi l’occasion de rappeler quelques points essentiels de cette histoire qui s’est déroulée de Nazareth à Jérusalem il y a plus de deux millénaires et continue aujourd’hui encore de transformer tant de vies…


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