• YOMEDDINE… EN QUÊTE DES SIENS

     

    Quand l’histoire d’un lépreux vient toucher les émotions et faire du bien… c’est ce qui s’est produit en ce début de Festival de Cannes avec le premier film de l’égyptien Abu Bakr Shawky, Yomeddine.

    YOMEDDINE AFFICHE

    Après la mort de sa femme, Beshay, lépreux guéri mais défiguré par les stigmates de la maladie, décide de quitter sa léproserie de toujours pour rechercher sa famille qui l’a abandonné quand il était jeune enfant. Commence alors pour lui, une longue route parsemée de rencontres, d’embuches, de toutes sortes de situations joyeuses ou difficiles, où il ne sera pas seul mais devra se confronter aux choses enfouies au plus profond de lui, en quête d’une famille, d’un foyer, d’un peu d’humanité…

     

    Si les premières minutes m’ont laissé un peu perplexe quant à ce que je pourrai apprécier de ce film, très vite les doutes furent chassés et je me suis retrouvé embarqué dans cette histoire d’une grande beauté. Mais ici la beauté n’est jamais apparente… elle se découvre dans l’épaisseur des personnages, derrière les blessures physiques, derrière les détritus qui peuvent devenir une montagne, derrière des histoires pétries de souffrance et d’accidents de la vie. C’est au plus profond de l’âme que se dévoilera la force de ce petit bonhomme, d’Obama son jeune compagnon, et de quelques autres éclopés rencontrés par hasard.

     

    Abu Bakr Shawky a su trouver la justesse en touchant les cœurs mais sans tomber dans le pathos. Il filme sans complaisance, et propose là une sorte de road trip initiatique. Je dis « une sorte » car n’imaginais pas le road trip à l’américaine… ici pas de voiture emblématique mais une charrette tirée par un âne qui laissera place à toutes sortes d’autre engins sur des chemins rudes et secs.

     

    YOMEDDINE

    Un film qui fait du bien disais-je, qui montre encore que le cinéma peut parfois se permettre de vous toucher, vous faire réfléchir, jouer ainsi l’un de ses rôles primordiaux à l’égard du spectateur, sans grands moyens, sans stars patentées, et même avec quelques faiblesses cinématographiques. Alors, un grand merci M. Frémaux d’avoir osé faire ce choix au détriment naturellement d’un grand nom du cinéma et de nous avoir offert cet instant de grâce qui pourrait tout à fait toucher un Jury où les valeurs humaines sont de mise.

     

     

     


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